Psychologie

Psychogénéalogie : nos ancêtres en héritage

Publié le 26 février 2016 - Mis à jour le 29 février 2016
La famille, une affaire de transmission
La famille, une affaire de transmission
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Nous naissons tous avec différents bagages, hérités de nos parents, de nos grands-parents et bien évidemment de nos ancêtres plus lointains. Faire la paix avec cet héritage parfois lourd, ou du moins le comprendre mieux, peut nous permettre d’être plus confortablement installés dans notre vie. C’est le rôle de l’analyse transgénérationnelle, comme nous l’explique Manuelle Sekely, psychogénéalogiste et analyste en transgénérationnelle.

Qu’est-ce que la psychogénéalogie et l’analyse transgénérationnelle ?
La psychogénéalogie est une approche thérapeutique, qui permet de faire des liens entre ce qui se passe pour soi aujourd’hui, l’histoire familiale et l’arbre généalogique. Ce travail propose d’identifier les transmissions inconscientes sur plusieurs générations, qui viennent parfois alourdir ou freiner l’évolution de la personne.

J’utilise le génosociogramme, outil principal en psychogénéalogie : c’est une représentation graphique de l’arbre généalogique qui permet d’observer la logique des prénoms, la répétition ou pas de certaines dates de naissance, de mariages, les métiers exercés depuis des générations. En séance, j’ai recours à d’autres outils comme le rêve éveillé dirigé, le dessin – au niveau symbolique, pas besoin de savoir dessiner ! – le photo-langage et bien évidement l’écoute de la parole. 

L’objectif des séances est de parvenir à sortir des répétitions familiales, en se détachant des vécus traumatiques, et en positionnant chaque membre de sa famille à sa juste place, afin de pouvoir mieux investir la sienne. C’est un processus thérapeutique qui s’effectue sur dix ou quinze séances.

L’analyse transgénérationnelle fait tout simplement suite à la psychogénéalogie, en creusant plus amplement les sillons des flux de transmissions. Pour approfondir certains aspects de l’histoire familiale, ou dans des problématiques qui demandent un travail thérapeutique au-delà des quinze séances.

Vous différenciez histoire familiale et arbre généalogique. Pourquoi ?
Parfois, certaines histoires familiales sont racontées depuis des générations, mais lorsque l’on confronte les actes de l’état civil (actes de naissance ou de mariage…), l’histoire racontée n’est plus crédible. Découvrir la naissance d’un enfant avant le mariage, le décès du premier mari de l’arrière-grand-mère dont personne n’a jamais parlé…  L’ambition de tout cela n’est pas de porter un jugement sur ce qui a été vécu, mais de comprendre pourquoi certains évènements ont été tus, cachés et d’apercevoir les répercussions que cela a pu avoir sur les descendants. Sous forme d’interdits, de tabous, d’angoisses, de symptômes…

L’inconscient familial peut donc être très lourd…
Pour Didier Dumas, un des précurseurs de la psychogénéalogie, il n’y a pas d'inconscient individuel, mais il parle plus volontiers d’inconscient familial. Quand on arrive au monde, on est le fruit de deux lignées, on vient s'inscrire dans une histoire familiale qui nous a précédé. On hérite de toutes les histoires qui vont nous être racontées, mais aussi de celles qui ne nous seront pas racontées (non-dit, secret de famille). Comme on ne connaît pas toute l’étendue de ce qui nous a été transmis, on a bien du mal à pouvoir nommer ce qui nous encombre.

Les histoires familiales se ressemblent-elles ?
On peut retrouver des évènements similaires dans les arbres généalogiques, des viols, de l’inceste, des femmes mortes en couche, des hommes morts durant les guerres… mais c’est bien la manière dont l'entourage aura vécu ces traumatismes, les aura racontés, transformés ou pas, qui va se transmettre différemment d’une famille à une autre. La psychogénéalogie s’intéresse aux traumatismes, mais surtout à la façon dont l’évènement sera vécu et traversé par l’entourage. C’est bien « cette traversée » qui sera transmise de génération en génération. 

Est-on dans la psychanalyse ? 
L’analyse transgénérationnelle emprunte à la psychanalyse les concepts fondamentaux, l’œdipe, les théories de l’attachement, le transfert et le contre-transfert… mais nous travaillons également avec l’histoire, les lieux géographiques, la systémie. Un événement sera analysé dans son contexte familial, sociétal, historique. La grande histoire impacte souvent la petite histoire, bien plus qu’on ne le croit.  

Il y a un véritable travail d’enquête pour recréer son arbre généalogique…
Oui, les services d’Etat Civil des différentes villes et départements sont des lieux ressources et précieux pour pouvoir élaborer son arbre. C'est une enquête passionnante et  personnelle, qui permet de mettre ou de remettre chaque membre de sa famille à sa place.

Dans quelles situations peut-on consulter un psychogénéalogiste ?
Les situations sont nombreuses :

  • Lorsque l’on a le sentiment d’être dans une impasse, 
  • En cas de conduite d’échecs (amoureux ou professionnels).
  • Lorsque la peur de reproduire le même schéma de vie que sa mère ou sa grand-mère, devient de plus en plus prégnante,
  • Pour une problématique d’addiction,
  • Une maladie chronique,
  • Une difficulté à avoir un enfant,
  • Des angoisses, des phobies,
  • Le sentiment qu’il y a des secrets au sein de sa famille…

Finalement, que peut nous apporter un travail sur soi avec la psychogénéalogie ? 
C’est un travail thérapeutique qui permet de se détacher des traumatismes et des souffrances familiales, il participe à retrouver une bonne estime de soi, et à s’installer dans un sentiment de légitimité. C’est un véritable processus libérateur qui permet de retrouver son libre arbitre. 

Manuelle Sekely est psychogénéalogiste et analyste en transgénérationnelle. Elle reçoit en consultation à Paris.
Toutes les informations sur son site internet : 
manuellesekely.e-monsite.com

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