Fashion Revolution Week

"Porter de l'éthique, c'est respecter son corps", Majdouline Sbaï, sociologue

Publié le 17 avril 2020
Sociologue spécialisée en environnement, Majdouline Sbai a cofondé l’université populaire & citoyenne de Roubaix, qui mène des actions d’éducation auprès d’un public non académique. Membre du collectif Éthique sur l’étiquette (ethique-sur-etiquette.org), elle participe à l’émergence d’initiatives de transition écologique et sociale dans les Hauts-de-France et à l’international. Elle est l'auteure de "Une mode éthique est-elle possible ?", paru aux éditions Rue de l'échiquier.
"Renouveler ce que nous portons, c'est choisir des matières recyclées, recyclables, de seconde-main, des vêtements vraiment durables."
"Renouveler ce que nous portons, c'est choisir des matières recyclées, recyclables, de seconde-main, des vêtements vraiment durables."
© Majdouline Sbai

Malgré l'interdiction de rassemblements afin de limiter la propagation du Covid-19, la Fashion Revolution Week se tiendra tout de même du 20 au 26 avril 2020 sur les réseaux sociaux. A cette occasion, nous vous proposons de découvrir la chronique de notre experte en mode éthique Majdouline Sbaï, qui nous invite, en ces temps propices à la réflexion, à repenser notre manière de consommer.

Cet article a été publié dans le magazine FemininBio #27 février 2020 - mars 2020

>> Pour retrouver la liste des points de vente, c'est ici

 

 

De toute part, dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les discussions que nous avons avec nos collègues, notre famille, nos amis, l'urgence écologique est présente. Avec son lot d'interrogations, de sentiment de culpabilité ou d'envie de changement. Nous sommes acculés par cette angoisse : est-ce que nous sommes vraiment en danger ? Est-ce que tout va s'effondrer ?

Je n'ai pas la réponse. Mais je pense comme beaucoup que nous sommes en train de détruire les conditions élémentaires qui rendent la vie humaine possible sur notre planète. Cette analyse dépasse notre entendement et peut nous tétaniser. Ou nous pousser au renouveau. Le renouveau peut passer par ce choix conscient d'une alimentation biologique et locale, de modes de déplacement doux sans pétrole, etc.

Ces vêtements émettent plus de gaz à effet de serre que les transports aériens et maritimes

Ce renouveau doit concerner aussi ce nous choisissons de "porter". Les vêtements recouvrent 80 % de notre peau depuis notre naissance. Ces vêtements, pour être produits, émettent plus de gaz à effet de serre que les transports aériens et maritimes, absorbent 25 % des pesticides du monde, utilisent des quantités d'eau considérables (7 500 litres pour un jean).

>> A lire sur FemininBio 3 (mauvaises) raisons de ne pas passer à la slow fashion

Renouveler ce que nous portons, c'est choisir des matières recyclées, recyclables, de seconde-main, des vêtements vraiment durables. Faire ces choix nous accompagne pour prendre davantage soin de nous, de l'humain et de notre planète, ce qu'il y a de plus précieux.

Parce que je suis dans la conscience de cette "préciosité", je choisis en conscience la manière dont mon corps est "orné", protégé des intempéries, et la façon dont je me présente aux autres. C'est justement ces petits actes conscients, quotidiens, qui transforment le désir de changer en habitude de bien faire, l'angoisse en aspiration au renouveau.

> Pour en savoir plus sur la Fashion Revolution Week 2020, rendez-vous sur leur page Facebook.

 

Son livre

Sociologue spécialisée dans l'environnement, organisatrice des fashion green days et auteure de Une mode éthique est-elle possible ?, paru aux éditions Rue de l'échiquier en 2018. 

 

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