Couple

Témoignage : Ilia et Ferdinand nous expliquent ce que l'endométriose a changé dans leur couple

Publié le 12 mars 2019
Rédactrice pour FemininBio. Amoureuse des mots, de photo, et passionnée par les alternatives éco-citoyennes. Rêve d’un monde rempli d'amour et de houmous.
"en tant que partenaire, on doit le prendre en compte et être à l’écoute des besoins de l’autre"
"en tant que partenaire, on doit le prendre en compte et être à l’écoute des besoins de l’autre"
© Ilia Renon

Infertilité, douleurs, mal-être : comment gérer les conséquences de l’endométriose sur le couple ? Interview d’Ilia Renon et de Ferdinand Richter.

Ilia est atteinte d’endométriose sévère (stade 4 sur l’échelle de 1 à 5) et en couple depuis 11 ans avec Ferdinand Richter. A travers ses ateliers et retraites, elle accompagne les femmes à se reconnecter à leur féminité. Ferdinand est coach en développement personnel et le directeur France d’Ecosia, le moteur de recherche qui plante des arbres. Ensemble, ils répondent à nos questions.

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Comment vivez-vous l’endométriose au sein du couple ?

Ilia : Ça dépend de la période de mon cycle, mais dans l’ensemble j’ai l’impression qu’on le vit plutôt bien. Il me masse lorsque j’ai mal et me supporte quand j’ai des passes difficiles. Mais je ressens son impuissance face à la situation : il peut faire tout son possible pour m’aider, c’est moi qui le vis dans mon corps et par moment je peux me sentir assez seule face à cette épreuve.

Ferdinand : J’essaye de la soutenir du mieux que je peux. C’est déjà très dur pour un homme d’imaginer les douleurs que ressent une femme pendant ses règles, alors celles de l’endométriose, c’est encore un cran au-dessus. Quand je l’ai vue tomber dans les pommes, j’ai réalisé à quel point c’était grave. Je fais mon maximum pour l’aider à vivre avec.

Quels changements avez-vous mis en place à deux pour réduire les douleurs d’endométriose ?

Ilia : Le changement majeur, ça a été l’alimentation. Je mange bio, végétarien, et j’évite tous les aliments inflammatoires comme le lactose, le sucre raffiné ou encore le gluten. Il le sait et fait attention. Il s’est calqué sur mon alimentation et ça m’aide beaucoup car il n’achète rien qui puisse me tenter.

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Ferdinand : Je me suis adapté petit à petit. Plus jeune, je faisais du sport à haut niveau, ce qui induisait déjà des restrictions alimentaires. Mais surtout, je garde en tête que tout ce qu’on met en place n’est pas vraiment une contrainte : vu mon engagement écologique, je serais certainement allé vers ce type d’alimentation. On va, ensemble, dans la même direction.

Jusqu’à présent, vous n’êtes pas arrivés à avoir un enfant, comment le gérez-vous ?

Ilia : C’est dur. Mais il ne me fait ressentir aucune pression et m’aide à déculpabiliser. Nous ne souhaitons pas avoir recours à la PMA (Procréation Médicale Assistée), c’est un choix personnel : on verra bien ce que l’avenir nous réserve. Peut-être que nous serons parents naturellement un jour, peut être que nous adopterons, peut être qu’il n’y aura rien de tout ça. Je fais confiance à la vie.

Ferdinand : J’ai l’impression qu’en tant qu’homme, je ressens beaucoup moins cette fameuse horloge biologique. Comme Ilia, je fais confiance à la vie et je suis persuadé que prendre soin de soi et apprendre à s’aimer reste une priorité et le meilleur chemin à suivre. Par ailleurs, au vu de mon engagement écologique, faire un enfant n’est plus une évidence pour moi. Je me questionne sur l’avenir que nous allons laisser aux futures générations. Je n’ai pas la réponse mais en attendant, l’adoption peut être une belle façon de donner de l’amour à quelqu’un qui en a besoin. 

Comment l’endométriose impacte votre sexualité ?

Ilia : D’abord psychologiquement, car on associe cette zone de notre corps à la souffrance, ce qui a des répercussions évidentes sur la sexualité. Ensuite, il peut y avoir des douleurs physiques durant l’acte. En plus, il y a bien évidemment l’impact lié à l’envie d’avoir un enfant et de ne pas y arriver, comme peuvent le vivre bien des couples, endométriose ou pas.

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Ferdinand : Toute cette zone est symbole de douleur ; en tant que partenaire, on doit le prendre en compte et être à l’écoute des besoins de l’autre, pour ne pas renforcer ou recréer d’autres douleurs. J’essaye d’être un peu plus créatif.

Est-ce que l’endométriose a « apporté » quelque chose en plus dans votre couple ?

Ilia : Personnellement, ça m’a permis de me révéler en tant que femme et de me reconnecter à ma créativité. Si on s’intéresse à la symbolique, ces îlots d’endomètres représenteraient physiquement des besoins de créer avortés. Mes douleurs ont diminué quand j’ai commencé à matérialiser mes envies et à me faire confiance. Ce chemin, c’est celui qui m’a amenée à devenir adulte, femme et, bien sûr, cela apporte beaucoup à notre couple.

Ferdinand : Plein de petits plats cuisinés maison, sans gluten, sans viande et du yoga tous les matins. Sans parler des massages que je reçois moi aussi, pour équilibrer un peu ! (rires) Sinon, plus sérieusement, la maladie oblige à être vraiment à l’écoute de l’autre et à le respecter dans ses choix et son rythme au quotidien. C’est un bel apprentissage.

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Infos utiles :
Ilia organise des ateliers autour du Féminin et des retraites dédiées aux femmes.
Elle vient de co-créer le programme en ligne "Cycle Féminin - pour une exploration en profondeur des énergies féminines" disponible très prochainement.
Le compte instagram d'Ilia : @iliarenon
Le compte instragram de Ferdinand : @ferdinandrichter
Le site internet de Ferdinand : ferdinandrichter.com

 

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