Santé

Bipolarité: une BD pour mieux comprendre

Publié le 7 décembre 2016
La cyclothymie touche 6% de la population.
La cyclothymie touche 6% de la population.
© Pixabay

Goupil ou Face est une « BD de santé publique ». Le sujet qu'elle aborde est difficile, mais ô combien important à faire connaître : la cyclothymie. Ce trouble bipolaire touche 6% de la population et est encore trop mal diagnostiqué.

Parler de la bipolarité fait peur. Lui donner l'apparence d'un renard la rend-elle plus facile à apprivoiser ? Sous le trait de crayon de Lou Lubie, léger mais décidé, la bipolarité, et plus particulièrement sa tendance cyclothymique, se laisse enfin aborder. Sans faire peur mais sans enjoliver les choses, l'auteur, elle-même diagnostiquée cyclothymique, explique avec sincérité et rigueur en quoi consiste cette maladie.

Parce qu'elle a vécu « sept ans de galère » avant d'être correctement diagnostiquée, et parce que le jour où on lui a dit ce qu'elle avait elle n'a pas compris, Lou Lubie a décidé de rendre la cyclothymie concrète à travers le personnage d'un renard, avec lequel elle doit cohabiter au quotidien. Sous forme de BD, Goupil ou Face mêle autobiographie et document pour informer et faire connaître ce trouble de la personnalité qui peut être handicapant s'il est trop envahissant.

La cyclothymie, un trouble bipolaire exténuant
A la différence des bipolaires de type 1 (personnes passant de la manie à la dépression sévère avec des intervalles libres, autrefois connus sous le nom de maniaco-dépressifs) et de type 2 (personnes passant de l'hypomanie à la dépression avec des intervalles libres), les cyclothymiques passent de  l'hypomanie à la dépression sans intervalles libres, c'est-à-dire sans période de répit. Un rythme exténuant pour la personne, et difficilement compréhensible pour l'entourage, qui ne sait jamais à quelle réaction s'attendre.

La cyclothymie est une expression du tempérament d'une personne, cette part innée de la personnalité principalement héréditaire et liée au fonctionnement du cerveau. On ne peut donc pas en guérir, mais elle peut être plus ou moins forte, s'exprimant à travers une personnalité originale ou devenant envahissante au point de « parasiter chaque aspect de la vie », selon l'hygiène de vie (rythme de sommeil, consommation d'alcool, de drogue, de café, d'antidépresseurs ou encore niveau de stress).

C'est un trouble difficile à diagnostiquer car il se cache souvent sous d'autres maux : 30% des patients souffrant de cyclothymie sont boulimiques, 42% présentent des TOC, 45% une phobie sociale et 64% des troubles anxieux. Si l'on n'y prend pas garde à temps, le petit renard, cette tendance à la cyclothymie qui s'amorce dès l'enfance, peut devenir un grand renard, voire un renard très costaud et hors de contrôle.

La cyclothymie touche 6% de la population. La BD de Lou Lubie est donc un formidable outil pour la faire connaître, tant pour aider ceux qui en sont atteints sans le savoir que pour permettre aux personnes de leur entourage de mieux comprendre ce mal. Il est en effet urgent d'en parler : dans les dépressions cyclothymiques, le risque suicidaire est de 47%. Pourtant, aujourd'hui, il faut encore en moyenne de 10 à 12 ans et 4 à 5 médecins différents avec qu'un trouble bipolaire ne soit nommé.

Goupil ou Face
Lou Lubie
Vraoum éditions
15 euros

Pour aller plus loin : goupil-ou-face.fr
 

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