Santé

Ikigai, haïku, shinrin-yoku: on s'inspire de la sagesse du Japon

Publié le 16 novembre 2017
Karima Peyronie est journaliste.

Il existe sur l'archipel nippon des méthodes de développement personnel qui apprennent à lire la vie différemment. Tour d’horizon des plus appliquées.

L’ikigai, trouver le sens de sa vie

Comme le disait Nietzsche, "celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec presque n’importe quel comment". C’est un peu la traduction occidentale de l'ikigai : le sens de la vie. Certains l’ont trouvé et ont conscience de leur ikigai, d’autres le portent en eux mais le cherchent encore. Selon le journaliste Hector Garcia, qui a étudié la question auprès des centenaires du village d’Okinawa : "Posséder un ikigai clair et précis, une grande passion, apporte satisfaction, bonheur et sens à la vie […] pour une santé durable du corps et de l’esprit."
L’exploration de cet Ikigai caché est le fruit d’un travail minutieux et patient qui résulte d’un cercle vertueux entre ce que l’on aime, notre rapport au monde, nos besoins et notre travail. D’ailleurs, les Japonais ne connaissent pas réellement la notion de "retraite" puisqu’ils restent toujours très actifs, jouissant de leur ikigai jusqu’à leur dernier souffle.

Le haïku, l’esthétique de la poésie

On connaît le sens esthétique des Japonais qui s'exprime jusque dans chaque détail du quotidien. Pour souligner la beauté et la fraîcheur des petites choses, des plus triviales (se laver) aux plus poétiques (un coucher de soleil), il existe un art né au XVIIe siècle, le haïku, un court poème basé sur l’observation. "En lire invite à se rappeler tout ce qui fait 'le sel' de la vie ; en écrire permet de constituer peu à peu son livret personnel des meilleurs moments… à jamais perdus", nous disent Bashô, Issa et Shiki dans L’Art du Haïku, pour une philosophie de l’instant.
Il s’agit de prendre le temps de contempler et de distinguer la brièveté de chaque élément ou sensation, qu’ils soient négatifs ou positifs, comme une offrande du jour. Cette pleine conscience se décrit en 17 syllabes, sans artifice, métaphore ni explication. En voici un exemple :

Le rossignol !
Mes mains au-dessus de l’évier
S’interrompent

Un art particulièrement adapté à la candeur des enfants, comme le recommande Isabel Asùnsolo, animatrice d’ateliers d’écriture de haïkus et auteure de La magie du haïku à partager avec vos enfants (Leduc.s éditions) : "L’enfant qui a su affûter son regard pour observer le monde possède le meilleur des bagages pour la vie. Tout le reste, ce qu’il va devoir acquérir à l’école et ailleurs, ne sera plus insurmontable."
Et nul besoin d’être agrégée de littérature pour s’initier à cet art !

A lire sur FemininBio : quelques livres pour plonger dans la culture japonaise

Le shinrin-yoku, la reconnexion à la nature

Communément traduit par "bain de forêt", le shinrin-yoku consiste à se reconnecter à la nature grâce à une immersion totale en forêt. Cette pratique, reconnue au Japon depuis les années 1980, a fait l’objet d’études scientifiques très sérieuses qui attestent que des promenades en forêt récurrentes permettraient de "baisser le taux de cortisol – responsable du stress – et la pression sanguine, de régler les problèmes d’arythmies cardiaques, d’améliorer le sommeil et le système immunitaire", notamment grâce aux phytoncides, des molécules produites par les arbres, comme le rappelle sur son site Ben "Crow" Page, un guide spécialisé en Californie.
Le phénomène s’étend bien au-delà de la péninsule nippone, et des médecins du monde entier tentent même d’ériger cette pratique en thérapie pour certaines maladies. La nature n’a résolument pas fini de nous livrer tous ses secrets…

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