Développement personnel

Etre attentif à la beauté qui nous entoure, une clé pour notre bien-être

Publié le 20 mai 2017
Elisabeth Grimaud nous invite à rechercher le beau dans notre quotidien.
Elisabeth Grimaud nous invite à rechercher le beau dans notre quotidien.
© Astrid di Crollalanza/Marabout

Et si l'on était attentif au beau ? C'est l'invitation que nous lance Elisabeth Grimaud à travers son livre Beau Bien Bon : le beau est partout autour de nous si on sait le chercher et nous y avons tous accès. A nous de comprendre les messages qu'il transmet et ce qu'il révèle de notre personnalité.

Comment définiriez-vous le beau ? Est-ce possible d’être objectif sur ce sujet ?
Je définirais le beau comme une forme de résonnance, entre soi et ce que l’on observe. Ce que l’on trouve beau nous touche, nous émeut, parle à ce que l’on est, parle à notre histoire. Dans l’antiquité, le beau était imposé. On disait qu’il émanait de l’objet lui-même. Il devait correspondre à certains critères. Il y avait une forme d’objectivité, mais elle était forcée. On apprenait à trouver belle une statue parce qu’elle correspondait à ces critères. Depuis le philosophe Emmanuel Kant, nous sommes beaucoup libres. La beau est devenu subjectif. Chacun peut décider de ce qui est beau ou ne l’est pas car, selon lui, le beau ne vient pas de l’objet, mais vient de celui qui le regarde. Dans le livre, je propose d’étendre la définition du beau à d’autres sources que l’art. Selon moi, le beau est multiforme. Il peut émaner d’une fleur, un paysage, un acte de bravoure ou même le fait d’avoir trouvé une solution à un problème. J’invite chacun à trouver ce qui éveille la notion de beau chez lui.

Dans votre livre, vous insistez sur la place à accorder au « beau » dans notre vie. Pourquoi est-ce important pour notre bien-être psychique ?
Lorsque l’on perçoit le beau, nous éprouvons une forme de bien-être. Le beau un cadeau pour le cerveau. Il active le circuit de la récompense. Cela engendre la sécrétion de dopamine. C’est elle qui est à l’origine de notre sensation de bien-être. Lorsqu’elle est sécrétée, la dopamine nous dope, elle nous met en joie. Elle nous éveille et favorise la créativité. Elle nous met en mode « positif ». Ainsi, lorsque vous avez une baisse de régime, si vous êtes sensible au beau de l’art, n’hésitez pas à aller faire un petit tour à une expo ou dans un musée. Cela peut suffire à vous ré-énergiser.

Sommes-nous tous égaux face à l’accès à l’art et au beau ? Est-ce quelque chose auquel on peut s’ouvrir à tout âge si on n’a pas eu la chance d’être initié jeune ?
A priori, nous sommes tous égaux à la naissance. Le cerveau offre à peu près le même potentiel à tous. L’environnement va beaucoup influencer notre ouverture au beau durant l’enfance. Plus on éduque le cerveau au beau, mieux il sait le voir, plus on devient sensible au beau. Mais rien n’est perdu à l’âge adulte. Nous savons aujourd’hui que le cerveau reste assez malléable toute la vie. Il est possible de s’initier au beau à tout âge.

Comment aborder une œuvre d’art pour s’ouvrir au beau ?
Il y a deux façons de s’ouvrir au beau. On peut tout d’abord laisser le beau nous saisir. Rechercher « le chemin direct vers l’émotion pure », comme le dit mon amie Alexandra Mas, une artiste plasticienne. Le beau nous happe. On ne sait pas bien pourquoi. Il résonne avec une partie de nous-même, une partie de notre histoire peut-être. On peut également apprendre à voir le beau par la connaissance. C’est ce que proposent les guides conférenciers. Ils nous apportent un peu de savoir sur l’œuvre, le contexte historique ou artistique pour nous permettre d’accéder à l’originalité de l’œuvre, à ce qui la rend unique et belle. Nous avons développé avec quelques guides conférenciers diplômés des visites « beau bien bon ». Ce sont des visites plaisir où la connaissance se met au service de la beauté. Elles sont disponibles sur le site www.beaubienbon.com.

Dans votre livre, vous dites que le laid peut être beau si on le dépasse pour s’intéresser au message qu’il transmet. Ce n’est pas évident comme approche…
Oui ! Cela m’est arrivé avec les assiettes des frères Patella. Elles affichent en leur centre des choses répugnantes comme un mégot, un insecte mort dans une purée de légumes. Tout ce qu’on n’a pas envie de trouver dans une assiette. Le dégoût est la première émotion qui apparaît. Jusqu’à ce que le message de l’artiste soit compris. Ces assiettes racontent une histoire. Elles portent les traces de ce qui s’est passé à la fin du repas. A nous de l’imaginer, de la reconstituer. L’idée est géniale. On retrouve alors le côté multiforme du beau. L’assiette en elle-même est toujours laide. Le beau réside ailleurs, dans l’idée et l’originalité de l’œuvre.

Vous dites que l’accès à la culture et à l’art a des effets positifs sur l’estime de soi. Pouvez-vous nous éclairer sur ce lien inattendu ?
Oui, c’est ce que nous a montré les résultat d’une étude scientifique que j’ai menée sur les effets d’un programme d’entrainement cérébral par les activités de loisirs. Parmi les activités proposées à un public senior, il y avait une visite de musée. Les résultats de ce programme ont mis en évidence une amélioration de la mémoire. Cela était attendu car c’est un bénéfice direct de l’entrainement que nous avons proposé. Mais de manière plus surprenante, les résultats de l’étude ont aussi révéléune augmentation de l’estime de soi. Ce qui suggère un impact positif des activités proposées sur le domaine psycho-affectif. Cela a aussi été constaté chez un public de demandeurs d’emploi de longue durée. Certains ont retrouvé un travail à la sortie du programme. Il semble que l’augmentation de l’estime de soi y ait contribué.

Dans quelle mesure le beau permet-il de créer du lien entre les personnes ?
Le beau crée du lien par la joie qu’il procure. On a envie de la partager. Il arrive souvent à des personnes qui ne se connaissent pas de commencer à discuter ensemble autourd’une œuvre d’art au musée. C’est la beauté de l’œuvre qui les a rassemblées. Chacun commente son impression de beau ou de laid. C’est d’ailleurs ce qui est génial dans le beau, il se commente et s’argumente, sans que personne ne détienne la vérité. On peut éveiller l’autre à ce qui résonne entre soi et l’œuvre. On parle un peu de soi quand on parle de ce que l’on trouve beau. L’autre fera la même chose et vous amènera à le découvrir un peu à travers ce qu’il dit de son beau. Quand on est d’accord on se rapproche et dans tous les cas on se parle. On crée du lien.

Dans votre livre, vous liez le beau, le bien et le bon. En quoi ces trois piliers enrichissent notre vie ?
Le beau fait appel à ce qui éveille et réjouit nos sens. Le bien, c’est l’application et l’implication dans ce que l’on fait. Le bon, c’est ce qui nous relie aux autres. Ces trois dimensions sont de puissants leviers de bien-être au quotidien. De la même manière que le beau va ajouter un peu de joie et de plaisir à notre journée, le bien va apporter la satisfaction du travail bien fait ou celle d’être pleinement en phase avec soi-même. Le bon lui, nous relie aux autres. Il apporte le lien dont tout le monde a besoin. Etre ouvert à la beauté autour de soi. Être en phase avec soi-même et prendre le temps de bien faire. Vivre ensemble et se relier aux autres. Le beau, le bien, le bon sont trois mots simples. Quand ils s’expriment au quotidien, ils révèlent une richesse infinie, accessible à tous et source d’un bien-être profond et authentique. Dans le livre, je propose à chacun de partir à la découverte du beau, du bien et du bon qui lui est propre. Ce sont des ressources précieuses pour dépasser les moments difficiles et vivre pleinement les moments de joie que la vie nous offre tous les jours.

Elisabeth Grimaud est l'auteur du livre Beau Bien Bon, paru aux éditions Marabout. Pour aller plus loin, retrouvez-la sur son site www.beaubienbon.com.

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