Coup de gueule

Non aux devoirs de vacances!

Publié le 21 août 2017
Isabelle Pailleau est psychologue clinicienne du travail et des apprentissages. Avec Audrey Akoun, elle a fondé la Fabrique à Bonheurs et écrit plusieurs livres, dont Apprendre autrement avec la Pédagogie Positive (éd Eyrolles).
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Chaque été, les cahiers de vacances envahissent les bacs des librairies. Pourtant, nos enfants n'en ont pas besoin.

Partagés entre l’envie de laisser nos enfants souffler après une année chargée et la peur qu’ils oublient, en deux mois, tout ce qui a été appris en dix, nous planifions des "petites" dictées et des exercices de maths "pour ne pas perdre la main". Ou encore, nous nous précipitons sur la montagne d’alléchants cahiers de vacances qui nous font de l’œil à l’entrée du magasin.

Nous surfons alors sur le "travailler de manière rigolote" et succombons à nos sirènes mentales qui nous invitent à aider nos petits "à ne pas relâcher leurs efforts… tout en s’amusant" ou "à les préparer en avance joyeusement… pour qu’ils ne soient pas largués à la rentrée prochaine". Après tout, il faut bien les occuper pendant de si longues vacances !
Autant de sirènes qui viennent naviguer sur les eaux profondes de nos peurs (légitimes) de parents quant à l’avenir de nos enfants.

Et attention à ne pas masquer les devoirs classiques en pensant leurrer nos enfants ! Assez de faux jeux qui ne sont en fait que des exercices scolaires déguisés. Halte aux visites de châteaux qui se transforment en leçons d’histoire en bonne et due forme, barbantes à souhait pour eux !
Le mot "devoirs", même s’ils sont "de vacances", devrait nous alerter. En tout cas les enfants ne s’y trompent pas. Même s’ils acceptent l’idée de se voir offrir un joli cahier de vacances et que cela peut leur sembler chouette 5 minutes, ledit cahier restera souvent dans la valise. Rares sont les enfants qui adorent en remplir les pages! Or, si notre corps a besoin de repos pendant les vacances, notre cerveau aussi. Et celui de nos enfants n’échappe pas à la règle. D'ailleurs, mettre son cerveau en vacances n’est pas synonyme de paresse mentale.

Alors pourquoi ne pas imaginer une autre manière de faire  travailler notre cerveau et celui de nos enfants pendant l’été ? Pourquoi ne pas développer nos super neurones et leurs incroyables connexions autrement ? Avec notre capacité à observer, à nous émerveiller, à nous poser des questions, autant de super pouvoirs qui ne demandent qu’à se réveiller avec la douceur des vacances et autant de chemins qui viendront nourrir et enrichir la manière dont nos enfants apprennent. Plus facile à dire qu’à faire, direz-vous ? Mais non ! Bien plus simple et plus enchanteur.

Quelques idées ?
- Créer un carnet de vacances dans lequel chacun inscrira des phrases marquantes de la journée et des anecdotes, collera des tickets de cinéma etc.
- Lire des histoires à deux voix allongés au bord de la piscine ou avachis sur un canapé.
- Laisser notre imagination nous porter et inventer des histoires extraordinaires à partir d’un début de phrase ("De l’autre côté de la mer, il y a...").
- Confectionner des gâteaux, découper des toasts ou des légumes, fabriquer des jus de fruits.
Autant d’activités qui font aussi travailler l’écriture, la lecture, les maths… Alors, par pitié, laissons tomber les devoirs de vacances qui nous ennuient autant que nos enfants et rêvons, rions, amusons-nous, vivons des expériences ensemble car, pour se développer, notre cerveau a besoin de se créer des connexions nouvelles et enchanteuses !

L'auteure 
Isabelle Pailleau est psychologue clinicienne du travail et des apprentissages. Avec Audrey Akoun, elle a fondé la Fabrique à Bonheurs et écrit plusieurs livres, dont Apprendre autrement avec la Pédagogie Positive (éd Eyrolles). Plus d'info :  lafabriqueabonheurs.com

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