Accouchement

Contre les violences obstétricales, les sages-femmes en première ligne

Publié le 11 août 2017
En France, le taux d'épisiotomie atteint 26% des accouchements
En France, le taux d'épisiotomie atteint 26% des accouchements
© Pixabay

Dénoncées par Marlène Schiappa et de nombreux témoignages, les violences obstétricales sont une réalité en France. Et le rôle des sages-femmes pourrait être déterminant pour en venir à bout.

En commandant un rapport sur les violences obstétricales, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes a lancé un pavé dans la mare. Obstétriciens et sages-femmes se sont ouvertement émus du taux d’épisiotomie avancé par Marlène Schiappa (qu’elle estime à 75% alors qu’il se situerait en réalité autour de 25%). Et font savoir qu’en France, la formation des médecins accoucheurs et des sages-femmes va clairement dans le sens d’une plus grande écoute des besoins des futurs et jeunes parents.

De plus en plus d’accouchements physiologiques
D’ailleurs, « les maternités tâchent, de plus en plus, d’offrir aux femmes la possibilité d’un accouchement physiologique. Une réponse à une demande de plus en plus forte des futurs parents de mettre leur enfant au monde dans un environnement aussi peu médicalisé que possible ». Ces constatations sont celles du CIANE. Le Collectif interassociatif autour de la naissance plaide bien entendu pour un accompagnement plus personnalisé de la grossesse et de l’accouchement. Cela passe, idéalement, par une plus grande place faite aux sages-femmes. « Elles sont particulièrement bien formées en France. Et ont un rôle de plus en plus grand à jouer », affirme Chantal Ducroux-Schouwey, présidente du CIANE.
Signal fort : en février 2017, pour la première fois, le Collège national des Sages-Femmes a publié ses premières recommandations de pratique clinique. Avec pour thème phare : la bonne utilisation de l’ocytocine, cette hormone trop systématiquement administrée pour stimuler le travail. En toile de fond, l’idée de revenir à un accouchement moins assisté médicalement - lorsque l’état de la future mère et de son enfant à naître le permet bien entendu.

Lire aussi notre article sur le rapport de l'OMS sur les pratiques utilisées à tort lors de nombreux accouchements

S’informer et rédiger un projet de naissance
D’une manière générale, souligne Chantal Ducroux-Schouwey, « ce qui prime, c’est l’information des futurs parents. Or, ceux-ci sont de plus en plus au fait des pratiques et, surtout, se renseignent parfois avant même de concevoir leur premier enfant ! » Certains pourront passer par l’une des neuf maisons de naissance expérimentées depuis 2015. Une part grandissante prend le temps de rédiger un projet de naissance, précisant les conditions dans lesquelles la future maman souhaite idéalement accoucher. La majorité d’entre eux, en tout cas, espère pouvoir instaurer, tout au long de la grossesse, une relation de confiance avec un professionnel. « C’est essentiel pour permettre que naisse le sentiment de sécurité », indispensable lorsque l’on est sur le point de donner la vie, précise Chantal Ducroux-Schouwey. 

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Près de chez nous, « le bon exemple nous vient du Royaume-Uni. Là-bas, la sage-femme est une actrice très importante durant toute la grossesse et dans les premières semaines qui suivent la naissance. De la même manière, poursuit Chantal Ducroux-Schouwey, la Belgique a mis en place les maisons de naissance il y a de nombreuses années. Elles sont le plus souvent extra-hospitalières », mais toujours rattachées à un hôpital pour des raisons de sécurité.

Au-delà de la polémique, les professionnels accueillent avec enthousiasme ce futur rapport sur les violence obstétricales du Haut conseil à l’égalité. Pour l’Ordre des sages-femmes, il s’agit même d’un sujet essentiel pour faire évoluer les pratiques et offrir aux bébés français une naissance aussi respectueuse que possible. 

Pour aller plus loin, (re)découvrez notre numéro spécial Education et notre hors-série dédié à l'Amour !

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