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Coeur d'athlète : Sylvaine Cussot, championne de trail

Publié le 31 juillet 2019 - Mis à jour le 6 août 2019
Sylvaine Cussot est une habituée des podiums de trail et ultra trail, courses longue distance en pleine nature
Sylvaine Cussot est une habituée des podiums de trail et ultra trail, courses longue distance en pleine nature
© Isostar

Coureuse émérite, Sylvaine Cussot alias "Sissi" 35 ans, détient un palmarès impressionnant sur la discipline exigeante du trail, la course à pied "nature" sur longue distance. Elle a notamment remporté plusieurs fois l"Eco-trail de Paris sur 50 et 80km. Déterminée, joueuse et féminine, Sissi s'est pliée avec entrain au jeu de l'interview sportive pour nous livrer ses coups durs et ses sources de motivations.

Peut-être faites-vous, comme nous, partie de celles qui aiment chausser leurs baskets de temps à autre pour s'offrir un "petit running", voir même participer à des courses officielles. Si oui, Sylvaine Cussot, ambassadrice Isostar et détentrice de nombreuses victoires en trail et ultra trail pourrait bien être votre nouveau modèle. Eco-trail, Saintélyon (course de 76km de nuit entre St Etienne et Lyon), Ultra Fiord en Patagonie (70km), rien ne l'arrête. Voici son parcours et ses conseils de championne, rien que pour vous ! 

Comment ce sport s’est invité dans votre vie ?

@Quentin Doussaud
@Quentin Doussaud
J'ai commencé le sport très jeune, par la gymnastique; j'avais tout juste 6 ans. Puis j'ai découvert l'athlétisme grâce à mes parents, avec une première licence en club à l'âge de 10 ans. Et depuis la pratique d'un sport, et plus particulièrement de la course à pied, fait partie de mon équilibre de vie. C'est devenu indispensable à mon bien-être.

Votre souvenir le plus intense ?

Intense, dans le sens, très fort en émotions : une course à laquelle j'ai participé en 2015, en Patagonie. Très exigeante, à la limite du dangereux. J'ai vraiment eu le sentiment, ce jour là, de mettre ma vie en danger ! Je suis passée par tous les états, mais rarement ceux qui tirent vers le haut ! Angoisse, peur, tristesse, inconfort, faim, froid, panique, désarroi ... des sentiments assez particuliers quand tu réalises que tu es venue ici pour prendre du plaisir et juste vivre ta passion ! 

Votre souvenir le plus douloureux, et comment vous avez rebondi ?

Ma participation au Championnat du monde de trail 2015, en équipe de France. J'étais blessée au départ et je n'ai pas pu m'exprimer sur cette course. Un sentiment de frustration énorme, voir même de honte, d'avoir la chance de pouvoir courir sous les couleurs de son pays, mais de ne pas pouvoir assurer ! Ça a été très douloureux (j'avais une fissure au tendon fibulaire, mais je ne l'ai su qu'après), mais j'ai tenu à serrer les dents et à aller au bout tout de même... J'ai terminé 32ème.

On rebondit vite d'une blessure en relativisant. Le corps n'est pas une machine, et parfois il a besoin qu'on le laisse tranquille. C'est une façon de nous forcer à lever le pied, pour mieux revenir plus tard. Quand on a déjà été blessé, on sait qu'on en ressort très souvent grandi et plus fort ! 

© Isostar
© Isostar
Quelle place occupe le féminin dans votre carrière sportive ?

Ce n'est pas parce qu'on fait du sport qu'on doit négliger la féminité !  Et le corps nous le rappele d'ailleurs. Je soigne mes sous-vêtements de sport, notamment les brassières, en essayant de choisir des bons maintiens. J'aime les tenues coquettes et féminines, les jupes-short ou autres textiles running pour femmes. 

Le principal frein à votre pratique en tant que femme ?

Honnêtement, je ne vois rien de spécifique qui pourrait devenir à frein à cette pratique, mise à part bien sûr une éventuelle grossesse, qui nécessite donc de faire une pause quelques mois. Chose que je n'ai, pour le moment, pas encore vécu.

Quel est votre mot-clé, celui qui vous définit en tant que sportive ?

Pour le mot qui pourrait me définir, je dirais déterminée !

Quand vous êtes à bout de force, à quelle(s) ressource(s) faites-vous appel ?

Quand le corps a atteint des limites physiques, c'est souvent ma tête qui prend le relais ! Et le mental a des ressources incroyables qu'on ne soupçonne pas toujours. J'essaye de m'entourer de pensées positives, et souvent, ça redonne un second souffle.

Sport et environnement : qu’aimeriez-vous rendre plus "éthique" dans la pratique de votre discipline ?

Le trail est justement un sport dont le terrain de jeu EST l'environnement ! Sans cette belle Nature que nous offre la vie, cette discipline ne pourrait avoir lieu. Il est donc important de la pratiquer en restant attentif à cela.

Même si je pense que tout le monde est de plus en plus sensibilisé à ce sujet, on voit encore trop de déchets trainer sur les courses.  Un geste simple, qui prend tout son sens si tout le monde s'emploie à faire attention !

Le conseil alimentation de championne que vous avez envie de partager avec nos lectrices

Ne pas négliger le petit déjeuner, repas le plus important de la journée puisqu'il arrive après une période de plusieurs heures de jeûne pendant la nuit.

Intégrer une source de protéine comme des oeufs, du fromage ou du jambon, une boisson chaude pour se réhydrater, des fruits pour les vitamines (frais ou en compote), des oléagineux (amandes, noix, noisettes ...) et une portion de glucides (pain complet) pour l'énergie. Bref, faites vous plaisir le matin, pour tenir sans fringale jusqu'au déjeuner. 

Quel enseignement tirez-vous de la pratique de votre sport ? 

Ne jamais baisser les bras. Il faut accepter les échecs et s'accrocher dans les moments difficiles. Personne n'est infaillible, et c'est aussi dans les échecs que l'on construit ses réussites ! La persévérance et la régularité sont un chemin vers la performance. Et surtout, ne jamais se comparer aux autres, pour rester focus sur SES objectifs !

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui souhaite démarrer votre discipline ?

Il est important de respecter la progressivité. Le trail-running est une discipline exigeante, qui demande beaucoup au corps. Attention de ne pas brûler les étapes et de ne pas se fixer des objectifs trop ambitieux trop vite ! On ne se lance pas sur un ultra dès la première année de pratique. Il faut laisser le temps au corps d'apprendre, de s'adapter. Enfin, faire les choses avec envie et plaisir, et non pour faire comme les autres !

 

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