Féminité

"La puissance du féminin" : Camille Sfez nous parle de notre féminitude

Publié le 6 mars 2018 - Mis à jour le 11 juin 2018
Étudiante en journalisme, je suis animée par l'envie d'en apprendre plus sur l'être humain, la planète qu'il habite et les alternatives qui lui sont proposées afin de vivre en toute âme et conscience.
Trouver sa nature profonde de femme pour être épanouie
Trouver sa nature profonde de femme pour être épanouie
© DR

Auteure de La puissance du féminin, son livre suit une femme à travers les âges et nous aide à apprécier les différentes étapes de la vie. Camille Sfez partage ici des clés pour gérer sa féminité au quotidien.

Pourquoi est-il important de parler de la puissance du féminin de nos jours ?
Aujourd'hui l'enjeu, c'est de requestionner ce qu'exprime cette puissance. Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, il est nécessaire afin de retrouver notre liberté et notre indépendance pour être en contact avec qui nous sommes profondément, avec notre vulnérabilité, ce qui nous touche, nos besoins... Il y a un chemin à faire pour sortir de l'opposition et cesser de penser "Il faut être une amazone pour être comme un homme et donc réussir". Trop souvent, on pense qu'il faut faire les choses dans la lutte et sans s'écouter, l'urgence est d'apprendre à être autrement, plus en lien avec son intériorité.

Comment une femme active peut-elle trouver le temps de renouer avec ses forces profondes ?
Il faut savoir se donner du temps. Les Amérindiens expriment cela en rentrant dans une sorte d'immobilité silencieuse. Le silence intérieur permet d'être en contact avec son féminin. C'est à chacun et chacune d'entre nous de se créer des moments dans nos vies pour s'arrêter et rechercher la tranquilité intérieure. Lorsque l'on est une femme aux multiples casquettes – mère, épouse, amie, salariée... - nous avons véritablement besoin d'installer de tels moments dans notre vie. Les rituels, les cercles de parole sont des occasions de s'offrir du temps pour soi, durant lequel on va justement tisser ce lien profond.

Auriez-vous des astuces à partager pour aider nos lectrices à se réconcilier avec les multiples facettes de leur féminité ?
En tant que femme, nous avons la chance d'être cyclique. Notre corps nous rappelle que si nous ne prenons pas du repos, si on ne ralentit pas, nous allons être irritables. Prenons conscience que pendant trois jours, au moment de nos règles, nous passons par des ascenseurs émotionnels. Il est temps de se poser la question "Qu'est-ce que je peux faire pour me donner autant de douceur que possible ?". Cela peut passer par des petites choses, ralentir, ne pas faire de lessive, ne pas répondre à un mail important…

Pour moi, c'est aussi avoir un espace chez soi, où l'on va pouvoir s'asseoir, se poser et où l'on sait que l'on ne va pas être dérangée. Et c'est aussi prendre le temps, quotidiennement ou plusieurs fois dans la semaine de respirer et de se demander "Qu'est-ce que j'ai vécu aujourd'hui ?", "Qu'est-ce qui a été important pour moi ?", "Qu'est-ce que j'ai envie qui soit différent demain ?". C'est l'occasion de laisser venir nos rêves, nos visions, nos envies… C'est un outil très intéressant.

Pourquoi le passage à la ménopause affecte tant les femmes et comment le vivre plus sereinement ?
Je n'ai pas encore vécu cette étape de vie, mais j'aime beaucoup la vision de la tradition amérindienne, qui relie la ménopause et la notion de sagesse. Les femmes ne perdent pas quelque chose, elles ont accès plutôt à une autre conscience, à une autre place dans la société. Ainsi, elles peuvent vraiment faire le deuil de cette fertilité extérieure pour se connecter à leur créativité d'une autre manière. Elles sont invitées à créer des choses dans le monde pour les autres, dans cette place de grand-mère, de passeuse.

A l'époque où les réseaux sociaux et les photos de corps parfaits règnent sur le net, comment apprendre à faire la paix avec son corps de femme ?
C'est un gros enjeu, certainement l'une des plus grandes difficultés. Pour moi, ça passe par la douceur : c'est difficile, mais dans l'idéal il faudrait réussir à ne plus se comparer avec les autres. La comparaison, c'est quelque chose qui est tellement ancré chez nous que c'est difficile de lutter contre. A la place, on peut porter son attention sur ce que l'on peut valoriser chez nous et tout le bon qu'on peut se donner. En étant dans l'auto-bienveillance, dans la douceur et le respect du corps, dans cette écoute, on va moins se comparer et ré-équilibrer notre regard sur nous-même.

La puissance du féminin
Camille Sfez
Éditions Leduc
18 euros

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