Planète

L'Homme responsable de la menace de sixième extinction de masse des espèces ?

Publié le 8 mai 2019 - Mis à jour le 9 mai 2019
"Les enfants nés au cours des 20 dernières années ont grandi avec ces données et ne les considèrent pas comme particulièrement inhabituelles". Elizabeth Kolbert
"Les enfants nés au cours des 20 dernières années ont grandi avec ces données et ne les considèrent pas comme particulièrement inhabituelles". Elizabeth Kolbert
© Zachary Spears

Un million d'espèces pourrait disparaître de la surface de la Terre, selon un rapport publié par l'ONU ce 6 mai 2019. Et si notre planète a déjà connu 5 phases d'extinction de masse, c'est la première fois que celle qui menace notre biodiversité est causée par l'une d'entre elle : l'humain.

À en croire les experts, la sixième vague d'extinction de masse des espèces à déjà commencé, et elle sera bien pire que les précédentes. En cause notamment ? Le rythme alarmant de disparition de la biodiversité. 

Que signifie une "extinction de masse" ?

Quand on évoque une "extinction", on pense tout de suite aux dinosaures. Effectivement, il s'agit des victimes les plus célèbres de ce phénomène. Ceux-ci ont disparu lors de la 5ème vague d'extinction, la plus proche de nous dans le temps. Et c'était il y a 66 millions d'années ! Saviez-vous que la plus importante de ces vagues de disparition d'espèces était la troisième ? Un moment où 75% des espèces terrestres et 96% des espèces marines se sont éteintes.

Habituellement, ces extinctions sont dues à des changements climatiques important : éruptions volcaniques, changements brusques de températures, météorites etc. Cette fois-ci, le rapport de l'ONU pointe la responsabilité humaine. Fertilisants agricoles chimiques, chasse et pêche intensives, déforestation, monoculture ou encore introduction d'espèces invasives... la liste de l'exploitation abusive de la planète par l'Homme est longue.

En 2013, le magazine Science Advances publiait une étude expliquant que le nombre d'espèces qui disparaîtraient pendant cette sixième vague serait cent fois plus élevé que lors des vagues précédentes. Des chercheurs publiés dans le magazine Proceedings of the National Academy of Sciences utilisent les termes d' "anéantissement biologique". 

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Des chiffres accablants

Les scientifiques font un constat alarmant : l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a dressé une liste rouge des espèces: 1000 espèces connues de l'Homme se sont déjà éteintes et 26 500 sont actuellement menacées, soit 1/4 des espèces connues. En 2015, un conseil pluridisciplinaire français statuait que 7% de la biodiversité terrestre a disparu. 

Par ailleurs, le site Notre Planète  à l'initiative de WWF, explique que d'ici à 2050, 25 à 50% des espèces auront disparu. Elizabeth Kolbert, journaliste américaine et lauréate du prix Pulitzer pour son livre "La 6ème extinction: comment l'Homme détruit la vie", expliquait dans une interview donnée à National Geographic que les dommages causés, même s'ils peuvent prendre des milliers d'années à se réaliser, nécessiteront des millions d'années de réparation. L'Homme pourrait donc ne jamais voir ses dégâts réparés. 

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Peut-on encore inverser la tendance ? 

Elizabeth Kolbert explique toujours pour National Geographic : "Les enfants nés au cours des 20 dernières années ont grandi avec ces données et ne les considèrent pas comme particulièrement inhabituelles". Ce n'est pas pour autant que l'éveil des consciences n'a pas lieu. Depuis plusieurs mois maintenant, sous l'impulsion de Greta Thunberg, la jeune suédoise de 16 ans qui fait grève tous les vendredis devant le parlement suédois, les jeunes se mobilisent et font grève dans les rues des grandes villes du monde entier. 

Des solutions évidentes sont exposées par la journaliste telles que l'arrêt de l'utilisation de fertilisants chimiques en agriculture qui, une fois dans les océans, crées des "zones mortes" où ni faune ni flore ne se développe. Elle parle également de cesser la surconsommation au sens large : fin de la surpêche et de la chasse intensive de même que l'agriculture de masse qui détruit l'habitat naturel de beaucoup d'espèces. 

Elle ajoute même que les espèces principalement touchées par cette extinction sont des vertébrés. L'Homme est un vertébré. Elle précise que l'Homme a déjà prouvé sa résistance par le passé, mais qu'à la question "Va t-on survivre cette fois-ci", personne ne souhaite connaître la réponse...

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