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La fertilité menacée par les pesticides

Publié le 1 avril 2015
Jennifer Maherou est la chargée de documentation scientifique de l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit plus de 2 500 médecins en France. L'association travaille sur divers sujets tels que la qualité de l’air, l’environnement de l’enfant, la biodiversité ou encore l’alimentation.
© Pixabay

Le chômage qui tue et la fertilité menacée par les pesticides, voilà ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine dans l’actu santé-environnement.

Les spermatozoïdes menacés par les pesticides
Les pesticides sont-ils en train de rendre les spermatozoïdes en voie d’extinction ? C’est en tout cas ce que laisse penser une étude parue cette semaine. Il s’agit de l’une des premières études sur les effets des pesticides dans l’alimentation. Jusque-là, la plupart des études portaient sur les professionnels. Menée sur 338 échantillons de sperme de 155 hommes âgés de 18 à 55 ans ayant consulté un centre de traitement de l'infertilité entre 2007 et 2012, elle a conclu que les hommes qui consomment le plus de fruits et légumes chargés en pesticides ont un nombre de spermatozoïdes inférieur de 49% par rapport aux hommes qui en consomment le moins (86 millions par éjaculat contre 171 millions). Des résultats qui ne sont pas si étonnants puisque les pesticides sont considérés comme perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils interfèrent avec le fonctionnement du système hormonal et induisent, entre autres, des troubles de la reproduction. Cette étude ne doit néanmoins pas décourager à manger des fruits et légumes qui sont indispensables au bon fonctionnement de notre organisme, surtout quand on veut faire un bébé. Privilégiez-les tout de même « bio » pour en tirer tous les avantages, sans les inconvénients…
Le chômage tue plus qu’on ne le pense
Le chômage, qui touche aujourd’hui plus de 10% de la population active en France, entraine des problèmes financiers, sociaux et voire même familiaux. Mais parfois, l’issue peut être encore plus grave, comme vient de le montrer une étude de l’INSERM (Institut Français pour la Santé et la Recherche Médicale). Les chercheurs, qui avaient déjà estimé que le chômage était responsable de 584 suicides entre 2008 et 2010, ont suivi 5 852 volontaires en recherche d'emploi, âgés de 45 à 64 ans entre 1995 et 2007. Et les résultats laissent de marbre : la mortalité est trois fois plus élevée chez les chômeurs que les personnes qui travaillent. Entre 10 000 et 20 000 décès serait attribuables au chômage chaque année. La recherche d’emploi favoriserait la survenue d'accidents cardiovasculaires et de pathologies chroniques. La raison est simple : en moyenne, les chômeurs ont davantage de « comportements à risques » : plus d’alcool, moins de fruits et légumes et un apport calorique plus élevé. Cette étude soulève un enjeu qui n’est pas assez prise en compte : la santé des chômeurs.
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