Ecole

Rentrée: des enfants joyeux au retour des vacances ?

Publié le 2 septembre 2018 - Mis à jour le 5 septembre 2018
Sylvia Dorance a créé la maison d’édition en ligne Ecole Vivante, spécialisée dans la publication de guides de pédagogie active (Montessori, Freinet…) pour les enseignants, les orthophonistes et les parents.
J'aime bien apprendre !
J'aime bien apprendre !
© Vanessa Toinet/ecole-vivante.com

Ca y est c'est la rentrée ! Sylvia Dorance, créatrice de la maison d'édition en ligne "Ecole vivante" nous explique comment en faire une étape positive pour toute la famille.

Sylvia Dorance a créé la maison d’édition en ligne Ecole Vivante, spécialisée dans la publication de guides de pédagogie active.

Mais non, la rentrée n’est pas triste !

« Alors, les enfants, c’est fini, les vacances ? Pas trop dure, cette rentrée ? » Combien de fois entend-on ces phrases dans les mini-reportages des journaux télévisés année après année en début septembre. Pourtant, la plupart du temps, les enfants sont contents de la rentrée. Ne parlons même pas de ceux qui s’ennuient tout l’été soit parce que leurs parents n’ont pas la possibilité de leur offrir un séjour à la mer, à la montagne, à la campagne, soit parce qu’ils n’ont pas de copains de leur âge sur leur lieu de vacances.

Beaucoup sont simplement contents de retrouver leurs vrais compagnons de toute l’année. Et puis il y a le plaisir de la surprise : nouvelle classe, nouveaux enseignants… Même si ce plaisir est parfois de courte durée, c’est un bon moteur pour la rentrée. Enfin, et sans doute malheureusement, il y a le bonheur non négligeable de la consommation. Cahiers et cartables neufs. Longues séances dans les magasins. Si jeunes, déjà !

Un tristesse annuelle quasi-imposée 

Pourquoi, alors, ce « bourrage de crâne », cette tristesse a priori, quasi-imposée ? Les journalistes ont-ils eux-mêmes si mal vécu leur scolarité ? Au passage, dans ce leit-motiv de dénigrement de l’école, ils rendent un peu plus pénible la rentrée des enseignants eux-mêmes, en les présentant, sans les connaître, en bloc, non pas comme des adultes bienveillants dont le but est d’aider les enfants à développer leur personnalité et leurs connaissances, mais comme des empêcheurs de jouer en rond, des censeurs. C’est tout le rapport entre le pays et son école qui va de travers.

A lire sur FemininBio: Les 6 fleurs de bach pour une rentrée réussie

La rentrée et la pédagogie active

Dans les pays où la pédagogie active est la norme, aussi bien dans le public que dans le privé, il en va tout autrement : l’éducation scolaire est perçue comme un complément non compartimenté de l’éducation tout court. L’école n’est jamais présentée comme un lieu de contrainte et de souffrance. Parents et enseignants collaborent avec confiance et respect mutuel pour le bien des enfants.

La société tout entière reconnaît le rôle majeur des enseignants, qui sont bien formés et dont on apprécie le travail irremplaçable. Et les enfants sont heureux de retourner en classe parce qu’ils s’y livrent à des activités qui les passionnent.

C’est possible aussi en France. Dans les classes Freinet du public, par exemple, ou dans les classes Montessori (essentiellement dans le privé). Les parents savent que leurs enfants y sont heureux et apprennent avec plaisir une quantité de compétences, de contenus, de comportements, de la même manière qu’ils ont appris à parler et à marcher : sans que ce soit pénible.

L’école où les enfants sont aussi heureux qu’en vacances

Tout cela est possible parce qu’on laisse chaque enfant se développer à son rythme, sans fixer de date butoir et péremptoire pour tel ou tel apprentissage. D’où moins de stress pour tout le monde. On permet aussi aux enfants de bouger dans la classe, dans le calme. A quoi sert de les contraindre à rester assis de longues heures, ce qui est pénible même pour les adultes ?
On leur donne l’occasion de prolonger une activité commencée et dans laquelle ils sont engagés avec plaisir, au lieu de compartimenter leur temps en tranches arbitraires (une heure de calcul, une heure de géographie, etc.). On leur permet de travailler en petits groupes, comme ils collaborent en jouant. On les laisse expérimenter, agir par eux-mêmes. On valorise l’initiative, la créativité.

Heureusement, lentement mais sûrement, ces idées progressent dans le milieu enseignant et chez les parents, de plus en plus informés. Alors… bonne rentrée à tous !
 

Sylvia Dorance, autrefois rédactrice en chef de magazines pour enfants (Milan, Nathan) et auteur pour enfants, publie aujourd’hui des ouvrages de formation accessible à tout public, comme la collection Montessori Pas à Pas
Articles du thème Mon enfant et moi
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte