Santé

Vaccination personnalisée : les arguments contre l'obligation vaccinale

Publié le 23 mars 2018
© Pixabay

Tandis que le ministère de la Santé vient de publier le calendrier vaccinal 2018, les défenseurs de la liberté vaccinale n’entendent pas lâcher prise et cherchent à faire entendre leurs arguments pour une vaccination personnalisée et libre.

Le collectif « Ensemble pour une vaccination libre » poursuit son combat afin de pousser le gouvernement à remettre en question la loi sur l’obligation de vacciner les enfants nés après le 1er janvier 2018 contre 11 maladies : la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (qui étaient déjà obligatoires), la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, l'hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (qui, jusque-là, étaient simplement recommandés).

Ils soutiennent l'appel de 7000 professionnels de santé « à la raison du grand public ». Ceux-ci souhaitent faire entendre leur voix et leur message : ils ne sont pas « contre les vaccins, mais contre l'obligation vaccinale de plus en plus précoce et contre la présence dans la plupart des vaccins de l’adjuvant aluminium. » La pétition lancée sur Internet a déjà récueilli plus de 40.000 signatures. 

Retour sur les critiques à l'égard de cette loi sur l'obligation vaccinale, avec le Dr Dominique Eraud, médecin homéopathe et acupuncteur.

Contre l'obligation, pour une vaccination personnalisée
C’est l’argument-phare des professionnels de santé et des scientifiques qui forment le front contre l'obligation de vacciner un enfant pour qu’il soit admis en collectivité. Pour Dominique Eraud, « c’est une hérésie de vouloir vacciner tous les enfants, notamment contre l’hépatite B qui est une maladie sexuellement transmissible… D'autant que, selon le SAGE (Groupe stratégique consultatif d'experts de I'OMS), le vaccin pratiqué chez l’enfant n’est pratiquement plus efficace 22 ans après, lorsque l'on est jeune adulte. Nous savons par ailleurs que nous ne sommes pas tous égaux face aux vaccins. »
Une affirmation qui s’appuie notamment sur une étude menée sur le personnel de l’Hôpital Privé Nord Parisien : un dosage des anticorps sur 144 personnes vaccinées contre le tétanos, la polio, l’hépatite B et l’hépatite A (obligatoires pour les personnels hospitaliers). Les résultats de l’étude montraient qu’environ 10% des personnes récemment vaccinées n’avaient pas les anticorps attendus. Tandis que d'autres, dont les rappels dataient de plus de 20 ans, étaient toujours immunisées. Une première démonstration qui mérite, pour les scientifiques du collectif « Coordination Nationale Médicale Santé Environnement » (CNMSE) que les autorités de santé investiguent plus largement sur l’efficacité des vaccins.

Outre l’aspect sanitaire, le collectif avance des arguments financiers : un dosage d’anticorps est moins onéreux qu’un vaccin et les effets secondaires liés aux vaccins coûtent cher à l’Assurance Maladie. La vaccination sur-mesure serait la meilleure réponse à la méfiance des Français face à la vaccination généralisée et obligatoire. 

La couverture vaccinale en baisse ? Pas tout à fait…
Pour défendre sa loi, la ministre de la Santé Agnès Buzin a largement évoqué la défiance croissante des Français et des professionnels de santé face au vaccin : la couverture vaccinale aurait chuté ces dernières années pour atteindre 80% contre les 95% demandés pour l’OMS. En réalité, selon les chiffres Institut national de veille sanitaire (INVS), pour les enfants de moins de deux ans (population visée par la nouvelle loi), la couverture vaccinale est de près de 99% pour le premier vaccin DTP et de 98% pour le rappel. Pour les 8 autres vaccins, on atteint les recommandations de l’OMS pour l’Haemophilus influenzae B et la coqueluche. Mais, pour la rougeole, la rubéole, les oreillons, elle atteint 90% en version une dose (hors rappel) et 91% pour le pneumocoque. C’est effectivement légèrement en dessous de l’objectif. La couverture vaccinale pour l’hépatite B se situe quant à elle à 88% et à 91% pour le méningocoque C. Selon les chiffres de l’INVS, et chez les plus jeunes en tout cas, la couverture vaccinale stagne ces dernières années.

Une loi hors la loi ?
Ce qui hérisse également les défenseurs de la liberté de vaccination, c’est l’absence totale de concertation avec le ministère de la Santé avant le vote de la loi. « Nous avons envoyé des lettres, demandé des entrevues pour exposer nos craintes. Sans réponse… » Aujourd’hui, le collectif « Ensemble pour une vaccination libre » souhaite donc s’en remettre à la justice. Un millier de plaintes contre X ont été déposées auprès du Parquet de Paris, le 21 février :  les griefs sont nombreux. Parmi eux : « emploi ou administration de substances de nature à entraîner la mort, empoisonnement » ; « administration de substances nuisibles ayant porté atteinte à l’intégrité physique ou psychique » ; « expérimentation sur la personne humaine sans avoir recueilli le consentement libre et éclairé des titulaires de l’autorité parentale » ou encore « conflit d’intérêt par une personne dépositaire de l’autorité publique ».

Et les détracteurs de souligner qu’en Europe de l’Ouest et dans le monde, la France devient le plus pays le plus contraignant en matière de vaccination. En Europe seize pays n’imposent aucun vaccin : de l’Allemagne à l’Autriche en passant par le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas. Une douzaine d’autres recourent à l’obligation, mais dans une moindre mesure : un vaccin pour la Belgique, quatre pour la Grèce ou la Pologne et dix, depuis 2017, pour l’Italie.

Les adjuvants en question
C’est l'un des autres arguments-clés des professionnels de santé opposés à la vaccination systématique : la toxicité potentielle des adjuvants présents dans les vaccins. En tête bien sûr : l’aluminium. Le Pr Romain Gherardi, professeur de neurologie, chef de service du centre expert en pathologie neuromusculaire de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne), interroge depuis plusieurs années l’utilisation des adjuvants, notamment aluminiques, utilisés pour booster l’efficacité des vaccins. Ses premières recherches semblent montrer le lien entre l’injection en intra-musculaire d’aluminium et l’apparition de myofasciite à macrophages (une lésion musculaire potentiellement invalidante) et de syndrome de fatigue chronique, associée à des troubles cognitifs.
A l’automne dernier, il a demandé un nouveau financement pour poursuivre ses recherches sur les effets de l’aluminium, notamment sur le système immunitaire. Celui qui se pose comme lanceur d'alerte et non anti-vaccin (il affirmait d'ailleurs, en septembre 2017, au journal Le Parisien/Aujourd’hui en France, qu’« il faudrait être fou pour être anti-vaccin »), estime que pour regagner la confiance des Français face au vaccin, la meilleure solution est de pousser les recherches sur les effets de l’aluminium… pour peut-être aboutir à l’utilisation de l'une de ses alternatives : le phosphate de calcium.

Pour le Pr Didier Raoult, microbiologiste qui dirige l’Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille, qui vient de publier « La Vérité sur les vaccins » (éditions Michel Lafon), la politique vaccinale actuelle est « incohérente, dépassée et inefficace ». Il dénonce un manque d’informations et affirme qu’il est indispensable de laisser les gens choisir après leur avoir donné une information fiable sur les vaccins. « Le risque acceptable est celui qui est accepté. »

Articles de la même rubrique
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte