Maternité heureuse

Le lait maternel peut-il être mauvais ? La vérité sur l'un des mythes de l'allaitement

Publié le 6 mars 2019
Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau s’intéresse depuis plus de quarante ans à la naissance et aux pratiques de maternage proximal (allaitement, cododo, portage...). Elle a été plusieurs années présidente de La Leche League France. Elle a publié, entre autres, Allaiter plus longtemps, Le Cododo : pourquoi, comment, Ne pleure plus, bébé !, et Ma première année avec bébé : l’album tendresse de la jeune maman.
In utero, les polluants peuvent avoir de graves conséquences sur l'enfant à naître, mais l'allaitement atténue ces conséquences.
In utero, les polluants peuvent avoir de graves conséquences sur l'enfant à naître, mais l'allaitement atténue ces conséquences.
© Davidoclubb

Alimentation, hygiène de vie, maladie... De nombreux mythes entourent l'allaitement et effraient les mamans qui ne savent plus comment agir pour nourrir leur enfant. Fort heureusement, de nombreux désagréments sont sans conséquence sur la santé de bébé.

Même si l’on ne craint plus comme autrefois d’empoisonner son bébé parce qu’on l’a allaité après un rapport sexuel ou parce qu’on était en sueur, la peur du « mauvais » lait subsiste, prenant des formes diverses.

On enjoint parfois encore aux femmes allaitantes d’éviter certains aliments qui donneraient « mauvais » goût à leur lait (ail, oignons…). En fait tous les aliments donnent du goût au lait, un goût plus ou moins fort selon la quantité de principes volatils contenus dans l’aliment. Et les bébés aiment ces goûts, même prononcés !

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Les mères s’inquiètent parfois de voir un peu de sang dans leur lait. Les causes possibles sont variées : crevasse qui saigne, rupture de capillaire dans le sein (due par exemple à un usage un peu brutal du tire-lait), papillome dans un canal lactifère. Même s’il faut bien sûr trouver la cause et y remédier, le fait que le bébé avale un peu de sang est sans conséquence. Il faut juste savoir que le sang se retrouvera dans ses selles et ne pas s’en inquiéter.

Quand une femme qui allaite tombe malade, il est malheureusement fréquent que le premier avis médical qu’elle va recevoir soit de sevrer l’enfant dans la minute qui suit, notamment parce qu’on craint qu’elle transmette sa maladie à l’enfant. En fait, dans l’immense majorité des cas, non seulement l’allaitement peut être poursuivi, mais il est bon de le poursuivre, tant pour la mère que pour l’enfant.

Si elle doit prendre des médicaments, là aussi on va lui enjoindre d’arrêter, ou du moins de suspendre temporairement l’allaitement. En fait, il existe très peu de médicaments vraiment incompatibles avec l’allaitement, et il est exceptionnel de ne pas pouvoir en trouver un qui soit sans risque pour l’enfant, dans toute la panoplie existante (un bon endroit pour se renseigner sur médicaments et allaitement : le site lecrat.fr).

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Beaucoup de femmes qui n’ont pas souhaité ou pas réussi à arrêter de fumer pendant la grossesse pensent que l’allaitement leur est « interdit », car cela ferait plus de mal que de bien à leur bébé. La recherche montre exactement l’inverse : lorsque leur mère fume, les enfants qui ne sont pas allaités sont en moins bonne santé que ceux qui le sont. Voir le dossier Tabac, alcool, caféine, drogues sur le site LLL France.

Le lait maternel faisant partie de la chaîne alimentaire, il est inévitable que certains de ces polluants s'y retrouvent à un degré ou à un autre. Mais toutes les études montrent que si l’exposition aux polluants in utero peut vraiment avoir des conséquences dommageables pour l’enfant à naître, l’allaitement atténue ces conséquences, et ses avantages pour le développement neurologique de l’enfant et sa santé en général contrebalancent largement l’éventuel impact négatif que pourrait avoir la présence de polluants dans le lait maternel.

Enfin, contrairement à ce qu’on entend dire parfois, il n’y a pas de raison pour se priver d’activités physiques quand on allaite. Les études n’ont trouvé aucun impact de l’exercice physique même intense sur le taux lacté des principaux minéraux (phosphore, magnésium, sodium et potassium) du lait maternel.

Retrouvez toute l'actualité de Claude Didierjean-Jouveau sur son site.

 

 

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