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Reliance

"Vibrer me connecte au monde", Julie de Bona, fraîche et spirituelle

"Il n'y a pas de perfection, alors mieux vaut s'aimer".

Ade Adjou/M6
Magie du lien Connexions spirituelles
Audrey Etner
Interview et rédaction par Audrey Etner
le 21 octobre 2021

Elle est de celles qui arrivent délicatement, par la petite porte, pour diffuser ensuite leur lumière. Actrice star du petit écran, Julie de Bona ne cesse de surprendre par ses rôles variés. Qu’ils soient engagés ou plus légers, son talent d’interprète donne une couleur et une saveur particulières à toutes les femmes qu’elle incarne. Nous la retrouvons à l’affiche de deux nouveaux téléfilms pour cette rentrée, l’occasion de s’offrir une interview en " reliance ".


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Magazine 36 FemininBio

Cet article a été publié dans le magazine #36 septembre-octobre 2021
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C’est entre deux prises de vue que nous nous rencontrons virtuellement. Julie de Bona est en tournage, et c’est ce qu’elle préfère dans son métier. Se connecter à son personnage, vibrer de son histoire, de ses complexités, et des émotions à transmettre. C’est ainsi qu’elle se lie à tout ce qui l’entoure et surtout à elle-même. Rôle après rôle, c’est sa propre existence qu’elle expérimente, et son authenticité qu’elle transmet au public. Julie de Bona trace brillamment sa route, avec l’intime conviction d’être à sa juste place ; un sentiment qui ne la lâche pas depuis ses débuts sur les planches il y a 20 ans. Rencontre évidente, avec une femme vibrante et attachante.

FemininBio : Vous passez avec une aisance déconcertante du drame à la comédie. Comment choisissez-vous vos rôles ?

Julie de Bona : Je pourrais presque dire que ce sont les rôles qui me choisissent. En fonction de ma vibration du moment, il m’arrive toujours le rôle qui va me faire grandir. C’est comme une grande rencontre amoureuse avec un personnage. Un véritable coup de foudre qui s’opère.

Au début de ma carrière, j’ai plutôt attiré à moi des comédies car j’avais peur de la profondeur exigée par le drame. C’est quand j’ai accepté d’ouvrir cette part de moi que d’autres types de rôles me sont arrivés.

Comment définissez-vous la vibration dont vous parlez ?

Selon moi, la vibration est l’énergie que l’on dégage en étant authentique. C’est un état intérieur que l’on obtient en étant connecté à ses désirs profonds, à sa vérité à soi. Il faut se nettoyer de ce qui nous parasite, des peurs ou de l’orgueil, pour être dans le vrai.

Finalement, ce sont mes propres besoins d’évolution qui attirent les bons rôles à moi.
À un moment de ma vie, j’ai eu envie de défendre plus qu’un personnage, de donner du sens à mon action pour m’éveiller en conscience, et essayer de le partager avec les autres. Des sujets sociétaux me sont arrivés, sans forcer, sans l’avoir communiqué avec une intention particulière.

Vous faites un métier très tourné vers l’image, vers l’extérieur. On vous sent pourtant dans votre bulle intérieure. Comment l’expliquez-vous ?

Ce métier me met face à une dualité permanente. Il est fait de flatteries, ce qui me stresse car cela me sort de ma connexion intérieure. Il ne faut surtout pas y croire, car ce chemin est dangereux. L’égo se pavane et tu dégringoles. J’ai compris que lorsque les gens flattent, ils parlent d’eux-mêmes, de leurs goûts et de leur fascination. Suis-je merveilleuse et extraordinaire ? Pas plus qu’une autre. J’accueille volontiers un compliment, j’accepte d’entendre que je suis une bonne actrice qui a très bien interprété son personnage et qu’ainsi, l’autre a été touché. Mais j’évite le piège de me sentir supérieure.

Quel est votre rapport à la célébrité ?

J’ai eu la chance d’y accéder petit à petit, ce qui me convient très bien. Je pense qu’il faut être très solide quand on est parachuté sur le devant de la scène très jeune. C’eût été trop pour moi, ce n’est pas dans mon énergie de vie, j’aime être dans mon petit cocon.

J’ai quand même choisi le métier qui me met le plus à mal dans mon besoin d’harmonie (rires). Tout ce qui est promotion, interview, peut parfois être agressif. Puis vient la diffusion, la critique, le jugement, où il s’agit de ne pas être dans la peur du regard des autres. C’est aussi le temps du partage avec le public, qui me plaît tant dans ce que je fais. Quand je reçois les merveilleux messages de ceux que mon rôle a touchés, c’est ce lien que j’ai fait et qui me donne l’impression qu’on vit ensemble la même aventure.

Vous sentez-vous " reliée " dans votre vie ?

La connexion à l’autre m’est essentielle, sinon une vraie solitude m’envahit. Je ne parle pas d’une solitude physique, mais si je ne suis pas connectée avec ceux que j’aime, je me sens " déchargée ". Je ne suis pas en harmonie. Quand je ne suis pas " en amour " avec ce qui m’entoure, rien n’a d’intérêt. Je suis une personne affective, qui a besoin d’un fil rouge avec les autres, mes partenaires de jeu, mes rôles, et bien sûr ma famille et mes amis. Je cherche toujours un sens à ce que je fais, à la vie que je mène et j’ai l’impression qu’être seule n’a pas de sens. Par contre, j’aime me ressourcer seule en forêt pour faire le lien avec moi-même.

Nous sommes tous interdépendants et avons besoin de ce lien pour se reconnecter à soi. Pour moi, entretenir ce lien avec mon cercle proche est primordial, essentiel.

Vous avez d’ailleurs un lien très fort avec votre sœur. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai des origines vietnamiennes que mes traits ne relatent pas, et ce fut un long parcours de comprendre d’où je venais. Nous partageons avec ma petite sœur ce lien très fort des origines, d’un pays, d’une culture que j’ai dû aller chercher jusqu’au Vietnam. J’ai ainsi pu me lier à mon histoire transmise par ma mère et ma grand-mère.

Avec ma sœur, j’ai ce lien protecteur d’amour inconditionnel depuis sa naissance. Et lorsqu’elle le coupe comme cela a déjà été le cas, je suis anéantie. Pourtant, cette coupure est nécessaire par moments. J’étais trop présente et je l’écrasais. Elle a pu grandir et trouver sa propre connexion à elle-même pour ensuite recréer entre nous un lien beaucoup plus mature, respecteux de qui elle est profondément. Nos liens ne peuvent pas être figés dans le temps. Ils évoluent pour se reconstruire vers plus d’harmonie.

Votre sœur est également artiste, mais vous ne veniez pas de ce milieu. Qu’est-ce qui vous a tant motivée ?

Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai jamais douté. J’ai toujours eu cette chance d’avoir une conviction intime, une flamme, quelque chose qui est né en moi et ne m’a jamais lâchée. Je savais que c’était ce qui me faisait vibrer.

Je n’étais pas convaincue d’y arriver, ni d’en être capable. Mais j’avais la certitude que c’était ça qui me plaisait. Je suis montée sur Paris avec cette fougue, cette " rage de plaire " comme disait Jugnot, qui tenait cette expression d’un texte de Victor Hugo qu’on jouait ensemble. Le mot rage est beau dans ce sens-là, habité par une envie extrême, une passion. Une colère de ne pas être comprise aussi, de louper le coche si ça ne marche pas. J’avais en moi ce tourbillon qui brûlait de faire ce métier, tout feu tout flamme.

Qu’auriez-vous envie de dire à la Julie d’il y a 20 ans, qui suit son intuition ?

Je lui dirais sûrement " Calme-toi, respire, ça va bien se passer… et travaille " car c’est ce qui m’a sauvée. J’étais à cette époque dans un état de stress, je me mettais une telle pression, j’étais envahie de peurs, d’incertitudes et de doutes. Ceci dit, chaque jour, je pourrais encore dire la même chose à la Julie de la veille. Je suis une perpétuelle angoissée. Je cherche le sens de la vie, je pose des questions. Je suis fatigante pour mon entourage. Je suis " attachiante " (rires).

Qu’est ce qui a changé en vous aujourd’hui ?

J’acquiers une certaine confiance dans la vie à mesure que l’expérience avance. Pour autant, je ne changerais rien à ce que j’ai vécu, car ces 20 ans d’expérience m’ont façonnée pour en arriver là. Je suis la somme de mes actes, même de mes expériences difficiles. Assumer qui je suis, accepter mes erreurs, c’est toute la richesse de ce que je suis aujourd’hui. Pourquoi vouloir changer ?

Dans Apprendre à t’aimer (téléfilm diffusé sur M6 où Julie campe une mère d’une enfant trisomique N.D.L.R.), j’ai connecté avec la différence, tout un monde que je ne connaissais pas. Face à ces enfants, quelque chose se passe qui nous fait comprendre qu’on se trompe complètement ! Nous cherchons la perfection, alors qu’accepter la beauté de qui on est, là est le vrai bonheur.

Revenir dans le temps pour corriger ses erreurs, c’est justement l’un des thèmes de la série Plan B. Pensez-vous que ce soit une solution ?

Face à l’état de la planète, on pourrait se dire qu’il faut revenir en arrière. Mais ne ferait-on pas les mêmes erreurs ? C’est face à la problématique que l’être humain change.

Le simple fait de se poser des questions, d’inviter des " et si " à sa réflexion, permet la résilience et la progression. Cela ressemble à une thérapie. Analyser, comprendre et faire son introspection pour ne pas refaire les mêmes erreurs à l’avenir. Le fait de revenir en arrière est plutôt, selon moi, un processus mental, permettant de se poser les bonnes questions. Car nous sommes riches de nos erreurs.

Toutes nos blessures, nos incompréhensions sont nos richesses. Il n’y a pas de perfection, alors mieux vaut s’aimer.

Au fond, quelle envie poursuivez-vous à travers vos choix de vie ?

Vibrer, me sentir vivante. La vibration de devenir un autre personnage, faire rire, faire pleurer, passer un message fort de société. Vibrer me connecte au monde.

C’est Michel Bouquet qui m’a le plus appris dans ce métier. J’ai joué avec lui pendant un an au théâtre. Il avait joué Le Roi se meurt et lorsqu’il déclamait sa tirade finale, toute la salle pleurait au même moment. Chaque soir, j’allais lui demander pourquoi il faisait ce métier. Il me répondait que c’était pour la vibration, la connexion avec les autres. Quand il y a une très forte scène d’émotion que tout le monde regarde en même temps, quelle beauté !

Son actu de rentrée

Retrouvez Julie de Bona sur M6 dans Je l’aime à mentir, une comédie désopilante sur la relation amoureuse où elle joue le personnage de Zoé, et sur France 2 dans Mise à nu, sur le sujet grave de la cyber‑criminalité.

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