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Climat

Viande in vitro : encore moins écolo que la vraie ?

Viande in vintro : pire pour la planète ?
"L’impact climatique de la viande produite en laboratoire pourrait finalement être plus important que celui de l’élevage bovin"
Jaron Nix / Unsplash
Léa Garson
Léa Garson
Mis à jour le 25 février 2021
L'élevage industriel est l'une des premières causes de la pollution et de l'effondrement de la biodiversité. En réponse, deux propositions : réduire sa consommation de protéines animales ou créer un substitut carné à base de cellules souches. Si le régime végétarien a le vent en poupe, les Etats-Unis s'apprêtent à commercialiser la viande de synthèse. Problème : son impact serait finalement pire pour la planète...

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L'industrie de la viande est épinglée depuis plusieurs années, pour son empreinte écologique désastreuse qui la place sur le podium des plus grandes causes de pollution de l'eau, de l'air et du sol. 

Selon le dernier rapport publié en 2013 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FOA), en 2005, l'élevage était responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre liés aux activités humaines. Chiffre qui prend en compte l'impact de chaque étape de sa filière de production, comme le transport ou la culture des surfaces agricoles (souvent des plantes OGM) destinées à nourrir les bêtes.  

Créer de la viande "écologique" en laboratoire à partir de cellules souches 

En 2011, une étude publiée par l’université d’Oxford indiquait que la production de viande artificielle permettrait de diminuer de 96% les émissions de gaz à effet de serre, par rapport à celles de la viande conventionnelle. Ainsi que de 45 %  les dépenses en énergie et de 96 % celles en eau.

>> A lire sur FemininBio : Réduire sa consommation de viande, un enjeu environnemental

Plusieurs start-up ont se sont donc lancées dans la production d'une nouvelle "viande" de bœuf garantie plus écologique et sans souffrance animale. Le principe étant le suivant : continuer à manger cette denrée sans avoir besoin d'élever de nouveaux bovins, puisque les avancées scientifiques permettent aujourd'hui de produire cette matière à partir de cellules souches prélevées au préalable sur les animaux. Il suffit de boîtes de Pétri pour les cultiver et de les arroser d'additifs pour reproduire la texture.

Le premier steak fabriqué in vitro a été dégusté à Londres en 2013.

Fin 2018, l’administration américaine a annoncé la réglementation encadrant sa commercialisation

Le 16 novembre 2018, les Etat-Unis ont communiqué sur leur document réglementaire visant à encadrer la commercialisation de ces aliments issus de cellules souches.

Les milliardaires Richard Branson et Bill Gates financent d'ailleurs activement la start-up Memphis Meats, dont les recherches sur le sujet sont très avancées. Les américains ne sont pas les seuls à y voir un marché prometteur : les startups israéliennes comme Future Meat Technologies et Aleph Farms sont également sur le coup. A noter que cette viande de synthèse reste encore très chère à produire.

La viande de labo, pas si écolo ?

Une étude publiée le 19 février 2019 dans la revue "Frontiers in sustainable food system" par des chercheurs de l'université d’Oxford (à nouveau) révèle qu’à long terme, l’impact climatique de la viande produite en laboratoire pourrait finalement être plus important que celui de l’élevage bovin.

>> A lire sur FemininBio : Trop de viande dans les écoles : Greenpeace enquête

En cause : le type de gaz à effet de serre émis par chacune des deux méthodes de production. L'élevage de bovins dégage principalement du méthane (environ 30 % du méthane émis par les activités humaines), tandis que les laboratoires, rejettent surtout du CO2. Si l'action du méthane sur le réchauffement de l'atmosphère est 25 fois plus puissante que celle du CO2, le premier y reste beaucoup moins longtemps : une douzaine d'années contre plus d’un siècle pour le CO2.

Ce qui nous amène a penser que l'évolution des mœurs alimentaires reste, a priori, la seule solution pérenne. Chez FemininBio, nous avons à coeur d'accompagner nos lectrices vers un mode d'alimentation plus végétal, vivant, conscient et respectueux des hommes et de la Terre mère. 

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