Interview

Marlène Schiappa: "Quand une femme réussit, cela rejaillit sur toutes les autres"

Publié le 29 novembre 2017
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)
© B. Granier/Matignon

Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, elle multiplie les mesures et les prises de position, s'érigeant en figure de la lutte pour les droits féminins. Invitée de notre Parlement du Féminin le 18 décembre, Marlène Schiappa s'est confiée à FemininBio.

La secrétaire d'Etat chargée de l'égalité Femmes Hommes Marlène Schiappa, s'est confiée dans un long entretien paru dans le tout dernier numéro 14 de FemininBio, dont elle fait la couverture.
Voici un extrait de l'interview.

Que vous évoque le terme "sororité" ?

J’y crois vraiment. C’est peut-être un peu bête ou mystique de penser cela mais je me sens vraiment sœur avec les autres femmes. Par exemple, le "phénomène du dortoir", phénomène de synchronisation des cycles menstruels des femmes vivant sous le même toit (ndlr : effet observé au début des années 1970 par la psychologue Martha K. McClintock, de l'Université d'Harvard, qui a publié ses conclusions dans la revue scientifique Nature), c’est quelque chose que les hommes n’ont pas. C’est un peu magique !

J’ai le joli souvenir d’un voyage au Sénégal, avec l’Unesco, au cours duquel j’ai pu dialoguer, comprendre ce que les femmes – parlant wolof – avaient à me dire. On a parlé accouchement, allaitement, polygamie, avec mots et gestes. On peut toutes créer ce lien.

En a-t-on fini avec les rivalités féminines ?  

"Les hétérosexuelles, elles ont vraiment besoin d'apprendre à s’aimer", a déclaré la romancière Virginie Despentes. J’aime beaucoup cette phrase : nous vivons dans une société où l’on a beaucoup attisé les rivalités féminines – qui n’a jamais pensé "Elle est plus belle que moi" ou "plus mince que moi", ou encore "Elle a plus de succès" ?  Des réflexions profondément négatives qu’il faut arriver à transformer en pensées éminemment positives.

Moi je crois beaucoup à un adage anglo-saxon : "If you shine, I shine", "Si tu brilles, je brille". Pour chaque femme qui réussit, ou brille, cela rejaillit sur toutes les autres.
En face, vous avez des hommes qui ont très bien réussi à constituer des clans.
Ainsi, l’institut Catalyst (ndlr : un cabinet de conseil américain spécialisé dans les questions d’égalité des genres) érige le clanisme parmi les normes masculines du pouvoir.

Les femmes doivent apprendre à faire clan, à être solidaires les unes avec les autres : si nous y parvenons, nous obtiendrons un énorme pouvoir car nous composons 52 % de la population. Si on s’attache à avoir un a priori positif dans nos relations entre femmes, on peut réussir à faire énormément de choses. C'est ce que j'appelle la sororité, et que les hommes peuvent soutenir, car c'est un combat commun à mener ensemble.

Les mouvements et les  réseaux autour des femmes entrepreneuses, ou autour du féminin sacré, ne dialoguent pas beaucoup…

Tout à fait ! Quand j’écrivais pour mon blog Maman travaille, j’avais été marquée par le fait qu’il y avait d’un côté des associations féministes militantes, d'un autre des  asso familiales et encore ailleurs  des asso de dirigeantes. Et il n’y avait rien sur le fait de vouloir être mère et faire carrière à la fois.
C’est une organisation en silos. Les membres de ces structures ne se retrouvaient pas entre elles. Elles exprimaient même de la condescendance les unes envers les autres.

Voilà un sujet dont vous nous parlerez le 18 décembre prochain, lors de la première édition du Parlement du Féminin, sur la scène de l'Opéra-Comique ?

Oui, c’est formidable que ces réseaux et organisations puissent dialoguer lors de grands événements comme ce Parlement, afin de se trouver des combats communs, au-delà des étiquettes.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le magazine N°14, disponible sur notre boutique en ligne et en kiosques dès le mercredi 28 novembre 2017.

Marlène Schiappa intervient sur la scène du premier Parlement du Féminin, à l'Opéra-Comique, le 18 décembre 2017.

Avec le soutien de Generali, Engie, Kering, Opéra comique, Sodexo, TF1 Initiatives, Weleda.

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