Règles

Le flux instinctif libre : être à l'écoute de son corps

Publié le 15 mars 2016 - Mis à jour le 27 juillet 2016
Thérapeute pratiquant diverses techniques de médecines douces, elle s'est spécialisée dans le bien-être féminin. Davantage de renseignements sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr
© Pixabay

Dénomination dérivée de l’anglo-saxon « Free flow instinct » car très en vogue ces derniers temps aux Etats-Unis, le flux instinctif libre est pratiqué depuis plusieurs années déjà par certaines femmes pendant leurs règles.

Concrètement, qu’est-ce que c’est ?
Le flux instinctif libre repose sur la capacité du corps à conserver pendant un moment le sang menstruel dans le vagin (c’est-à-dire pendant que vous avez vos règles), et à ne l’expulser qu’en allant aux toilettes, comme vous le faites pour une envie d’uriner. Cette méthode repose sur la capacité du périnée à se contracter, et non uniquement sur le vagin, non-sphinctérien.
Bien entendu, cette technique est sensée être instinctive, mais comme les femmes ont été déconnectées de leurs sensations corporelles intimes pendant un moment, il faut plusieurs cycles pour la maîtriser. Aussi, ne vous découragez pas si vous ne réussissez pas du premier coup, et entraînez-vous !

Comment ça marche ?
Pour commencer, êtes-vous capable de ressentir votre périnée ? (Pour davantage d’informations sur ce muscle, lisez Le périnée, cet inconnu et Périnée : exercices d'éducation et de rééducation).Vous en avez déjà fait l’expérience : lorsque vous avez vos règles, vous ne saignez pas en continu. Alors, quand vous sentez que le sang s’écoule de votre utérus, vous contractez le périnée pour que le sang reste en place dans le vagin. En débutant, vous avez besoin d’aller expulser le sang dans vos toilettes assez fréquemment. Par la suite, pour certaines, il est possible de conserver le sang plusieurs heures avant de le relâcher. Cependant, n’attendez pas trop longtemps non plus, au risque de voir proliférer certaines bactéries. D’autres femmes, même au bout de plusieurs cycles, n’arrivent à retenir le sang que peu de temps, juste assez pour aller aux WC.
Certaines femmes commencent à pratiquer le flux instinctif en plaçant une protection légère au fond de leurs sous-vêtements (bout de tissu ou serviettes hygiénique, bien entendu pas de tampons…). Cela les rassure « au cas où ». D’autres considèrent qu’en faisant cela leur attention se relâche davantage : leurs corps n’envoient plus de message « attention, prépare-toi à retenir ! ».

Et quand certains évoquent la dangerosité du flux instinctif libre ?
Certains professionnels du corps médical déclarent qu’il peut être nocif pour la femme de conserver du sang dans son vagin au risque de provoquer une multiplication des bactéries. Mais posons-nous la question : est-ce vraiment plus dangereux que de porter des tampons hygiéniques, même bio, mis en place durant plusieurs heures ? Ou que la coupe menstruelle ? D’autres médecins affirment que non.

Est-ce que cela peut réduire les douleurs menstruelles ?
Certaines femmes ressentent moins de crampes depuis l’utilisation de cette technique. Il faut savoir que « les règles » sont dues à la desquamation de la muqueuse endométriale tapissant l’utérus. Pour expulser le sang généré vers le vagin, l’utérus se contracte. C’est ce phénomène qui est à l’origine de la douleur.
Là encore, le corps médical est sceptique : que vous reteniez le sang dans votre vagin ne va pas empêcher les contractions utérines, et donc pas les crampes non plus. Mais après tout, même si la diminution de la douleur est purement psychosomatique, qu’est-ce que cela change ? En certaines occasions, il est de bon ton de ne regarder que le résultat…

Alors, toutes les femmes peuvent pratiquer ?
Du point de vue théorique, oui. La question à se poser en premier est de savoir si vous en avez envie. Mais idéologiquement, deux pensées s’affrontent.
Pour le premier, pratiquer le flux instinctif libre, c’est écouter et avoir une pleine prise de conscience de son corps passant par le contrôle de toutes ses fonctions. Plus simplement pour d’autres, pouvoir se passer de protections hygiéniques riches en polluants de toutes sortes (chlore, fongicides, pesticides…) est le critère de choix. Même comparé aux protections siglées AB ou à la coupe menstruelle, le flux instinctif libre est LA méthode la plus écologique.
Du second point de vue, à chaque cycle, les menstruations signent une période pendant laquelle se replier sur soi, prendre le temps, se faire du bien en se prodiguant des petites attentions… Une période « hors temps et hors contrôle » dans un monde qui ne le permet pas le reste du mois. La femme doit se laisser être elle-même dans ce qu’elle a de plus profond, reconnecter à sa féminité intérieure. Et il est plus facile de faire ce travail en laissant le sang s’écouler si ce n’est naturellement, du moins librement, sans chercher à le retenir.

La démarche du flux instinctif libre peut être compliquée si vous n’avez pas accès aux toilettes dès que vous le souhaitez. Rien ne vous empêche alors de pratiquer le flux instinctif lorsque vous êtes chez vous, et d’utiliser des protections hygiéniques « au cas où » quand vous sortez.

Je vous ai exposé la théorie, et chaque femme est différente. Alors, poursuivons les préceptes des écoles latines : l’expérience est reine.

N’hésitez pas à témoigner dans vos commentaires, que votre pratique soit synonyme de réussite ou non.
 

Retrouvez Apolline Compagnon sur son site internet : Cabinetmedecinesdouces.fr 

Toute reproduction interdite

 

Articles du dossier Féminin sans tabou
Envie de réagir ? Je prends la parole
Réaction à l'article
Par Diatrima le 20 mars 2016 à 11h15
Testé et approuvé

J'utilisais la Cup depuis plusieurs années, et plus du tout de serviettes hygiéniques, tampons et autres horreurs chères et polluantes. Il y a un an ou deux, j'ai découvert qu'on pouvait avoir ses règles sans rien pour les recueillir, au naturel, et je l'ai fait spontanément car je voulais tester.
C'est une super expérience. Aller juste aux toilettes et évacuer, naturellement. On a juste envie d'aller uriner plus souvent (normal), donc c'est bien d'avoir les toilettes à disposition pour le faire.
Pour la nuit, au début de la transition, il vaut mieux mettre la cup au cas où car on a pas toujours envie de se lever. Mais, c'est le temps de l'adaptation. En journée, il n'y a pas de problème de fuite, rien du tout. Je suis même allée faire un footing en ayant mes règles, sans aucune protection de secourt. Et je n'ai pas eu de fuites ou de taches. Rien du tout!
C'est juste magnifique. On se sent mieux au naturel, plus à l'aise, sans avoir un truc "en soi", un corps étranger artificiel et intrusif, ou un objet en plastique polluant et cher. Personnellement, mes douleurs ont beaucoup diminués avec ce procédé (j'ignore pourquoi mais c'est un fait), et je suis toujours super fière à chaque mois, de faire confiance à mon corps.
La nature est bien faite: nous n'avons besoin de rien pour être bien.

Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte