Allaitement

Un enfant allaité au sein fait-il des meilleures nuits qu'avec un biberon ?

Publié le 28 février 2020
Thérapeute systémique et accompagne parents et enfants lorsque les difficultés du quotidien deviennent des freins. Après avoir exercé le métier de journaliste pendant dix ans, elle est devenue coach en développement personnel. Egalement Personne Ressource en Discipline Positive dans les écoles pour accompagner enseignants et équipe pédagogique dans la découverte et la mise en place de la méthode en classe et co-construire des solutions ensemble.
Tous les cas de figure existent : des bébés nourris au sein qui font leurs nuits à 2 mois, des bébés nourris au biberon qui ne font toujours pas leurs nuits à 16 mois.
Tous les cas de figure existent : des bébés nourris au sein qui font leurs nuits à 2 mois, des bébés nourris au biberon qui ne font toujours pas leurs nuits à 16 mois.
© Rainier Ridao

Vous n’êtes pas encore décidée sur votre  mode  d’allaitement (sein ou biberon) et vous ne savez pas si votre choix aura un impact sur le sommeil de votre bébé ? Quoiqu'il en soit, il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, l'essentiel étant de penser à votre bien-être et celui de votre enfant.

S’il est évident que la mère sera davantage sollicitée en optant pour l’allaitement au sein, cela ne veut pas dire que le père n’aura rien à faire, bien au contraire. La mise au sein peut s’avérer compliquée, parfois douloureuse, et la mère a considérablement besoin de soutien moral. 

L'allaitement : un choix personnel

Donner le sein à son enfant n’est pas un sujet anodin ‒ il fait  encore grand débat. L’ancienne génération ayant vécu le biberon comme un progrès peut avoir l’impression d’un retour en arrière en voyant leurs filles décider de donner le sein. Dans les maternités, le personnel n’est pas toujours suffisamment présent pour les encourager.

Il y a les « pro » et les « anti », chacun a son avis sur la question. C’est pourtant une question profondément intime, personnelle, qui ne regarde que les parents concernés. Il n’y a aucun jugement à porter sur l’une ou l’autre façon de nourrir un enfant.

L’allaitement au sein se vit à deux (à trois), même si la relation à la mère est particulière. Le père peut quant à lui investir d’autres domaines comme la toilette, le bain, l’habillage, les promenades, l’éveil, les chansons, les histoires, les pleurs du soir… Les activités du quotidien ne manquent pas pour tisser la relation dès les premiers jours.

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Une fois l’allaitement installé, les positions stabilisées, tout se déroule à merveille. À tel point d’ailleurs que l’enfant peut y prendre goût et en redemander tant et plus. La limite est la sienne. S’il a trop envie de téter et qu’il boit trop, il régurgitera le surplus. Il faudra alors lui proposer une tétine pour qu’il tète sans nécessairement boire. Profitez de ces moments qui sont si éphémères et tellement magiques.

S'adapter au rythme de votre bébé

Les enfants font-ils plus vite leurs nuits quand ils sont au biberon ? Sont-ils plus facilement rassasiés ? Tous les cas de figure existent : des bébés nourris au sein qui font leurs nuits à 2 mois, des bébés nourris au biberon qui ne font toujours pas leurs nuits à 16 mois.

Ni l’allaitement au sein ni celui au biberon ne doivent être envisagés seulement dans l’espoir que le bébé fasse ses nuits le plus vite possible. Il peut mal digérer le lait industriel, voire ne pas le tolérer du tout, alors qu’il n’y a pas d’intolérance possible au lait maternel. 

Oui, mais au sein, on ne sait pas quelle quantité il boit... En êtes-vous sûre ? Observez bien votre bébé, sa manière de téter, de déglutir. Observez votre sein se vider. Certes, vous ne connaîtrez pas la quantité de lait qu’il aura bu au milligramme près, mais votre bébé sera votre indicateur. Avec le sein, au moins, quand il semblera repu, vous n’insisterez pas. Il boira à volonté et à son rythme.

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Si vraiment le fait de ne pas voir la quantité qu’il boit vous angoisse ou si vous avez l’impression de ne pas avoir assez de lait, tirez-le avec un tire-lait (en vente ou en location en pharmacie). Si vous remplissez un biberon, donnez-le-lui ou congelez-le (pour avoir un biberon de sécurité) et continuez à vivre normalement. Si vous avez du mal à tirer votre lait, mangez, buvez, reposez-vous et réessayez un peu plus tard.

Et si, malgré tout, l’épuisement et l’anxiété persistent, passez au biberon. Personne ne vous en voudra : il s’agit de votre corps, écoutez-le. Mieux vaut une mère et un père qui donnent le biberon apaisés et heureux qu’une lutte autour de la mise au sein. Quand votre enfant passera au biberon, il dormira peut-être toute la nuit, mais peut-être pas : il est important de le savoir pour éviter d’être déçue.

Notre experte

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, est l'auteure de Mon enfant ne veut pas dormir, paru aux Éditions Eyrolles.

 

 

 

 

 

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