Interview

Interview d'Amandine Geers du livre "Je mange paléo (ou presque !)

Publié le 7 juillet 2014
Curieuse de tout, piquée d'écriture. Ex-responsable édito de FemininBio, blogueuse empathique aimant raconter la vie des autres @parisbylight.
Tomates anciennes paléo, extrait du livre "Je mange paléo (ou presque ! )" par Amandine Geers et Olivier Degorce
Tomates anciennes paléo, extrait du livre "Je mange paléo (ou presque ! )" par Amandine Geers et Olivier Degorce
© ©Olivier Degorce

Dans "Je mange paléo (ou presque !)" Amandine Geers et Oliver Degorce propose des recettes pleines de vitalité, qui s'inspirent du régime paléolithique ancestral : sans produits laitiers, sans gluten, sans sucre, sans produits raffinés ou transformés. Elle nous explique pourquoi il ne s'agit pas "d'un régime de plus". Rencontre.

Amandine Geers et Olivier Degorce réunissent de nouveau leurs talents pour ce nouvel opus : "Je mange paléo (ou presque!)" paru chez Terre Vivante. 

Après le sans gluten, le végétarien, le macrobio, l’index glycémique, qu’apporte le régime Paléo ?

Le modèle Paléo n’est pas un nouveau régime qui s’opposerait à d’autres, il les englobe tous (à part la macrobio qui est trop structuré autour des céréales, aliments dont le modèle paléo souligne les excès)
Ce que le modèle paléo nous enseigne est plein de bon sens. C’est un retour aux sources : une alimentation la plus naturelle possible, variée, sans produits transformés, des cuissons rapides ou douces, une priorité absolue à la qualité. L’alimentation paléo nous engage aussi à limiter ou exclure les céréales et les produits laitiers qui sont trop consommés en général qui plus est sous leur forme raffiné et provenant de céréales mutées.

Naturellement sans gluten, sans lactose, à IG bas et à +70% végétal, l’alimentation paléo est donc un mélange judicieux entre les principes du sans gluten, sans lactose, d’Okinawa, du crudivorisme, du végétarisme (pour la grande place donnée aux végétaux), ce qui la rapproche des recommandations du docteur Seignalet.

Il s’oppose au véganisme strict et militant car il repose également sur un apport en protéines indispensables qui inclut les protéines animales (viandes, poissons, coquillages, crustacés…) mais dans des proportions raisonnables (environ 30%). Les noix et les œufs sont également des sources de protéines importantes de ce modèle, ce qui permet, selon moi, de mener un régime paléo végétarien à condition de l’équilibrer parfaitement voir de le complémenter (spiruline…).

Pourquoi vous y êtes-vous intéressée ?

D’un point de vue nutritionnel, ce modèle est équilibré, sain, varié et adapté à tous. Il est déculpabilisant et ne diabolise aucun aliment. La seule chose qu’il met en exergue est la médiocrité de l’offre alimentaire, l’industrialisation et les excès (excès de céréales, excès de produits laitiers, excès du prêt à manger). D’un point de vue purement culinaire, il est simple à mettre en œuvre : ce ne sont pas les recettes compliquées qui permettent de se régaler mais l’association d’aliments variés, cuisinés, préparés et assaisonnés simplement et rapidement.

C’est aussi la façon dont je mange depuis toujours, mettant à l’honneur les légumes, les fruits, les noix, incluant de manière raisonnable, en fréquence et en quantité, des sources de protéines qui varient selon les périodes (alternant des périodes exclusivement végétariennes).

Mais le modèle paléo inclut aussi des principes de santé qui vont au delà de l’alimentation (qui n’est qu’un des piliers de notre santé). Le sport, l’oxygénation, l’exposition au soleil, des relations interpersonnelles et sociales harmonieuses, le jeu et la créativité… sont aussi des fondamentaux que le modèle paléo aborde comme règles d’hygiène globale.

>> Découvrez la recette des biscuits "paléo" courgette amande ! 

Donnez-nous 3 raisons de manger Paléo

Ce qui m’intéresse est de donner au public des informations fiables et variées permettant à chacun de faire ensuite ses choix. Chacun doit cheminer vers son alimentation idéale et celle ci peut varier selon les périodes de la vie, les saisons, les états de santé.

Le modèle paléo, comme je l’ai dit, est plein de bon sens, et permet de s’intéresser et de prendre en main notre alimentation de façon individuelle.

Perdre du poids ou retrouver le poids idéal, préserver notre masse musculaire ou gagner en vitalité, sont des avantages du modèle paléo.

Votre livre s’intitule "Je mange Paléo, ou presque". Que cache ce "presque" ? Quelles sont les aménagements que vous préconisez dans le suivi de ce régime ?

Strictement parlant, le modèle paléo met de côté les produits laitiers et les céréales car nos ancêtres nomades chasseurs cueilleurs, qui ont évolué pendant plusieurs millions d’années, n’en consommaient pas.
Mais les adaptations et les écarts sont possibles et je dirais même conseillés (afin de lutter contre la morosité des régimes restrictifs et culpabilisants). Nous expliquons donc quelles sont les céréales sans gluten que nous pouvons inclure de temps à autre, quels produits laitiers peuvent être intéressants (lait cru), quels aliments sucrant et matières grasses choisir aujourd’hui. Nous aurions pu aussi écrire le guide du chasseur-cueilleur, mais là n’était pas notre propos, d’où le (ou presque !). Donc les recettes du livre sont réalisables avec les produits que l’on trouve facilement sur les marchés, les épiceries, les jardins ou les magasins de produits biologiques ; elles se veulent être source d’inspiration et donner l’élan pour s’intéresser à ce modèle passionnant.

Ce régime inclut la viande et le poisson, des aliments pourtant décriés par nombre d’études sur le régime végétarien. Qu’en pensez-vous ? Quels sont vos conseils pour bien choisir viande et poisson si l’on souhaite en manger ?

Ah oui ? Pour quelles raisons la viande et le poisson seraient-ils décriés en tant que tel ? À vrai dire, il n’existe aucune étude qui affirme que la viande et le poisson, consommés en quantité raisonnable et cuisinés sainement, sont mauvais pour la santé. Ce qui est mauvais pour la santé, ce sont les excès de viande tout comme les excès de céréales, de produits laitiers, de sel, de sucre ou encore les cuissons inadaptées.

J’ai de nombreux amis végétariens qui compensent l’absence de viande et de poisson par trop de fromages, de céréales et de légumes secs au détriment des végétaux frais. L’alimentation paléo, je le répète est composée de 70% de végétaux frais et de noix (soit beaucoup plus que dans un régime végétarien mal mené) et de 30% de protéines animales toutes sources confondues (œufs, viande, poissons, coquillages et crustacés - hors produits laitiers). On privilégie la qualité, les viandes blanches et maigres,  on choisi des poissons en début de chaine alimentaire, variant les chairs maigres et grasses. On compose des repas à 5, 6, 7, 8 éléments, on profite de la variété qui existe dans le monde végétal.

Si c’est votre choix, vous pouvez manger paléo-végétarien en vous informant et en équilibrant les différents apports nutritionnels. De quoi laisser le choix à chacun. L’idée étant de se rapprocher de l’idée paléo mais pas de l’imposer.

Quelles sont les « touches de Paléo » que vous mettez dans votre cuisine du quotidien ?

J’associe toujours au minimum 5 aliments différents dans un plat et je construis mon repas autour des végétaux frais. J’abuse d’herbes fraîches, j’use d’épices et de petites graines de toutes sortes au quotidien
Je suis friande d’algues, de pickles et d’aliments fermentés. J’adapte mon alimentation en fonction du climat et de l’endroit où je me trouve et de mes envies. Je consomme peu de céréales, exceptionnellement des légumes secs, et les produits laitiers sélectionnés par petites touches.

"Je mange paléo (ou presque ! ) " En librairie le 12 mai 2014 – 120 pages – 14€ - Collection Facile & Bio ou à découvrir en ligne aux éditions Terre vivante.

>> Voir le descriptif complet du livre

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