Bijoux éthiques

Matcha Paris, les bijoux éthiques et véganes

Publié le 20 juillet 2017
Madame P, fondatrice de Matcha Paris, porte une de ses créations. Avec elle, monsieur Patate.
Madame P, fondatrice de Matcha Paris, porte une de ses créations. Avec elle, monsieur Patate.
© Patox

Après 10 ans dans la communication, Madame P a choisi de changé de vie pour redonner du sens à son travail. Désormais, elle crée des bijoux véganes, inspirés par ses voyages, ses balades et ses recherches... sans oublier une pointe de sérendipité ! Rencontre avec une créatrice engagée.

Après vos études d’art, vous avez travaillé 10 ans dans le monde des agences de communication. Qu’est-ce qui vous a donné envie de tout quitter pour la création de bijoux ?
Mon métier de base, créative en publicité, est difficile car il y a un nombre infini de personnes impliquées sur les projets et la création de base est dénaturée à chaque étape de validation. Après dix ans passés à faire des compromis et à voir mon travail systématiquement remis en question, j’avais vraiment envie de donner libre cours à ma créativité en proposant ma vision esthétique sous forme de produits finis.
Parallèlement en tant que consommatrice, je suis de plus en plus concernée par les produits que j’achète, et donc en tant que publicitaire, ça me posait un soucis d’aider à vendre certains produits dangereux pour la santé du consommateur comme pour l’environnement. Ethiquement, je n’étais plus en phase avec mon métier, j’avais envie de vendre un produit auquel je crois.

Les bijoux et vous, c’est une histoire d’amour ?
Si je vous montrais ma boîte à bijoux, la réponse ne se ferait pas attendre ! Oui, j’adore ça. Je trouve que c’est un art merveilleux, miroir des différentes époques et savoirs-faire que l’homme a su développer. Et maintenant que je suis créatrice, je suis toujours flattée quand j’ai une nouvelle cliente, je trouve ça extraordinaire de voir mes pièces prendre vie sur les femmes, qu’elles me fassent confiance pour les rendre encore plus belles !

Vous avez choisi de travailler une matière végétale originale...
Je suis convaincue qu'il est urgent de démocratiser les alternatives au cuir animal. Je voulais créer une marque qui fait partie de la solution…Et pas du problème. Après quelques recherches j’ai découvert cette matière végétale, produite à partir d’écorces d’arbres décortiquées (l’arbre n’a pas besoin d’être coupé) issus de forêts européennes gérées durablement. Lors du procédé, l’arbre libère 30% d’oxygène en plus.
 Les alternatives au cuir animal se multiplient et ce n’est pas un second choix. J’espère en faire connaître au moins une avec Matcha Paris.


Quelques créations de Madame P pour Matcha Paris, déclinaisons Art Déco, à partir de 25 euros la paire

Vos bijoux sont géométriques et modernes, quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je fais des cahiers de tendances grâce a des images que j’ai collecté un peu partout : sur internet, dans les livres d’Histoire de l’Art, d’Architecture, dans la rue : les détails d’une balustrade, un motif de tapisserie dans un bar, un vitrail dans une église… En voyage, je passe un temps fou à observer dans les bijouteries quelles types de formes sont utilisées. Ensuite, je passe à la phase création, je synthétise un peu tout cela… Et la magie opère !

Qu’apportent les bijoux à la féminité ?
Pour moi le bijou amène du style à une tenue, du caractère. Personnellement j’ai du mal à sortir sans bijoux…Je me sens nue.

Pourquoi avoir choisi de proposer des produits véganes ?
Un jour, après avoir vu le documentaire “Cowspiracy”, j’ai pris conscience de l’ampleur du désastre écologique qu’implique l’élevage de bétail. Il représente à lui-seul 18% des émissions de CO2 au niveau mondial (c’est plus que l’industrie mondiale des transports avions-bateaux-voitures confondus), c’est la première cause de déforestation et, de fait, d’extinction des espèces (110 variétés de plantes, animaux et insectes disparaissent tous les jours) car il faut de l’espace pour cultiver les céréales pour nourrir le bétail, et aujourd’hui nous le prenons sur la forêt au Brésil et en Indonésie. C’est également la première cause de pollution des océans et de ces zones appelées en anglais “dead zones” où plus rien ne vit à cause du manque d’oxygène.
En outre, 80% du cuir produit mondialement provient de pays qui utilisent encore le chrome dans les tanneries, une autre catastrophe pour l’environnement (il part souvent tel quel dans les rivières) et pour les travailleurs au contact d’une matière si toxique. D’autre part, j’ai vu les vidéos dénonçant les conditions de transport et d’abattage de nos bêtes réalisées par L214. J’ai eu le cœur brisé.

Pour aller plus loin : Matcha Paris

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