Résilience

La métanoïa : cette faculté de notre esprit à renaître après une épreuve difficile

Publié le 11 janvier 2019
Nathalie WEGRIA est devenue naturopathe en 2014, suite à une prise de conscience majeure. Elle est convaincue de l'impact que l'hygiène de vie et la gestion des émotions peuvent avoir sur la santé. Passionnée par les huiles essentielles et la cuisine saine, en plus de ses consultations et accompagnements personnalisés, elle organise des ateliers, des conférences, et des séjours de ressourcement.
"Dans cette démarche, où nous sommes renvoyés à nous-mêmes, va naître un discernement (une lucidité) sur notre réalité intérieure, permettant de se désidentifier et ainsi de se libérer."
"Dans cette démarche, où nous sommes renvoyés à nous-mêmes, va naître un discernement (une lucidité) sur notre réalité intérieure, permettant de se désidentifier et ainsi de se libérer."

En réponse à un épisode brutal, notre esprit est souvent poussé à se métamorphoser. Réparation de soi, retour aux origines, changement d'état de conscience, voici quelques éclaircissements sur le processus de la métanoia.

Prendre le temps de fermer les yeux pour mieux tourner notre regard à l’intérieur de nous-mêmes. Canaliser nos pensées parasites. Laisser la place à cette nature profonde qui cherche à répandre en nous sa source fertile, vive et purifiante. Telle la chrysalide, accepter la transformation qui s’opère ensuite en nous pour nous amener à devenir qui nous sommes appelés à être. Renaître à soi en soi. C’est le principe de la métanoïa.

Une tentative spontanée de l’esprit de se guérir ?

La métanoia est un concept ancien. Etymologiquement, le mot « métanoïa » provient du grec méta (préfixe signifiant le changement, la succession, le fait d'aller au-delà, ce qui nous dépasse, induisant une idée de transformation) et noïa (de noos ou noüs : esprit , idée).

La philosophie, la théologie et même la psychologie analytique ont leur interprétation particulière de ce mot, tendant toutes vers une même idée commune : un renversement de pensée, un retournement par lequel l’homme s'ouvre à plus grand que lui-même en lui-même, au-delà de la pensée rationnelle. Le psychologue Carl Gustav Jung a développé l'usage du mot « métanoïa » pour indiquer une tentative spontanée de l’esprit de se guérir d'un conflit insupportable en se fondant, puis, en renaissant, sous une forme plus adaptative (qu’on pourrait comparer par métaphore aux différentes étapes des têtards qui finissent par se transformer en grenouille). 

Ce mouvement peut être suscité par une expérience particulière telle que la maladie, l'échec, la souffrance… Un peu comme si la Vie nous mettait à l’épreuve dans le but de nous aider à sortir de notre zone de confort, pour accéder à une forme plus évoluée de nous-mêmes. La métanoia serait donc un processus assimilable à une tentative de réparation de soi. Une forme d'auto-guérison en quelque sorte.

Retourner de l’autre côté du miroir… pour voir la réalité.

La métanoia serait un retour aux origines, un changement d’état de conscience. Si nous nous regardons dans un miroir, notre pensée rationnelle nous dira précisément que nous sommes face à notre reflet dans un miroir, que ce que nous voyons est virtuel. La métanoïa c’est retourner de l’autre côté du miroir… pour voir la réalité.

Pour reprendre l’exemple de nos têtards, cette notion de retour (changement axé sur une inversion) est en directe relation avec la métamorphose. Elle commence avec un être « initial » - notre têtard- et l'amène à passer par des étapes de structure différentes, jusqu'à retourner (ou redonner) un être analogue (mais non identique) à l’être initial (la grenouille).

Un chemin en trois temps

1. « Un mouvement d'intériorité »
Il s’agit de réorienter son attention vers l’intérieur de soi en étant présent, immobile, pleinement conscient des pensées qui nous habitent, et non pas de les transformer, mais de les canaliser.

2. "Prendre soin de l'Etre" (thérapeia)
Un autre regard s'éveille en nous par lequel nous percevons notre façon d'être face aux autres, aux situations et aux agressions. Dans cette démarche, où nous sommes renvoyés à nous-mêmes, va naître un discernement (une lucidité), sur notre réalité intérieure permettant de se désidentifier et ainsi de se libérer.

3. Prise de conscience
Nous sommes amenés à reconnaître puis à accepter notre état. La guérison de nos blessures, qu’elles soient physiques ou émotionnelles, nécessite d’en prendre conscience, de les nommer, de les accepter, pour permettre ensuite la transformation.

>> A lire sur FemininBio : Les mystérieux pouvoirs de l'esprit humain, Grand Rex Paris

Un seul chemin existe

Il ne faut pas confondre la métanoia avec les bienfaits de la lecture de grands maîtres spirituels. Même si lire Goethe ou Steiner sera très inspirant, pour la métanoia, un seul chemin existe : celui qui passe par notre corps et notre expérience physique. Afin de réapprendre à laisser s’exprimer notre pensée intuitive, il est nécessaire de nous connecter à nos cinq sens, puisque c’est par eux que nous appréhendons le monde. L’aromathérapie, les techniques de souffle (yoga, cohérence cardiaque), l’alimentation saine et vivante, la pleine conscience, la marche méditative, les massages, la contemplation de la nature (ou théôria) sont des outils très utilisés en naturopathie, qui stimulent naturellement nos cinq sens.

Les Orientaux ont toujours emprunté ce chemin avec le Yoga, le Qi Gong ou les arts martiaux. Ce passage par le corps, avec des postures particulières, existait aussi dans les centres initiatiques de la Grèce antique.

Je ne suis plus l'objet mais je deviens le sujet de ma propre histoire.

Retrouvez les conseils de Nathalie Wegria sur son site

 

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