Parlement du Féminin 2017

Inégalités, violences, charge mentale: 10 inspirations pour faire bouger les lignes

Publié le 13 décembre 2017
Directrice des opérations de FemininBio, j'ai souvent faim de riz, de gorgonzola et de nuoc-mâm (non, le mélange n'est pas convaincant). Mais j'aime aussi croquer à tout ce qui touche au monde du bio, du développement durable et des médias, tant print que digital.

A la veille du tout 1er Parlement du Féminin, co-organisé par FemininBio, afin de construire un nouvel humanisme, misons sur ces thématiques, synonymes de changements considérables.

Cet article est issu d'une édition spéciale distribuée au public du Parlement du Féminin, événement organisé le 18 décembre 2017 à l'Opéra Comique.  

Dresser un inventaire subjectif des sujets les plus vifs, les plus dramatiques, comme les plus enthousiasmants, offre une riche matière à réflexion autour du rapport femmes-hommes. Mais l'exercice inspire aussi une série d'incitations à l'action, à la vigilance, à la sororité, à la fraternité. Le tout nous poussant, femmes et hommes, à toujours mieux penser et construire, tous ensemble, le monde de demain, à savoir celui de l'harmonie, de l'égalité.

Voici notre revue d'infos primordiales.

VIOLENCES
Solidarités et paroles libérées

Dans les faits :
Les femmes demeurent en première ligne d’une dramatique réalité en France : 123 femmes tuées par leur conjoint en 2016 – contre 34 hommes, montrent les chiffres du ministère de l’Intérieur ; 1 femme sur 7 est agressée sexuellement durant sa vie (soit 14,5% des femmes, contre 3,9% des hommes). On compte près de 62 000 femmes qui se déclarent victimes de viols ou de tentatives de viol en 2015, relaye l’Institut national d’études démographiques. Seulement 14% des femmes victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur couple osent porter plainte. Plus d'un tiers des viols sont commis par le conjoint. Dans le cadre du travail, c'est 1 femme sur 5 qui a été confrontée à un problème de harcèlement sexuel, et 80% des femmes quise plaignent d'attitudes ou de remarques sexistes de la part de leurs collègues.

S'ajoute à ces données, glaçantes, le retentissement, mondial et toujours vif, autour du scandale révélé en octobre dernier : Harvey Weinstein, l'un des plus puissants producteurs de cinéma américain, se voit accuser de dizaines de viols et d'agressions sexuelles. En réaction, en France, avec les désormais célèbres hashtags #metoo, #moiaussi ou #balancetonporc utilisés sur le réseau social Twitter, de très nombreuses femmes ont partagé des témoignages édifiants, certains ayant même débouché sur des plaintes, les victimes trouvant force et courage, en partie grâce au mouvement #metoo et à ses solidarités créées.

Plus de 16000 Françaises se sont livrées ."Ça arrive à tout le monde, et ça fait du bien d'en parler", commentait Fanny (@Redfanny_) sur Twitter. "Ça fait du bien d'en parler. On se sent toujours responsable quand ça nous arrive, alors qu'on est la victime", relevait de son côté Jenny (@jenny_lartaud). Début novembre, une centaine de personnalités féminines – dont Florence Foresti, Marie Darrieussecq, Coline Serreau, Laure Adler, Rokhaya Diallo – interpellaient Emmanuel Macron, réclamant un plan d’urgence, avec pour mesures le doublement des subventions aux associations de soutien aux victimes, la formation obligatoire des professionnels en contact avec ces dernières (enseignants, magistrats, policiers, professionnels de la santé), la création d’un "brevet de non-violence" au collège, l’obligation de former les salariés et les manageurs àla prévention du harcèlement sexuel… Publié sur change.org, le texte a recueilli plus de 128000 signatures.

Largement évoquée, l'importance, primordiale, de l'éducation : car à la base des comportements de harcèlement sexuel, il y a "l'idée qu'il y aurait un rapport desupériorité des hommes par rapport aux femmes", a commenté le Défenseur des droits, Jacques Toubon, après la publication durapport annuel sur les droits de l'enfant.

"L'éducation à la sexualité doit contribuer, dès le plus petit âge, à détruire stéréotypes et préjugés" mais "nous sommes loin du compte", a souligné le Défenseur, qui regrette que les séances d'éducation à la sexualité, prévues par la loi depuis 2001, ne soient pas systématiquement organisées.

La bonne observation :
"Les conséquences de ce mouvement (#metoo ou #moiaussi) peuvent être énormes. À condition de soulever non pas un coin mais l’intégralité du voile, de tirer tous les fils pour repenser la question du rapport entre les sexes, de s’attaquer à ce statut de domination masculine et d'anéantir l’idée d’un désir masculin irrépressible. C’est un gigantesque chantier", commentait l’immense anthropologue Françoise Héritier, le 5 novembre, au Monde, peu de temps avant son décès.

L’initiative qu’on aime :
Fin octobre 2017, le secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes a amorcé sa campagne "Arrêtons-les !", contre les violences sexistes et sexuelles. On y lit entre autres "Il a posté une photo de son ex nue sur les réseaux sociaux. Il risque 2 ans d’emprisonnement et 60000€ d’amende." "Il s’est frotté à une jeune fille dans le bus. Il encourt 5 ans d’emprisonnement et 75000€ d’amende." "Maintenant vous savez. Tout acte d’agression sexiste et sexuelle est puni par la loi."

Des messages d'autant plus innovants qu'ils visent directement les agresseurs. Dans cinq animations, façon BD, sont relatées des situations d’agressions – elles ont été relayées sur les réseaux sociaux, et via un spot télévisé, diffusé cette fin d’année."L’objectif est de faire prendre conscience aux auteurs d’actes de violences sexistes ou sexuelles de la gravité de leurs actes en leur rappelant les sanctions pénales encourues",explique ainsi le secrétariat d’État dans un communiqué. Un prélude avant la présentation au parlement d'un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles en 2018 – qui aura été élaboré avec le concours des participants aux 300 ateliers organisés dans le cadre du Tour de France de l’Égalité, ouvert à tous les citoyens.

AU TRAVAIL
On peut toujours mieux faire

Dans les faits :
À travail égal, salaire pas du tout égal ! On constate en 2014 un écart salarial moyen de 24% entre femmes et hommes. Un chiffre en diminution légère, puisqu’il s’élevait à 27% en 1995. C’est parmi les métiers de cadres et à hauts revenus que les inégalités sont les plus marquées. Ce sont, d'après le panel de la Fondation Jean Jaurès publié en novembre, 54% des Français qui ont le sentiment que la situation des femmes en matière de conditions de travail (fatigue, cadence, horaires…) est moins bonne que celle des hommes, soit 4 points de moins qu’en 2003.

Explication partielle : plus de 44% des emplois féminins sont regroupés, comme constaté par l’Insee, dans des secteurs peu rémunérateurs, comme la santé, l’enseignement, l’administration publique et l’action sociale. Un décalage d’autant plus étonnant que les meilleurs résultats scolaires sont relevés chez les femmes – chez les 25 - 34 ans, 31,3% ont un niveau bac+3 – chez les hommes de la même tranche d'âge, 26,4%. Autre constat simple : aujourd’hui, c’est toujours 75% du temps domestique et familial qui demeure assumé par les femmes en France.

"Il faut le rééquilibrer si l’on veut améliorer l’insertion professionnelle des femmes", souligne Corinne Hirsch, membre fondatrice du Laboratoire de l’égalité. "On pourrait imaginer une loi qui inciterait par des mesures fiscales les comités de direction à intégrer 40% de femmes. Mais la question n’est pas seulement juridique, elle dépend aussi de la volonté des entreprises", observe de son côté Clara Gaymard, cofondatrice de la société d’investissement Raise et présidente du Women’s Forum, interrogée par Entrepreneurs d'avenir. "L’égalité femmes-hommes fait l'objet de préoccupations depuis déjà plusieurs années chez Generali", détaille François Garreau, responsable Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) du groupe, "avec des résultats concrets comme une parité déjà atteinte sur l'encadrement. L’objectif est d'atteindre la parité à horizon 2020".

Au sein d’autres structures, la transition est d’ores et déjà effectuée : "Nous avons toujours été vigilants depuis la création du réseau. Ce dernier se compose aujourd’hui de 52% de femmes",souligne Laurent Vimont, président de Century 21 France. "L'une des solutions possibles pour favoriser la parité serait de rendre public et obligatoire le classement des secteurs et des entreprises, selon leur réelle prise en compte de la question de l'égalité femmes-hommes", évoque François Garreau. "Notre effectif est composé à 75% de femmes. Nous avons fait le choix de la parité et encourageons les hommes à bénéficier des mêmes avantages que les femmes, comme le bénéfice d’un congé parental ou d’un temps partiel choisi", témoigne Françoise Kessler, directrice Marketing de Weleda France.

La bonne observation :
"Une entreprise engagée pour la mixité va transformer ses process pour les adapter à des publics différents, avec une attention plus grande portée aux conditions de travail. Les hommes y gagnent donc davantage de bien-être", détaille Marie-Christine Mahéas, co-auteure de Mixité, quand les hommes s’engagent ! (éditions Eyrolles, 2015). "Cela signifie aussi accueillir d’autres styles de management. Un bon leader va à la fois savoir prendre des risques, mais aussi être à l’écoute. Ce mix plus vertueux va libérer les hommes de l’injonction de réussite qui crée tant de souffrance au travail. Dans des équipes mixtes, l’expertise est valorisée par rapport à l’ascension verticale rapide", précise l'ex-présidente du réseau European Professional Women Network (EPWN).

L’initiative qu’on aime :
Thématique jugée importante par 65% des responsables d’entreprises, l’égalité femmes-hommes au sein des personnels connaît pourtant peu de progrès, notamment au sein des toutes petites, petites et moyennes entreprises, faute d’outils. Destiné aux TPE-PME, Le Guide égalité femmes-hommes. Mon entreprise s’engage, conçu par le Laboratoire de l’Égalité, offre une méthode simple, avec des bonnes pratiques opérationnelles. De plus, il est illustré de témoignages des acteurs des entreprises. 

À LA MAISON
Vers une interrogation sur la répartition des tâches

Dans les faits :
Petit rappel à ceux qui auraient la mémoire courte : la charge mentale, "c’est le fait d’avoir en permanence dans un coin de la tête la préoccupation des tâches domestiques et éducatives, même dans des moments où on n’est pas dans leur exécution", clarifie François Fatoux, ancien membre du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes et auteur de Et si on en finissait avec la ménagère ? (Belin, 2014).

Mais comment cette expression est venue sur toutes les bouches des mères ? C’est qu’en mai dernier, la dessinatrice française Emma, jeune maman et ingénieure informaticienne, auteure d’un blog, Emmaclit, publiait en mars 2016 sur sa page Facebook une bande dessinée sur "la charge mentale".

Un succès tel que la BD a été relayée dans le monde entier et a capté l’attention des journalistes. S’ensuivra un deuxième opus, intitulé L’attente, dans lequel Emma rend compte du décalage entre femmes et hommes, surtout en ce qui concerne les horaires de travail. Et l’auteure d'yprôner des mesures, avec une humilité touchante. "Luttons contre le présentéisme", "Arrêtons de valoriser le fait de sacrifier du temps libre à nos entreprises. Et travaillons moins !"

Ce n’était pas forcément gagné d’avance, tant la charge mentale est "invisible", mais bien là. "D’après des études effectuées dans les années 2000 et en 2014, sur la répartition des tâches ménagères, par exemple, en moyenne, il n’y a pas vraiment de bouleversements dans les comportements des jeunes couples", explique Marie-Christine Mahéas."Les éducations restent extrêmement stéréotypées, et casser ces stéréotypes risque de prendre quelques générations", résume-t-elle.

Preuve en est avec 4 h 38 consacrées chaque jour au tâches ménagères et aux enfants, chez les femmes – 2h26 pour leur conjoint (Insee). Quand 72% des mères françaises ont un emploi, et pour un tiers à temps partiel, ce chiffre reste de 85% chez les pères, parmi lesquels seulement 4% exercent à temps partiel.D'après le tout récent sondage de la Fondation Jean Jaurès, les femmes de moins de 35ans insistent plus que la moyenne des Français sur l’amélioration du partage des tâches familiales, alors que les femmes de plus de 35ans insistent plus que la moyenne sur l’égalité salariale et l’amélioration des possibilités en matière de promotion dans le travail.

La bonne observation :
"Cette BD (d'Emma) si proche du quotidien a soulagé les femmes et permis d’aborder le sujet en soirée. Certains hommes ont dit qu’elles exagéraient, mais enfin, on en parlait. Les choses bougent. Il y aura des contre-effets, comme toujours, des réactions masculines défensives. Mais je maintiens qu’on va vers des mutations anthropologiques historiques dans les rapports entre les hommes et les femmes", analyse Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS, pour Le Monde (novembre 2017).

L’initiative qu’on aime :
Emma, en dépit d’une popularité soudaine, envisage bien de poursuivre ses aventures féministes en BD, avec son regard frais et décomplexant.Go Emma, go !

ÉCRITURE INCLUSIVE
Un point c’est tout

Dans les faits :
La forme d'écriture qui utilise, notamment, un point médian (comme dans auteur.e.s ou tou.te.s par exemple), l’accord de proximité, a fait couler beaucoup d’encre. Tout a débuté avec un article publié en septembre dans Le Figaro, faisant état d'un manuel scolaire mettant en scène l'écriture inclusive, Magellan et Galilée – Questionner le monde.

Dans cet ouvrage conçu par Hatier pour les élèves de CE2, l’éditeur a suivi les recommandations d'un document du Haut Conseil à l'égalité entre hommes et femmes. Dans le guide pratique réalisé en 2015 par l’institution, Pour une communication publique sans stéréotype de sexe, est expliqué que des"représentations auxquelles les citoyen.ne.s sont constamment exposé.e.s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes", et que"pour renverser cette tendance, l’État et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires".

Suivra l’initiative, via une tribune publiée sur le site internet Slate, emmenée par 314 professeurs des écoles, collèges et lycées qui revendiquent d'"avoir cessé ou [de s']apprêter à cesser d'enseigner" la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte sur le féminin", malgré les déclarations de leur ministre Jean-Michel Blanquer.

D’ailleurs, Slate suit la marche ainsi ouverte en intégrant aussi l’écriture inclusive dans sa charte éditoriale, considérant désormais que la règle de l'accord de proximité l'emporte sur la règle du masculin.

L’Académie française qualifie, elle, carrément la démarche de "péril mortel", qui "aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l'illisibilité."Les a-t-il écoutés ? – en tout cas le Premier ministre Édouard Philippe choisit de son côté de refuser l'écriture inclusive dans les textes officiels, dont ceux " destinés à être publiés au Journal officiel de la République française".

La bonne observation :
"À titre personnel, ce qui m’importe le plus c’est que mes enfants ne se retrouvent pas à ânonner 'le masculin l’emporte toujours sur le féminin'. (Ils sont en maternelle, ça nous laisse quelques années.) Je sais que l'on va répondre que c’est l’histoire, notre passé, que les mots sont des cicatrices que le Mercurochrome du féminisme ne doit pas soigner, comme s’il y avait un devoir de mémoire grammaticale de la domination masculine. Mais il n’y a rien d’immuable et ce n’est pas parce que c’était comme ça avant que ça ne doit pas changer", commentait Titiou Lecoq, journaliste, pour Slate (auteure également de Libérées – Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale, Fayard, 2017).

L’initiative qu’on aime :
Dans la continuité de son rapport relatif à la lutte contre les stéréotypes de sexe, le HCE a élaboré un bel outil pratique "à destination des professionnel.le.s de la communication publique et des décideur.euse.s politiques" : c’est la nouvelle version, après celle de 2015, du Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe, qui décrypte les stéréotypes dans les images, à la tribune de colloques et dans l’usage de la langue.
Disponible en ligne gratuitement, il propose dix recommandations pertinentespour une communication égalitaire.

ÉCOLOGIE
Changer, toutes et tous ensemble

Fin octobre, plus de 15000 scientifiques issus de 184 pays ont signé un texte alarmant et historique.Intitulé Mise en garde des scientifiques à l’humanité: deuxième avertissement, publié dans de grands titres de la presse nationale. Il y est martelé l’absolue nécessité de changer radicalement notre mode de vie pour tenter d’inverser la tendance et de sauver ce qui peut encore l’être sur la planète. Si l'enjeu dépasse les questions de genres, force est de constater que les femmes s'investissent particulièrement dans les questions écologiques, ressentant particulièrement les enjeux des catastrophes environnementales, notamment de par leur implication dans leur rôle de mère : s'établit alors une sororité écologique entre les femmes, racontée par Pascale d'Erm (lire son interview sur FemininBio).

PATERNALITÉ
Une réforme pour la rendre active

Les combats futurs se jouent de tous côtés : les Français sont ainsi bien plus nombreux que les Françaises à juger prioritaire le fait d’adopter des mesures pour permettre aux pères de mieux s’impliquer dans la vie familiale (20% contre 13%), relève la Fondation Jean Jaurès. Près de 40 stars comme le chanteur Julien Clerc, le psychiatre Christophe André, l’économiste Thomas Piketty, ou bien encore l’ex-footballeur Vikash Dhorasoo ont d’ailleurs signé une pétition en novembre, lancée par la revue Causette, réclamant une réforme du congé paternité, avec un allongement à six semaines – il est de onze jours actuellement – une indemnisation similaire à celle du congé maternité. Près de 43000 signataires souhaitent cette mesure, afin d’"entrer réellement dans la paternité précocement et prendre en charge les soins très tôt permettrait de rééquilibrer le partage des tâches et de lutter contre la charge mentale des femmes", comme souligné par le texte de la pétition,mais aussi de "limiter l’impact de la maternité sur la carrière des femmes." À titre de comparaison, la loi danoise accorde aux parents trente-deux semaines de congé à se partager après la naissance d’un enfant.

PRÉSENCE
Politique, sports, médias à équilibrer

Pour rappel, si la Constitution affirme que "la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux",et que des dispositifs législatifs favorisent la parité, on ne compte que 38,6% de femmes élues députées lors des élections législatives de 2016. Avec l’obligation de former des binômes paritaires aux départementales, ou de panacher les listes, l’accès des femmes aux conseils départementaux et régionaux est élargi. Mais au final, sur nos cent départements, 8 sont présidés par des femmes. Cette sous-représentation se retrouve presque partout : rien qu'en temps d'antenne télévisée, le sport au féminin n'en arroge que 15%.Les sportifs de haut niveau de notre pays se composent entre 2400 femmes et 4600hommes, avec les incontournables écarts de salaires : comptez 3500€ par mois pour une footballeuse, tandis que son homologue empoche 12000€.

Idem côté médias, avec dans les journaux quotidiens à peine 14,5% des unes consacrées à une femme, et quelque 21,5% des interlocuteurs cités qui sont des femmes. Un dernier pour la route ? Sachez qu'au Festival de Cannes, une seule réalisatrice a été primée par une Palme d'or en 70 éditions. Merci à la Néo-Zélandaise Jane Campion !

FRACTURE NUMÉRIQUE
Préserver toutes les chances

Un sondage Microsoft / Ipsos a montré en 2010 que 53% des femmes françaises en demande d’emploi pensent que leur situation professionnelle pourrait s’améliorer si elles utilisaient davantage les technologies numériques. "Accès et formation aux nouvelles technologies sont des clés pour réduire les inégalités", assène-t-on : d'ailleurs, les "techno-défavorisées", le plus souvent ouvrières, employées, résidant en milieu rural, de faible formation initiale, sont 62% à souhaiter pouvoir profiter des technologies numériques. "Cette disparité est plus forte dans les pays en voie de développement et a différentes causes dans ces pays", commente Patricia Barrère, de Generali. "Beaucoup de femmes ne savent pas lire et écrire. L'accès égal à la culture, à l'enseignement, pour toutes et tous participeraità pallier ce problème, d'autant que les technologies de l'informationet de la communication (TIC) d'aujourd'hui ont un usage simplifié, qui ne nécessite pas de culture technique spécifique. Ce qui a d'ailleurs permis leur utilisation par toutes les générations !" analyse la directrice Marketing de Generali France.

STÉRÉOTYPES
Se libérer de nos a priori

"Les Français pensent que les filles réussissent globalement mieux que les garçons dans les matières scientifiques et les écoles d'ingénieur" affirme une enquête Ipsos /Sciences et Avenir/La Recherche, publiée en septembre dernier. Mais, en revanche, ils sont plus de 50% à penser qu'il "est plus difficile pour une femme que pour un homme de devenir une scientifique de très haut niveau car elle doit accepter de sacrifier en partie sa vie de couple et sa vie de famille".Preuve en est que les stéréotypes de genre ont toujours la cote. Pour 69% des interrogés, les femmes seraient"plus intuitives que les hommes" dans les matières scientifiques, et pour 68%,"plus à l'aise que les hommes pour faire face à des problèmes concrets". "Y compris dans les milieux dits éduqués, le discernement manque", observe le psychothérapeute Thomas d'Ansembourg. "Si les femmes s’autolimitent, ne saisissent pas la balle au bond aussi vite que l’homme, c'est pour beaucoup lié à leur éducation, à des conditionnementstrès profonds. Le débat ne doit pas fustiger les hommes, mais devrait toujours remettre en question l’éducation.Àl'école, la bientraitance n’est pas assez présente: voyez le nombre d'élèvesmalheureux, maltraités par leurs camarades. Or, la paix, ça s'apprend", montre le spécialiste.
"Apprendre à vivre ensemble en pleine intelligence, c’est tout l’enjeu de demain. Pourquoi l’égalité à tout prix entre un homme et une femme ?" s'interroge Delphine Lhuillier, auteure et fondatrice du Festival du Féminin. "Nous sommes toutes et tous des êtres humains capables de percevoir le besoin de l’autre. La persistance des stéréotypes se manifestedans leur toute puissance chez l’homme, mais aussi chez la femme", poursuit-elle. Ils laissent très peu de place à la liberté d’être, de changer, de créer. Or, tout cela compose le souffle de la vie."

 

Le Parlement du Féminin est un événement co-organisé par le magazine FemininBio et le Parlement des Entrepreneurs d'avenir, avec le soutien de GENERALIEngieKeringOpéra ComiqueSodexoTF1 InitiativesWeleda.

Mention spéciale à notre partenaire majeur GENERALI, soutien depuis le début de cette initiative.

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