Agriculture

Glyphosate: les alternatives au Round Up de Monsanto existent

Publié le 29 novembre 2017
© Pixabay

L'Union européenne a finalement réussi à se mettre d'accord: l'utilisation du glyphosate restera autorisée en Europe pour les 5 prochaines années. Une décision qui satisfait les acteurs du l'agriculture conventionnelle qui arguent de leur incapacité à remplacer la molécule du Round Up pour désherber les cultures. Pourtant, des solutions convaincantes existent bel et bien...

Tandis que les collectivités et les particuliers ne peuvent théoriquement plus utiliser le glyphosate depuis le 1er janvier 2017, les agriculteurs européens pourront donc, eux, poursuivre l’épandage pour encore (au moins) 5 ans. Peut-être seulement 3 en France, si le président Macron parvient à tenir l’engagement pris dans la foulée du vote de l’Union Européenne en faveur du renouvellement de la licence du produit star de Monsanto.
Ce sera difficile si l’on en croit les défenseurs du glyphosate, herbicide total réputé toxique pour les sols, l’eau, l’air et les hommes : selon eux en effet, l’alternative à la molécule du Round Up n’existe pas. Pourtant, des initiatives, et pas seulement du côté de l’agriculture biologique, se développent. Et tendent à démontrer que l’agriculture conventionnelle est moins prisonnière du glyphosate qu’elle ne le prétend.

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Les techniques de désherbage traditionnelles coûtent-elles trop cher ? 
Parmi les techniques d’élimination des mauvaises herbes, notamment répertoriées par Reporterre : le désherbage mécanique (à l’aide de bineuses décavaillonneuses ou de herses étrilles, notamment utilisées en viticulture) et le désherbage thermique. Par la vapeur ou par brûlage, cette technique réputée efficace a en plus le mérite d’améliorer la vie des sols. Mais ces techniques bien connues sont pour l’heure rejetées par la masse des exploitants agricoles pour des raisons somme toute audibles : elles coûtent plus cher que le glyphosate et sont difficiles à mettre en œuvre. A la clé, clament-ils, une perte de rendement, qui coûterait, selon les estimations de l'Institut du Végétal, Arvalis, près d’un milliard d'euros par an aux céréaliers français .

Les expérimentations prouvent que l'on peut se passer du glyphosate
Une chute de rendement théorique qui pourrait cependant être rapidement compensée si l’on en croit l’expérimentation des fermes du réseau Dephy. Depuis 2010, plus de 3000 exploitants ont choisi de réduire l’utilisation du glyphosate de manière progressive. Conclusion : aucune perte de rendement observée malgré la diminution de 12% par an de la quantité de produit utilisé. En lieu et place, ils ont mis en œuvre l’ensemble des techniques à leur disposition pour lutter contre les mauvaises herbes : rotation des cultures pour éviter l’épuisement des sols, alternance du labour et du non-labour pour protéger la vie du sol, et travail du sol (faux semis, désherbage mécanique) et de ses composants (insectes et bactéries).

A défaut d’un remplaçant chimique au glyphosate, le changement des pratiques semble bel et bien l’alternative la plus crédible pour 2020… ou 22.

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Pour aller plus loin, regardez Un futur sans herbicide, des solutions en Europe, vidéo (en anglais) du groupe des Verts/Alliance libre européenne du Parlement européen, ainsi que Le Round Up face à ses juges, de Marie-Monique Robin (en replay sur Arte jusqu'au 12 décembre 2017). 

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