Femme engagée

Les Miss Terriennes : Clémentine Mossé, l’optimiste superactive

Publié le 16 novembre 2018 - Mis à jour le 19 novembre 2018
Cofondatrice de la chronique Miss Terriennes, Léa Garson est photographe, rédactrice et en création d’entreprise. Diplômée en communication, science politique et droit de l’environnement, elle rêve d’un monde rempli de paix et de houmous.
Je suis consciente des enjeux actuels sociétaux et environnementaux mais je reste profondément optimiste.
Je suis consciente des enjeux actuels sociétaux et environnementaux mais je reste profondément optimiste.
© Clémentine Mossé

Clémentine Mossé a participé à La Miss Bio 2017 et a gagné la 3ème place du concours. « J’ai créé l’association The Greener Good pour rassembler les éco-acteurs autour d’un événement : le festival Everyday Heroes, afin de sensibiliser le public et d’échanger des idées ! ». Où en est Clémentine ? Quels projets engagés a-t-elle réalisé ?

Démarrer les portraits inspirants des Miss Terriennes avec l’interview de Clémentine c’est un peu comme commencer sa journée avec un grand verre de jus (bio, bien sûr) frais, coloré et multivitaminé. Ça donne tout de suite la pêche (sans vouloir faire de jeux de mots fruités) ! Clémentine, pétillante, me raconte comment elle a mis du « vert » dans tous les aspects de sa vie…

Je suis une green addict...

Je mène plusieurs projets engagés en parallèle. Je suis consciente des enjeux actuels sociétaux et environnementaux mais je reste profondément optimiste. J’aime beaucoup transmettre et favoriser les rencontres, les échanges, car je suis convaincue qu’ensemble on peut faire bouger les lignes ! On est capable de construire une société respectueuse de la biodiversité et qui permette, en même temps, d’offrir un cadre d’épanouissement aux humains.
J’ai amené les paniers bio au sein de mon école d’ingénieurs !

Je suis sensible à ces questions depuis une douzaine d’années.

Déjà au lycée, avec ma meilleure amie, on passait des commandes de produits bio en ligne, car il y avait encore peu de boutiques physiques. Puis, lorsque j’ai intégré mon école d’ingénieurs l’école Centrale  Marseille, je me suis investie dans une asso étudiante afin de mettre en place un système de paniers bio au sein de l’école. Je participais aussi à l’organisation du forum de rencontre avec les entreprises, et faisais partie de l’association qui accueillait les étudiants étrangers. J’aimais déjà beaucoup le monde associatif pour participer à l’évolution, au changement. Ce qui m’animait le plus c’était de sensibiliser les personnes aux enjeux environnementaux, et j’adorais l’idée de faire un mix entre l’événementiel et l’écologie.

Puis j’ai créé mon association The Greener Good

Au cours de ma transition écologique personnelle, je me rappelle avoir été très marquée par le livre « Zéro déchet » de Béa Johnson ou encore par des vidéos dénonçant les impacts de la mode… En fin de compte, je trouvais surtout beaucoup d’inspiration sur internet, notamment sur les blogs. J’ai réalisé que plein de gens en France partageaient ces valeurs et souhaitaient les transmettre ;  ils étaient un peu disséminés à droite à gauche dans le pays et j’avais envie de les rencontrer dans ma ville, à Lyon. Je me suis dit que je pourrais lancer un appel afin de les regrouper autour d’un évènement, de montrer qu’on était plusieurs à s’engager pour ces causes, qu’il y avait tout un mouvement ! C’est comme ça qu’est née l’association.

J’ai organisé le premier meet-up trois mois après.

Tout est parti d’un mail... J’ai ciblé les personnes qui m’inspiraient, principalement des blogueuses. Je n’avais jamais interagi avec elles avant mais j’ai décidé de leur écrire pour leur parler de mon idée de créer un événement. J’ai reçu une majorité de réponses positives ! Encore mieux, chaque personne qui acceptait de venir m’en suggérait une autre et, de bouche à oreille, une belle poignée d’acteurs était mobilisée.

Le concours La Miss Bio m’a permis de financer une partie des événements de l’asso

Ce premier rassemblement a suscité beaucoup d’engouement, si bien que juste après, une équipe de bénévoles s’est constituée. Ensemble, on a relancé le même événement sous le nom Festival Everyday Heroes à Paris en juillet 2017, puis de nouveau à Lyon en octobre 2017, tout en menant une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank, et en organisant un appel à projets engagés « Le Trophée des jeunes pousses ». Cette même année, j’ai participé au concours de la Miss Bio en représentant mon association et suis arrivée à la troisième place ; ça m’a permis de financer une partie des événements ! Bref, ce fut une période vraiment intense ! Puis, on a remis le couvert avec l’édition 2018 du festival à Lyon, en septembre dernier. Notre dernière nouveauté : une carte interactive des adresses vertes à Lyon : The Greener Guide.

Chaque jour, j’essaye d’amener un peu d’écologie à mon environnement de travail

Je travaille dans un bureau d’étude qui s’occupe des transports : mon métier consiste à concevoir des carrefours à feux tricolores afin de gérer au mieux la circulation et de faire fonctionner les transports en commun de manière optimale, et donc de réduire notre empreinte environnementale. Au-delà de ça, j’essaye de faire de petites choses en plus au sein de l’entreprise, comme mettre en place le tri sélectif, demander d’utiliser du papier recyclé, éteindre mon écran d’ordinateur tous les soirs… en fait, j’essaye d’appliquer mes valeurs au bureau et d’inspirer mes collègues. Par exemple,  quand on fait des apéros, je ramène mon éco-cup plutôt que d’utiliser un gobelet en plastique. Mes collègues l’ont remarqué et désormais on est une majorité à apporter chacun son éco-cup. Je suis aussi très heureuse qu’ils viennent aux évènements de mon association.

Le plus difficile dans l’engagement ? Renoncer à certains aspects de sa vie pour diminuer son impact

Dans mon évolution personnelle, le regard des autres, mais aussi la difficulté à  trouver les informations sur les façons d’agir, de mettre en pratique mes idées. Également, renoncer à certaines choses comme voyager aux quatre coins du monde, parce que ce n’est peut-être pas la meilleure idée écologiquement parlant. Pour ma part, j’ai vraiment remis en question tous les aspects de ma vie afin de diminuer mon impact environnemental. Après, on ne peut pas non plus faire de sans faute : l’an dernier j’ai pris l’avion pour aller à trois endroits différents. Je me suis rendue compte après coup de l'impact environnemental de ces voyages, et ai maintenant décidé de m'orienter vers des destinations plus proches.

Mes 3 éco-gestes au quotidien sont...

En première position, je dirais que j’utilise des lingettes démaquillantes lavables, afin de mettre en pratique la démarche « Zéro déchet » à laquelle j’aspire vraiment. Ensuite, je mange principalement des produits bio, locaux, de saison et du fait-maison. Pour terminer, je composte mes déchets organiques ! Et puis allez, j’en rajoute un quatrième en bonus : je me déplace le plus possible de façon active : à pied ou vélo.

Je souhaite plus que tout continuer à sensibiliser aux questions environnementales 

J’aimerais beaucoup que mon initiative soit essaimée dans d’autres villes, pouvoir porter le message de plus en plus haut, avec de plus en plus d’impact. J’aimerais également me consacrer à différentes actions, comme donner des cours. En somme, je voudrais combiner plusieurs activités contribuant chacune à développer mon rêve de sensibiliser le plus de gens possible aux questions environnementales.

Les femmes qui m’inspirent sont celles de mon quotidien

En fait, ce sont surtout des personnes que je côtoie tous les jours par l’association, qui montent des projets incroyables avec leurs convictions. Je pense à des entrepreneures comme Nelly qui a créé sa marque de petits pots pour bébés « Mon bébé bio et moi » et gère l’entreprise tout en étant mère de famille. Il y a aussi Laure, qui réalise son service civique dans notre association et qui, à 22 ans, lance « Alory », sa marque de mode éthique et zéro déchet. Durant le dernier festival, j’ai été très inspirée par les femmes qui ont animé la table ronde sur l’écologie au féminin : Lenie de la chaîne YouTube « Professeur Feuillage », la youtubeuse Ilia Renon, Carolina de la chaîne « La Carologie » ou encore Marie de « Enjoy Phoenix ». Je pense aussi à Laetitia, la fondatrice de la marque Lamazuna, qui a un parcours incroyable. En fait, je suis très inspirée par les femmes menant des projets d’entrepreneuriat qui ont du sens.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, ils l’ont fait » Mark Twain, c’est ma devise !

On ne connaît pas ses propres limites… si vous avez envie de vous lancer, allez-y ! Sans forcément tout plaquer, moi je n’ai pas quitté mon boulot, mon compte bancaire ne dépendait pas de la réussite de mon projet. Il faut juste tester ses idées, et si ça ne marche pas, on testera autre chose. Se faire confiance c’est très important, il faut se dire que ça peut marcher.

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