Confiance

Donnez confiance à votre enfant

Publié le 16 septembre 2010 - Mis à jour le 4 mars 2014
Martine Valton-Jouffroy est gestalt thérapeute et maternologue à Bruxelles. Elle accompagne les femmes dans leur souffrance psychologique liée à la maternité ou l'infertilité, ou les couples en démarche de procréation médicalement assistée (PMA).
© Istock

Le véritable socle pour la vie se construit durant la grossesse et la première année de la vie. Déjà quand il est dans votre ventre, l'enfant perçoit des messages bienveillants à son égard.

 

La sécurité de base

Pour grandir en confiance, votre enfant a besoin de sentir que l'amour de ses parents — ou de ses parents de substitution — est inconditionnel. En étant touché et caressé, cela augmentera également son sentiment d'attachement : n'hésitez pas à le masser par exemple!
Votre enfant grandira en toute confiance avec ces deux ingrédients qui lui donneront le sentiment de sécurité pour faire face aux réalités de la vie quotidienne. Il sait alors qu'il a une colonne vertébrale qui lui confère une identité stable et le sentiment profond d’être ancré à la vie. "Je suis".

La confiance en lui

Dans la 2e année de sa vie, votre enfant va apprendre à s’affirmer. Il va spontanément s’opposer à ses parents, dire "non". Cette étape est fondamentale pour lui permettre de se différencier de sa mère et de s’individualiser. Il sait alors qu’il n’est plus le prolongement de sa maman, mais bien un être à part entière avec ses désirs à lui. De cette manière, il se permet de dire "Je veux".

La confiance dans ses compétences

Jusqu’à 6 ans, votre enfant va multiplier les expériences d’autonomie. Il est indispensable que vous l’encouragiez quand il est en difficulté et le félicitiez lorsqu’il accomplit des progrès. Il acquiert ainsi cette intime conviction que : "Je peux".

La confiance relationnelle

Les années d’école primaire, jusqu’à 12 ans, déterminent la confiance que l’on peut avoir dans les rapports sociaux. Votre préadolescent a besoin de se sentir protégé et intégré dans la vie quotidienne. Les adultes, que ce soient vous ou les professeurs, doivent être attentifs à ne pas laisser des enfants dans l’abandon, l’exclusion, les railleries ou les dénigrements. C’est la construction du "Je et les autres".
 

10 conseils pour permettre à l’enfant de grandir en confiance

  • Valorisez-le régulièrement

L’enfant a besoin de la reconnaissance des adultes pour prendre confiance. Valoriser ne signifie pas l'encenser à la moindre occasion, mais bien de l'encourager quand c'est évident. La gratification est le véritable moteur de l’estime de soi qui lui permet ensuite d’oser être lui-même en toute sécurité.

  • Laissez-le prendre des initiatives de son âge

L’enfant a besoin d’expérimenter pour grandir. Encourageons ses initiatives et souvenons-nous que Françoise Dolto disait : "Une bêtise c’est souvent une initiative qui a mal tourné". Après tout, l’apprentissage passe essentiellement par les essais répétés.

  • Donnez-lui la permission d’aller un peu plus loin…

Pour oser se confronter aux difficultés de la vie, votre enfant a besoin de sentir que vous lui faites confiance. Sans rien forcer, bien évidemment, mais quand vous sentez que votre enfant en est capable, laissez le faire.
Par exemple : aller à l'école seul, dormir chez un ami pour une nuit, faire une recette de cuisine seul...

  • Écoutez-le et reconnaissez ses désirs personnels

Votre enfant a besoin de se sentir écouté pour bien grandir. S’il n’est pas bon de répondre à tous ses désirs, il est important de pouvoir les reconnaître pour qu'il se sente le droit d’affirmer ses différences et donc sa propre personnalité. Par exemple : "Je comprends bien que tu veux faire de l'équitation, mais pour le moment, c'est difficile. Tu veux qu’on en parle?".

  • Aidez-le à dépasser ses peurs

L’enfant traverse de nombreuses peurs. Apprenez-lui à les exprimer verbalement ou par le dessin et accompagnez-le sur le chemin de la réassurance. Quand un enfant a peur, il est bon de l’aider à identifier ce qu’il perçoit comme danger afin de voir ce qu’il pourrait mettre en place pour se sentir à nouveau en sécurité. Ne nous moquons jamais d’un enfant qui a peur, car c’est le meilleur moyen pour ancrer des blocages.

  • Autorisez-lui l’échec, de temps en temps

Apprenez-lui que les adultes aussi échouent parfois, que ce n’est pas dramatique. Si l’enfant perçoit que vous êtes obsédé par le "résultat", il aura peur de vous et risquera de se mettre, inconsciemment, en situation d’échec. Votre enfant n’apprendra jamais aussi bien que s’il est détendu, apaisé et sûr de votre affection.

  • Faites-lui découvrir ses qualités profondes

Mais pourquoi donc pointons-nous autant les défauts de nos enfants et tellement peu leurs qualités? Quelle injustice, non? Or, mettre en exergue ses qualités va lui permettre d’avancer, sereinement, dans la vie.

  • Ne le critiquez pas sans cesse

Les jugements, les punitions et les humiliations empêchent les enfants de grandir. Ils peuvent se replier, alors sur eux-mêmes et s’éteint alors lentement la petite flamme de l’audace.

  • Ne le comparez pas

Comparaison égale poison. Les phrases du type « Tu as vu ton frère, il est au moins… », « Moi, quand j’avais ton âge, je… » dévalorisent l’enfant et lui font perdre confiance dans ses moyens. Chaque enfant est unique. Pointez ses difficultés sans jugement et aidez-le à trouver des solutions qui lui seront certainement plus utiles que des comparaisons avec Pierre ou Paul.

  • Ne l’enfermez pas dans des rapports de force stériles

De nombreux problèmes de confiance en soi proviennent d'expériences de soumissions. L’enfant n’y apprend rien de constructif, au contraire ça le rend peureux. Pour respecter une limite, il est important qu’il comprenne le sens de la règle. Les "c’est comme ça et pas autrement" ou "je suis l’adulte et toi l’enfant, donc tu obéis" n’apprennent rien aux enfants, mais pire encore leur font perdre toute leur confiance. Le dialogue est à ces moments-là le meilleur outil de négociation et surtout vous lui apprenez, pour plus tard, a respecter ses propres enfants, et ce n'est pas rien !

Conclusion
Avoir des enfants confiants relève de la responsabilité des parents et de tous les éducateurs d’enfants : les puéricultrices, les instituteurs, les enseignants sportifs. Cela ne signifie pas que nous ne commettons pas d’erreurs, bien sûr. Mais, lorsque nous échouons, reconnaissons-le devant nos enfants qui ne s’en sentiront que plus confiants en eux-mêmes, mais aussi dans leurs relations avec le monde des adultes qu'ils vont être, un jour, à leur tour.

Aller plus loin :

www.taktic.eu

A lire

  • Mon enfant a confiance en lui de Anne Bacus, éditions Marabout, 2003
  • La confiance en soi de votre enfant de Gisèle George, éditions Poche Odile Jacob, 2009
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