Santé

Tout savoir sur le cancer de la peau

Publié le 17 mai 2017
Près de 10000 nouveaux cas  de mélanomes sont enregistrés en France en moyenne chaque année, il est essentiel de se protéger contre le soleil.
Près de 10000 nouveaux cas de mélanomes sont enregistrés en France en moyenne chaque année, il est essentiel de se protéger contre le soleil.
© Pixabay

Le syndicat national des dermatos-vénéréologues organise une semaine de prévention et de dépistage du cancer de la peau, jusqu'au 19 mai. Le taux de cancers cutanés augmente en effet d'année en année. Retrouvez toutes les informations et conseils sur le sujet grâce à Catherine Gaucher, dermatologue.

Dans le cadre de la semaine du dépistage du cancer de la peau, le docteur Catherine Gaucher, dermatologue a répondu à nos questions. 

Les carcinomes et les mélanomes, c'est les noms des deux grands groupes de cancers cutanées que l'on connaît aujourd'hui. Il existe deux sortes de carcinomes : le carcinome spinocellulaire et le carcinome basocellulaire. « Les carcinomes spinocellulaires sont les plus inquiétants, explique la dermatologue, car ils sont susceptibles de faire des métastases aux os, aux poumons et au système nerveux contrairement aux carcinomes basocellulaires ». Comment se manifestent-ils ? Ils sont développés à partir des kératoses. Il s'agit en fait de « croûtes » que l'on a sur la peau, qui ne font pas mal et qui ne démangent pas : c'est donc très difficile à détecter.  Cela peut aussi se limiter à une rougeur ou de petites marques roses, comme si on avait été griffés. « C'est comme un bobo qui ne guérit pas, ou qui guérit et qui revient après » prévient le Docteur Gaucher. « Quelque chose qui ne guérit pas en un mois maximum chez une personne âgée est un signe d'alerte, il faut tout de suite consulter un dermatologue » poursuit-elle. Ces lésions se situent principalement sur les zones du corps qui ont été exposées aux UV : le dos des mains, le crâne etc. Par ailleurs, une personne qui a vécu sous les tropiques avec une peau claire a d'autant plus de risques de développer ce type de cancer : dans ce cas il peut apparaître très tôt, vers l'âge de 50 ans et vers 70/80 ans pour les peaux méditerranéennes.

Une bonne nouvelle tout de même : on peut faire de la prévention. « Au stade des kératoses, lorsque qu'il s'agit de « croûtes », on peut éviter que la tumeur apparaisse » précise Catherine Gaucher. Pour cela, il est conseillé de consulter un dermatologue régulièrement, au mois une fois par an voire une fois par trimestre. 

Le carcinome basocellulaire est développé à partir des cellules basales de l'épiderme. « Il a un caractère beaucoup plus génétique et peut parfois atteindre des gens jeunes ». On le retrouve aussi sur les régions qui ont été exposées au soleil. Les lésions peuvent être similaires à celles du carcinome spinocellulaire, « mais en général, cela ressemble plus souvent à des nodules, kystes sous la peau ». Ici, c'est le même signe d'alerte : quand ça ne guérit pas, c'est inquiétant. Il faut consulter, et le faire enlever pour analyse. 

Le mélanome est lui, un cancer très grave puisqu'il est difficile à soigner. "Si on n'intervient pas à temps, la chimiothérapie ne fonctionne pas bien" note la dermatologue. Le mélanome se développe au dépend des mélanocytes, les cellules qui fabriquent la mélanine. 

Le grain de beauté peut devenir un mélanome, car c'est un amas de cellule de mélanocytes. "Il y a également un terrain génétique favorable mais des études ont montré que le soleil aggravait le risque de transformation des grains de beauté en mélanomes" souligne notre spécialiste, « ne faites surtout pas brûler vos grains de beauté au soleil ». On trouve aussi le mélanome en dehors des grains de beauté, comme une tâche noire ou marron qui s'étale sur le visage, les pommettes, ou le dos des mains. 

Ce type de cancer touche tout le monde, aussi bien les adolescents que les jeunes adultes. "Si il est pris à temps, on peut l'enlever" explique le docteur Gaucher "mais dans le cas contraire, les métastases attaquent en priorité le système nerveux car les mélanocytes existent aussi dans la rétine ".

Près de 10.000 nouveaux cas  de mélanomes sont enregistrés en France en moyenne chaque année. Plusieurs raisons sont responsables de cette évolution. Dans un premier temps, il y a cette "culture du bronzage". On s'expose beaucoup plus au ultraviolet qu'avant, dans l'optique d'être la plus bronzé(e). Les expositions brutales favorisent également les cancers cutanés, évitez donc de passer du soleil parisien à celui des Tropiques sans transition ni protection « C'est un choc pour la peau, de la même façon qu'il existe des chocs thermiques. C'est néfaste pour les cellules immunitaires de la peau » informe l'experte. 

Rassurez-vous, il est possible de lutter contre le cancer cutané. Quelques conseils du Docteur Gaucher : 

- Ne jamais s'exposer au soleil entre 12h et 16h dans les pays tempérés. D'une manière générale, il faut éviter de mettre sa peau au soleil deux heures avant et après le zénith (le moment où le soleil est à son apogée), en fonction de l'endroit où vous vous trouvez.

- Quand vous vous exposez, il faut y aller progressivement : ne vous exposez pas 12 heures d'affilés dès le premier jour ! Il est possible de préparer sa peau avant avec de la luminothérapie (mais surtout pas d'UV !) ou en prenant des compléments alimentaires de béta-carotènes et/ou de vitamines C, E, et D.

-  Pensez-bien à mettre un filtre sur votre peau, et notamment un écran total entre mai et octobre sur le visage, le décolleté, le dos des mains et toutes parties du corps exposées au soleil. 

- Il faut absolument couvrir les bébés de moins d'un an. Un coup de soleil pris sur un enfant d'un an, peut se transformer en mélanome 20 ans plus tard.  

- Enfin, le meilleur conseil d'après la spécialiste est de consulter un dermatologue tous les ans à partir de 15 ans pour dépister toutes formes de cancers cutanés. 

 

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