Puissance féminine

Témoignage : comment les guérisseuses m'ont aidé à retrouver mon chemin de vie

Publié le 29 mai 2019
Jean-Philippe de Tonnac est écrivain, essayiste et éditeur. Son roman Azyme chez Actes Sud a obtenu le prix Ecritures et spiritualités 2017. Il est notamment l’auteur de René Daumal, l’archange (Grasset, 1998), avec Anne Brenon de Cathares, la contre enquête (Albin Michel, 2008) ; avec Frédéric Lenoir de La mort et l’immortalité – Encyclopédie des savoirs et des croyances (Bayard, 2004) ; avec Roland Feuillas de A la recherche du pain vivant (Actes sud, 2017).
Aller à la rencontre des guérisseuses, c’est rencontrer des femmes qui, parce qu’elles s’étaient réparées, pouvaient venir au secours de notre humanité.
Aller à la rencontre des guérisseuses, c’est rencontrer des femmes qui, parce qu’elles s’étaient réparées, pouvaient venir au secours de notre humanité.
© Freestocks / Unsplash

La figure de la sorcière a longtemps hanté les esprits en semant la peur et l'angoisse. Après plusieurs publications d'ouvrages à l'instar de celui de Mona Chollet, cette entité intrigue et passionne. On y fait même appel pour guérir de nos maux. Jean-Philippe de Tonnac, écrivain, raconte son expérience.

L’univers des guérisseuses, ces sorcières de notre temps, autrefois mal-aimées, redoutées, persécutées, aujourd’hui encore peu considérées par les représentants de la médecine conventionnelle, par les médias, par une partie de la population, m’a toujours intrigué, fasciné. Une intuition existait chez moi : ces femmes avaient su réparer leur féminin blessé, ce féminin blessé en chaque femme qui vit dans des sociétés qui ont mis tant de siècles ou millénaires à leur reconnaître, souvent du bout des lèvres, des droits, des talents, du génie.

Ce féminin blessé ne m’amène pas à opposer les femmes aux hommes. C’est notre espèce tout entière, Homo sapiens, qui a "mal à son féminin", comme Jacques Brel disait qu’il avait "mal aux autres", ce féminin que je regarde comme une connexion au monde sensible, au monde naturel, à l’au-delà, à l’invisible. Aller à la rencontre des guérisseuses, c’était, dans mon esprit, rencontrer des femmes qui, parce qu’elles s’étaient réparées, redressées, pouvaient venir au secours de leurs semblables, de notre humanité tout entière. Une humanité en souffrance.

Transformer l'épreuve en berceau de la joie

Ma première rencontre avec le monde des guérisseuses date de l’année 2010. Je traversais un moment de fortes turbulences et aucun soin n’avait pu me soulager. Une amie obtint pour moi un rendez-vous chez Marguerite Kardos, praticienne en énergétique chinoise, homéopathe, radiesthésiste, disciple d’un maître soufi égyptien et très impliquée dans la diffusion des Dialogues avec l’ange (Aubier Montaigne, 1994).

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La manière qu’elle eut de simplement m’ouvrir la porte, de porter ce regard de bienveillance sur moi, un regard qui disait "J’accueille tout ce que tu es, tout le connu de toi et tout l’inconnu de toi et je m’engage à t’aider à retrouver le chemin de la guérison", me bouleversa profondément. Au fil des soins une relation d’amitié entre nous se déploya. Elle me parla de son parcours. La vocation du soin résultait d’effroyables épreuves et d’une aptitude à les traverser, à se laisser transformer. Des Dialogues, elle cite souvent ces mots : "Il n’y a pas d’abîme si sombre
 qui ne soient pas Voie".

Un soin de libération d'âme

Le deuxième "éveil" à ce monde des guérisseuses date de 2015. Une médium près d’Aix-en-Provence venue en aide à une amie suscite ma curiosité. Je veux comprendre la manière dont elle opère. Lors de la consultation, nous en venons à parler de ma mère qui s’est donnée la mort quelques années plus tôt. Pour libérer l’âme de ma mère, me dit-elle, elle m’encourage à prendre rendez-vous chez un prêtre orthodoxe installé dans un petit village du Vaucluse et dont c’est la vocation : permettre aux âmes encore attachées au plan terrestre de partir ; recourir à l’exorcisme en certains cas.

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Le soin que je reçois du père Mikhaël aura de profonde répercussion sur ma vie. Je trouve une paix intérieure que je n’avais pas connue depuis l’enfance. Plus que tout, j’ai l’impression que j’ai fait du bien à ma mère, qu’elle est partie elle aussi apaisée.

Comment j'ai procédé pour choisir mes guérisseuses

Pour entreprendre mon "voyage de guérison", j’ai tenu compte des conseils des ami(e)s qui avaient pu déjà trouver sur leur route ces femmes remarquables. Je suis resté dans la langue française pour être sûr de bien comprendre ce qu’elles allaient mettre en partage. J’ai compris ce qu’elles me disaient mais ne sais si j’ai compris ce dont elles me parlaient ; j’ai adhéré par le cœur.

J’ai rencontré des énergéticiennes, médiums, magnétiseuses, chamanes, chercheuses en mémoire cellulaire énergétique, écothérapeutes, etc. Une trentaine de guérisseuses pour n’en conserver que dix dont je raconte l’itinéraire, dont j’ai reçu chaque fois un ou plusieurs soins. Rencontres nourricières et transformatrices. Je ne suis plus celui qui s’est mis un jour en chemin vers elles ; ou bien je le suis de manière pacifiée. Je suis revenu avec le sentiment d’une immense gratitude à l’endroit de ces femmes qui accueillent la souffrance du monde ; pour leur courage.

Jean-Philippe de Tonnac est écrivain, essayiste et éditeur. Il est l'auteur de l'ouvrage Le cercle des guérisseuses, paru aux éditions Guy Trédaniel.

 

 

 

 

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