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Magie sexuelle et instrument de plaisir : quelle était la sexualité de la sorcière ?

Sexualité de la sorcière
Au Moyen-Âge, la doctrine ecclésiastique ne laissait pas de place au plaisir sexuel féminin, seulement à la procréation.
Halanna Halila
Série histoire de sorcières Histoires de sorcières
Kristen J. Sollée
Kristen J. Sollée
Mis à jour le 25 février 2021
Chassée pendant des décennies, la figure de la sorcière revient en force depuis quelques années pour représenter les femmes libérées, révolutionnaires, qui aiment faire bouger les lignes et le conventionnel. Et parmi les thématiques qui entourent le mythe de la sorcière, la sexualité possède un rôle clé qui résonne à l'heure où la liberté sexuelle des femmes est encore un sujet de débat. L'autrice féministe Kristen J.Sollée nous raconte quelle était la sexualité de ces femmes traquées au Moyen-Âge.

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Le sexe était au cœur des procès de sorcières. Le Malleus Maleficarum décrétait qu’il s’agissait de sorcellerie lorsqu’une femme était excessivement a(i)mante et qu’elle osait le montrer en public, ou lorsqu’un homme était impuissant sexuellement. La doctrine ecclésiastique ne laissait pas de place au plaisir sexuel féminin, seulement à la procréation. En fait, la moindre once de plaisir en dehors de la reproduction était prohibée.

Heinrich Kramer a désigné les « fornicatrices » comme étant le type de femmes qui étaient « fréquemment des magiciennes ». Même avant que son ouvrage ne soit publié, des rumeurs circulaient à propos de sorcières qui corrompaient les outils domestiques habituels des femmes pour se donner du plaisir, et voler dans les airs afin d’accomplir leurs sabbats orgiaques. La sexualité féminine, prise isolément des hommes, était une abomination (et une obsession) pendant les chasses aux sorcières. Le débat était lancé.

Le balai des sorcières était-il pour elles un instrument antipoussière, un moyen de transport ou un gode ?

Dans des documents ayant survécu au procès de 1324 de Lady Alice Kyteler, la première sorcière accusée d’Irlande, les inquisiteurs décrivent leur découverte de sa réserve spéciale d’onguent de vol : «En fouillant dans l’armoire de la dame, ils y ont trouvé un tube d’onguent, qu’elle utilisait pour graisser un bâton sur lequel elle se juchait et galopait de part et d’autre. » Moins d’un siècle après que le gode de Lady Alice a été utilisé comme preuve de sa sorcellerie, l’idée que les balais étaient des sextoys a fait son apparition dans les arts visuels.

L'onguent diabolique décrit dans de nombreux récits a aussi été étudié pour ses propriétés hallucinatoires. Dans son ouvrage Botanique du désir. Ces plantes qui nous séduisent, Michael Pollan explique que les sages-femmes, les herboristes et les femmes initiées (c’est-à-dire les sorcières) cultivaient ou produisaient des agents «psychoactifs » tels que le datura, le pavot à opium, la belladone, le haschich et même la peau de certains crapauds contenant des traces d’une substance hallucinogène, la DMT. Comme l’écrit l’auteur : «Ces ingrédients étaient combinés à un “onguent de vol” fabriqué à partir d’huile de chanvre que les sorcières absorbaient par le vagin à l’aide d’un godemiché spécial. » Et plus loin : « Il s’agissait du “balai” grâce auquel on disait que ces femmes se déplaçaient

Nous ne saurons jamais vraiment dans quelle mesure le balai était un instrument métaphorique ou métaphysique.

Pour en savoir plus

Cet extrait provient de l'ouvrage Sorcières, salopes, féministes de Kristen J.Sollée, paru aux éditions Véga.

 

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