Chronique

Prenons nos responsabilités pour l'humanité

Publié le 1 août 2016 - Mis à jour le 16 mai 2018
Corinne Lepage est une femme politique française qui se fait remarquer dès 1978 en défendant les sinistrés de l'Amoco-Cadiz, dont elle est l’avocate. Militante associative et ancienne ministre de l'environnement, on lui doit de nombreuses mesures de protection environnementale et sanitaire, dont un moratoire sur les OGM. Elle est l’auteure d’une quinzaine de livres.
© Bruno Klein

Corinne Lepage signe une tribune dans laquelle elle explique l'importance du projet de Déclaration universelle des droits de l’humanité qu'elle participe à porter au niveau international.

Cet article a été publié dans le magazine Fémininbio #10 Avril-Mai 2017

Nous vivons des temps paradoxaux. D’un côté, le transhumanisme, la réalité augmentée, l’intelligence artificielle qui dépasse l’intelligence humaine dans les jeux les plus sophistiqués, de l’autre la barbarie à l’état pur, le retour au Moyen Âge, la remise en cause du droit des femmes fondent ce paradoxe. Le même type de constat peut être dressé en matière de santé, avec une longévité accrue mais en même temps une espérance de vie en bonne santé qui régresse, la multiplication des cancers, des maladies de dégénérescence, des cas d’autisme, etc. Le même constat peut être formé économiquement, avec une inégalité croissante qui oppose des individus qui possèdent la moitié du monde à une misère et une pauvreté endémiques.

Ce monde, écartelé entre quelques multinationales et des milliards d’individus, n’a pas la capacité de définir ce que pourrait être l’intérêt général planétaire et, lorsque comme pour le climat il y parvient très péniblement, les actes ne suivent pas. Pourtant, nous sommes arrivés à un stade où l’humanité est en péril et où elle ne peut l’ignorer. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin aujourd’hui d’une Déclaration universelle des droits de l’humanité qui vienne renforcer et prendre la suite, sans bien entendu y toucher moindrement, de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le temps est venu de disposer d’un texte fixant les droits et les devoirs d’une humanité définie comme la chaîne des générations dans le temps, et comme la somme des entités et des individus dans l’espace.

Reconnaître la responsabilité des générations présentes à l’égard de celles qui vont venir, reconnaître la dignité de l’humanité comme incluant la satisfaction des besoins fondamentaux, reconnaître le droit à la pérennité de l’espèce humaine comme le droit des humains et des autres espèces vivantes à vivre dans un environnement sain, reconnaître le principe selon lequel le progrès scientifique doit se faire dans le sens du respect de l’humain sont des principes majeurs. La COP 21 a été l’occasion de lancer l’idée de cette déclaration qui doit maintenant vivre et devenir un texte voté par l’Assemblée générale des Nations unies et applicable à tous.

Retrouvez cette chronique dans le magazine FemininBio #5 !

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