Zéro toxique, zéro plastique

Aline Gubri : "Réduire ses déchets, c'est bon pour la planète, la santé et le porte-monnaie!"

Publié le 1 décembre 2017
Aline Gubri, auteur de "Zéro plastique, zéro toxique"
Aline Gubri, auteur de "Zéro plastique, zéro toxique"
© DR

Réduire nos déchets est urgent et bien moins compliqué qu'on ne l'imagine. Aline Gubri en fait la démonstration dans son livre "Zéro plastique, zéro toxique". Entretien avec une jeune femme inspirante qui fait rimer écologie avec économies.

Aline Gubri est une militante écologique de tous les jours et depuis toujours. A 22 ans seulement, elle anime des conférences sur la réduction des déchets et vient de publier "Zéro plastique, Zéro toxique" (éd. Thierry Souccar). Un livre ultra-pratique à mettre entre toutes les mains, pour nous aider à adopter les meilleurs réflexes écolo au quotidien. Et qui  achèvera de vous convaincre que réduire nos déchets c'est bon pour notre planète, pour notre santé... et pour notre porte-monnaie !  

Qu'est-ce qui vous a décidée à réduire drastiquement vos déchets ? 
Mon éducation m’a donné une véritable conscience environnementale. A  19 ans, je suis tombée par hasard sur un article évoquant une New-Yorkaise qui vit sans poubelle. J’ai d’abord été sceptique… Puis cela m’a intriguée. J'ai commencé à me documenter et j'ai fini par me dire "je produis tellement de déchets que je n’ai pas de légitimité à me prétendre écolo". Jeter est un geste si anodin que l’on n'y fait plus attention. Pourtant nos poubelles ont un impact énorme. A partir de cette prise de conscience, j’ai décidé de faire ma part... Sans être convaincue d'aller au bout. Mais aujourd'hui, je suis arrivée au zéro déchets.

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Par où commencer pour réduire ses déchets ?
Personnellement, j’ai commencé avec mes produits de beauté. J'ai arrêté de racheter les produits que je terminais. J’ai testé des recettes de cosmétiques, certaines n’étaient pas top, d’autres très compliquées. J’ai donc décidé de les simplifier. J'ai par exemple réduit une recette qui comptait 5 ingrédients à 2 ingrédients… Résultat : cela fonctionne tout aussi bien ! Je suis ensuite passée aux produits ménagers, puis aux courses. D’abord je rapportais les sacs en papier pour les fruits et légumes, puis je suis passées aux sachets en tissus. J’ai commencé à n’acheter qu’en vrac. Au départ j’étais un peu timide en apportant mes boîtes chez les petits commerçants. Puis j’ai décidé d’assumer, d’en être fière… Au bout d’un an, je n’ai plus eu besoin de poubelle. Seulement d’un bac à compost et un à recyclage. Mais celui-ci aussi je le réduis au maximum. Car recycler, c’est mieux que rien, mais c’est également très énergivore… Le bon déchet est celui qui n’a jamais été produit. 

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Quelle a été votre motivation première ?
Au départ, je le faisais clairement pour l’environnement. J’étais même prête à faire des petits sacrifices financiers. Et puis je me suis rapidement aperçue que je faisais des économies. Ça a été une vraie bonne surprise. Les gens doivent le savoir : le zéro déchet est accessible à tous ! Et puis il y a eu une autre surprise : au fil de mes lectures, j’ai réalisé à quel point nous sommes entourés de perturbateurs endocriniens, j’ai compris les méfaits du plastique… Et j’ai compris qu’en réduisant mes déchets, je protégeais également ma santé personnelle. Je me suis de plus en plus interrogée sur nos produits du quotidien, industriels. Et j’ai réalisé qu’en plus d’y gagner financièrement, j’y gagnais aussi personnellement.

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Vos rencontres, expériences et observations vous rendent-elles optimiste ?
Mes interventions dans les écoles me rendent optimistes car je vois que les enfants sont très sensibles au sujet et contribuent largement à éduquer leurs parents sur ce sujet. Maintenant, les pratiques citoyennes doivent être accompagnées par l’engagement politique. La loi interdisant les couverts jetables (qui entrera en vigueur en 2018) aura beaucoup plus d’impact que toutes les actions de sensibilisation. Mais si les politiques ont une influence certaine, les consommateurs ne doivent pas oublier qu’acheter, c’est voter. Quand on achète un produit, c’est une manière de dire à une entreprise : "Je cautionne vos pratiques, les conditions de travail et de vos employés, etc". Quand on n’achète pas, on affirme que l’on ne cautionne pas. C’est le principe du boycott. Cela envoie un message fort au fabricant qui peut remettre en question ses pratiques. 

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Les politiques locales ont aussi leur rôle à jouer...
Assurément ! Et l'on voit que certaines villes s'engagent dans la voie du zéro déchet. C'est notamment le cas de Roubaix, la ville de France la plus avancée sur le sujet : la municipalité a lancé un défi "familles zéro déchet" : elles étaients acompagnées par des animateurs municipaux et avaient 10 mois pour réduire de 50% leurs déchets. Les retours ont été très positifs de la part de familles qui ne se seraient pas tournées d’elles-mêmes vers le zéro déchet. Elles ont été surprises de voir que cela leur a permis de réaliser des économies… Cela leur a donné une satisfation énorme. Ce type d’initiatives doit se développer en France. En Italie, on compte 200 villes engagées dans la réduction des déchets, sur 400 en Europe. En France, on en compte seulement quelques-unes. Les politiques locales peuvent faire bouger les choses.

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