Astronomie

Trou noir photographié : l'algorithme de Katie Bouman qui a permis cette avancée majeure

Publié le 12 avril 2019 - Mis à jour le 13 avril 2019
Rédactrice pour FemininBio, fondatrice du projet BuyTheChange. Amoureuse des mots, de photo, et passionnée par les alternatives éco-citoyennes.
"Les travaux d'une jeune femme de 29 ans, Katie Bouman, ont joué un rôle central"
"Les travaux d'une jeune femme de 29 ans, Katie Bouman, ont joué un rôle central"
© DR

La silhouette de M87* fait le tour du monde. Si 200 chercheurs de plus de 40 pays différents se sont mobilisés pour arriver à réaliser le premier cliché d'un trou noir, cette avancée inédite a été rendue possible grâce à l'algorithme de Katie Bouman, jeune scientifique de 29 ans. Une femme de plus qui marque la science.

Ce mercredi 10 avril 2019, la première photographie d'un trou noir, tant attendue par la communauté scientifique, a été dévoilée sur la toile.

M87*, le portrait d'un des plus grands mystères du cosmos

Une équipe internationale de 200 scientifiques (projet Event Horizon Telescope) a été mobilisée pour capturer l’ombre d'un trou noir supermassif, baptisé M87*, soit la preuve la plus directe de l'existence de ce mystérieux objet céleste. Véritables mystères scientifiques, les trous noirs sont invisibles : ils présentent une telle force de gravité qu'aucune lumière, onde, ni matière ne peut s'en échapper.

L'algorithme de Katie Bouman, ex-étudiante du MIT, a permis de rassembler les clichés

Huit télescopes (couvrant la surface de la terre) ont ainsi pris un ensemble de clichés, rassemblés grâce à un algorithme qui a permis de deviner les portions manquantes, et ainsi de rassembler les pièces du puzzle en une image globale. 

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Les travaux d'une jeune femme de 29 ans, Katie Bouman, ont alors joué un rôle central dans cette avancée majeure. Elle avait en effet développé cet algorithme il y a trois ans, dans le cadre du master d’informatique qu'elle préparait au MIT.

L'établissement a publié, pour l'occasion, une photo de la chercheuse posant devant les piles des disques durs qui contiennent une partie des données mesurées par les radiotélescopes. Image qui rappelle la photo de Margaret Hamilton devant l'immense pile de dossiers contenant le code informatique qu’elle avait écrit pour la mission Apollo.

Ces femmes qui ont marqué la science

Dans l'histoire des sciences, les rôles joués par de nombreuses femmes n’ont pas toujours été reconnus à leur juste valeur ; c'est le moins qu'on puisse dire : seulement 3% des prix Nobel scientifiques ont été attribués à des chercheuses. Certaines femmes ont pourtant permis des avancées scientifiques considérables.

On pense à Jocelyn Bell Burnell, qui a découvert le premier pulsar (reste d'une étoile) en 1967 lorsqu'elle était étudiante à l'université de Cambridge ; le prix fut remis à Anthony Hewish - son superviseur - et Martin Ryle, astrophysicien au sein de l'université. Autre exemple : Esther Lederberg, née dans le Bronx en 1922, avait mené des recherches déterminantes en biologie, notamment sur la réplication bactérienne et la résistance aux antibiotiques ; le Prix Nobel sur la cutlure bactérienne par réplication a été attribué en 1958 à Joshua Lederberg, George Beadle et Edward Tatum. Si plusieurs scientifiques ont rappelé l'importance du travail d'Esther, elle n'aura jamais reçu cette distinction.

La liste des noms de femmes oubliés dans l'histoire de la science est encore longue... Au regard de sa médiatisation, celui de Katie Bouman - on l'espère - ne devrait pas en faire partie.

Aller plus loin :

Katie Bouman a expliqué « Comment photographier un trou noir ? » lors d’une présentation TEDx en 2017. 

 

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