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Que faire lorsque votre enfant est mauvais perdant ?

Publié le 31 mars 2018
Alix Leduc est journaliste indépendante. Elle est notamment l'auteur d'Elever un garçon, mission impossible ! (Editions Leduc, 2017). Marta de Tena a publié La garde alternée : du sur-mesure pour nos enfants (JC Lattès, 2012).
© Michał Parzuchowski/Unsplash

Lorsqu'il a un vif esprit de compétition, il est parfois difficile pour un enfant d'accepter la défaite. Et pourtant, il s'agit d'une façon d'apprendre à persévérer et à se donner des challenges afin de faire mieux lors de la prochaine partie.

Explications

➜ Un trait de caractère qui masque, souvent, un manque de confiance en soi

Peut-être votre enfant a-t-il hérité de ce trait de caractère d’un membre de votre famille ? Ou bien il agit par mimétisme ? Il a vu son oncle, par exemple, se mettre dans tous ses états pour une partie de tennis parce qu’il avait gagné, se vantant, à plusieurs reprises, d’avoir "écrasé" son partenaire ? Votre petit joueur a assimilé qu’il y avait un véritable enjeu dans le jeu, que sa réputation, son honneur, le regard qu’on porte sur lui, allaient se jouer sur une partie. Quand il joue, il n’y a pas de filtre, il s’implique totalement, passionnément. Et, du coup, il ne se protège pas, recevant l’échec comme une mise à mort, tamponné par une étiquette de perdant. Il s’est fait "écrasé", il n’a pas été la hauteur de ses attentes. Il est hors-jeu.

➜ Game over !

Le mauvais joueur vit l’échec comme un affront, ne pas gagner est inacceptable. Alors, autant se débarrasser de l’objet qui fait si mal en décidant de ne plus jamais s’en approcher : le jeu des petits chevaux vole en éclat, la partie de dominos reste en plan, ça lui apprendra ! C’est, peut-être aussi, parce qu’il est fier, orgueilleux ou, plus certainement, parce qu’il manque de confiance en lui, encore une fois.

Mais généralement, les "jamais plus" ne durent pas, le mauvais perdant veut prendre sa revanche. Reste que son entourage, malmené, n’en n’aura peut-être plus trop envie !

Conseils

  • Qui perd gagne
    Comment le préparer à l’échec ? En lui expliquant, encore et toujours, jusqu’à ce que ça paraisse évident, que l’important, ce n’est pas de gagner mais bien de participer. Que le plaisir réside dans le fait qu’on ne sait jamais d’avance qui va l’emporter, que chaque partie est différente et que, le plus souvent, on apprend grâce à ses erreurs.
     
  • Valorisez ses progrès et ses succès
    Encouragez votre enfant en insistant sur le fait que plus on joue, plus on s’améliore. Rappelez-lui, par exemple, ses premières gamelles à vélo, comme c’était long, pénible et laborieux. Et rappelez-lui aussi comme il se débrouille, aujourd’hui, en vrai bolide, et sans les petites roues ! Montrez-lui à quel point il a déjà progressé et que s’il s’arrête, il ne pourra jamais se perfectionner.
     
  • Dédramatisez
    Avoir l’esprit de compétition est, aussi, une qualité ! Votre enfant est un fonceur, il veut se surpasser, faire mieux que ses frères et soeurs… Bravo. À condition que cela ne tourne pas à l’obsession et qu’il parvienne, en grandissant, à mieux contrôler sa déception, sans peur ni rancoeur. C’est là que vous, parents, devez l’aider à dédramatiser : non, perdre ce n’est pas la fin du monde !

​Cet article est tiré du livre Gérer les colères et les peurs de vos enfants de 1 à 5 ans, d'Alix Leduc et Marta de Tena, paru aux éditions Leduc.

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