Environnement

Pesticides: l'Onu appelle à "renoncer progressivement à l’agriculture industrielle"

Publié le 10 mars 2017
Vers une agriculture sans pesticide?
Vers une agriculture sans pesticide?
© Pixabay

Un rapport publié par les Nations Unies demande aux Etats du monde entier de « renoncer progressivement à l’agriculture industrielle ».

Le 7 mars dernier, à Genève, un rapport sur le droit à l’alimentation de l’ONU dresse une liste des conséquences des pesticides sur l’environnement et sur la santé des humains. 

« Etre tributaire de pesticides dangereux est une solution à court terme qui porte atteinte au droit à une alimentation suffisante et au droit à la santé des générations actuelles et futures ». Tels sont les mots prononcés par Hilal Elver, juriste turque qui lutte pour le droit à l’alimentation non nocive. Le droit à l’alimentation est un droit de l’homme qui protège le droit de chaque être humain à se nourrir dans la dignité, que ce soit en produisant lui-même son alimentation ou en l’achetant. Or, les pesticides, s’ils ont permis à la « production agricole de faire face à des hausses sans précédent de la demande alimentaire », avoue-t-elle, ont eu un impact désastreux sur « la santé humaine et l’environnement ».

« Il est temps de renverser le mythe que les pesticides sont nécessaires pour nourrir le monde » 

Le rapport indique en effet des chiffres alarmants : 200 000  personnes mourraient chaque année d’intoxication aigüe. 99% de celles-ci se trouvent dans les pays en développement, où les réglementations concernant l’utilisation de produits chimiques sont moins rigoureuses. Le rapport déplore l’absence de réaction de la part des Etats et l’utilisation en masse des pesticides, malgré la connaissance de leurs effets néfastes. 

Pourtant, l’ONU rappelle que le droit à une alimentation suffisante « englobe le droit à une nourriture exempte de substances nocives ». L’utilisation des pesticides est donc « en contradiction avec le droit à la santé, compte tenu des nombreux impacts sanitaires des pesticides ». 

Hilal Elver achève son rapport par une série de recommandations à l'attention des Etats. Elle précise que c’est à eux que revient le devoir de libérer l’agriculture des pesticides toxiques et de protéger les populations. En conclusion, le moyen le plus efficace à long terme, serait finalement de « renoncer progressivement à l’agriculture industrielle ». 

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