Des couches, des couches, oui mais...

Publié le 9 juin 2009 - Mis à jour le 5 novembre 2009

Des montagnes de couches
À raison d’environ 6 changes par jour jusqu’à 2 ans et demi, le charmant derrière de notre progéniture sera à l’origine d’environ 1,5 tonne de déchets composés de matières organiques mais aussi de plastique (environ un verre de pétrole par couche) et de nombreux composants chimiques, le seul avenir d’une couche est l’incinération. Quand on sait que 3 millions de tonnes de couches sont vendues par an en France, cela laisse songeur…
L’impact sanitaire des couches jetables pose également question. Le polyacrylate de sodium ou SAP, qui permet aux liquides de gélifier à l’intérieur de la couche, a été interdit en 1985 pour les tampons hygiéniques. Il est toujours présent dans les couches jetables. Sans changer ses habitudes, on peut simplement opter pour des couches écologiques. Disponibles dans les boutiques bio ou sur Internet, ces couches sont en ouate de cellulose ou amidon de maïs, non blanchies, d’où leur couleur beige. Si l’utilisation de substances chimiques est limitée, ces couches contiennent néanmoins un gel absorbant. Elles coûtent également un peu plus cher que des changes classiques.

Et la lingette ?
Produit jetable par excellence, la lingette est un calvaire supplémentaire pour la planète. Sans compter qu’elle est imprégnée des mêmes substances douteuses que les cosmétiques conventionnels, à moins de la choisir en bio. En déplacement, c’est vrai qu’elle est très pratique. Mais à la maison, de l’eau et une base lavante bio peuvent très bien faire l’affaire. Des eaux florales également. Enfin, en cas de fesses rouges, on mélangera de l’argile à de l’eau florale pour constituer une pâte à appliquer sur les fesses de bébé.

Et hop, en machine !
Pour les plus motivés, les couches lavables ont fait leur apparition. Il faut bien parler d’apparition et non de retour car elles n’ont pas grand-chose à voir avec les langes d’hier. En coton, bio ou pas, en bambou ou en chanvre, ces couches ressemblent à s’y méprendre à des couches jetables. Une culotte de protection imperméable se place par-dessus et des bandes absorbantes peuvent être ajoutées pour la nuit. Les couches se lavent en machine. Et leur bilan écologique, même en intégrant l’eau et l’énergie nécessaire au lavage, est largement positif (voir par exemple www.cniid.org). Son coût est également intéressant puisque le kit de couches pour un enfant coûte 400 € contre environ 1 500 € pour les couches jetables. Un investissement qui sera d’autant plus rentable qu’on a plusieurs enfants.
Évidemment, il s’agit d’un nouveau geste à maîtriser. Enfin, pour les enfants gardés en nourrice ou en crèche, il faudra aussi que le personnel consente à changer ses habitudes.
Pour se tester, il existe également de la location de couches lavables au mois.

Des couches lavables sans laver
C’est possible avec les services de location nettoyage. Courantes à l’étranger mais encore trop rares en France, ces entreprises viennent prendre à domicile les couches sales pour les nettoyer et laissent des changes propres. Un système d’abonnement qui réduit encore l’empreinte écologique de la couche (1 600 m2 contre 2 300 m2 pour le lavage à domicile et 4 300 m2 pour les couches jetables – Source : Best Foot Forward).
www.atoubebe.com (Rennes)
www.allocouches.com (Reims)
www.couches-ecoservice.com (Strasbourg)

   
Sans couches !
Pour la moitié des enfants de la planète, la couche est une inconnue. En Afrique, les enfants se promènent les fesses à l’air. En Chine, ils ont un trou à leur culotte. Habitués à des couches tellement absorbantes qu’elles retirent même la sensation d’humidité, les enfants à couches manqueraient de repères. C’est en tout cas la théorie soutenue par les tenants de l’hygiène naturelle infantile. En apprenant à reconnaître les signes annonciateurs d’un pipi, les parents pourraient très tôt apprendre à un enfant à se soulager dans un contenant. Possible uniquement dans le cadre d’une proximité permanente entre parents et enfants, cette pratique nécessite une grande disponibilité de la part des parents. Elle est également décriée par certains pédiatres qui voient là un apprentissage prématuré, préjudiciable au développement harmonieux de l’enfant.

Plus d'info sur le site  de l’association nationale de promotion des couches lavables, www.bulledecoton.org. Un guide d’entretien et un dossier à destination des collectivités peuvent être téléchargés.

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