Développement personnel

Etes-vous dépendant ou indépendant ?

Publié le 14 mars 2018
Communicatrice et formatrice hors-pair, Lise Bourbeau est auteur de 22 best-sellers qui ont déjà aidé des milliers de personnes à améliorer leur qualité de vie en devenant conscientes de ce qui se passe à l'intérieur d'elles-mêmes, grâce à sa philosophie de vie simple, accessible et applicable dans le quotidien de chacun.

Lise Bourbeau, auteure de best-sellers et conférencière en développement personnel, soulève ici la question de la dépendance aux autres.

Je parle dans cet article de la dépendance affective et non de la dépendance physique qui rend impossible de se passer d’une substance quelconque pendant plusieurs jours sans souffrir de malaise ou de douleur.

Une personne dépendante fait dépendre son propre bonheur de quelqu’un d'autre – de son attention, de son soutien – tandis que la personne indépendante est en réaction à la dépendance. Elle ne veut pas admettre qu’elle puisse être dépendante et décide de ne compter que sur elle-même et de s’autoriser à demander de l’assistance que dans une situation extrême. Pour elle, réclamer de l’aide signifie être perçue comme dépendante et faible. En effet, les personnes qui font tout pour être indépendantes ne font que nier leur dépendance affective.

Alors, selon vous, êtes-vous dépendant affectif ou indépendant ? Vous êtes-vous déjà posé cette question ? Si oui, quelle est votre réponse ? Essayez-vous de montrer que vous êtes capable de tout faire par vous-même ou êtes-vous porté à avoir besoin de soutien et à rechercher l’aide des autres à la moindre occasion ?

Il est fort probable que vous n’ayez pas réalisé que la dépendance et l’indépendance sont intimement reliées.

Prenons l’exemple d’une femme aux comportements indépendants vivant avec un conjoint et deux adolescents. Ayant une mère très dépendante, ne pouvant rien faire seule et s’arrangeant pour toujours demander de l'aide, elle a décidé de ne pas être comme elle et n’ose rien demander. Elle s’occupe de tout à la maison et aussi des activités des enfants et de leurs travaux scolaires, tout en travaillant à l’extérieur. Elle, son ego, trouve de nombreuses excuses pourquoi son mari ne peut pas la soutenir. Aussi, elle veut laisser ses enfants profiter de leur enfance et leur adolescence pour qu’ils n’aient pas à subir, comme elle, une mère qui a toujours besoin d’aide. Ainsi, elle est convaincue d'être une meilleure mère que celle qu'elle a subie.

Par contre, cette femme est sans cesse frustrée, stressée, se plaint que les rôles de mère et d’épouse ne sont pas faciles, et a souvent mal au dos. Souvent, elle est inconsciente de se plaindre, car elle utilise des moyens détournés pour le faire. Les fois où elle s'en rend compte, elle s’empresse d’ajouter que même si ces tâches sont pénibles, cela lui fait plaisir. Elle se console en se disant qu’un jour les enfants partiront de la maison. Au fond d’elle-même, elle espère de plus en plus souvent que ces derniers ainsi que son mari s’apercevront un jour de tout ce qu’elle fait, auront pitié d’elle et lui offriront EUX-MÊMES d’aider. Elle voudrait surtout être reconnue et qu'ils la remercient plus souvent. Ce serait pour elle de vraies preuves d’amour.

Comme ils ont été habitués à se faire servir, ils ne pensent même pas à offrir leur aide. Ils sont convaincus que c’est le rôle de leur mère et qu'elle en est d’ailleurs heureuse. Ses enfants et son mari agissent en fonction de la décision qu’elle a prise. Elle ne se rend pas compte qu’avant que cela change à l’extérieur d’elle, elle doit changer à l’intérieur. Lorsqu'elle réalisera qu’elle est dépendante affective tout comme sa mère, elle pourra prendre une autre décision. En faisant tout par elle-même, elle se croit indépendante, mais elle ne réalise pas qu’elle est devenue dépendante de la dépendance de ses proches envers elle.

Les manifestations physiques ne sont qu’un reflet de ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Son vrai besoin, c'est d'être AUTONOME. Qu’est-ce qu’une personne autonome ? C’est celle qui sait ce qu’elle veut et qui peut agir librement pour le concrétiser.  Connaissant ses limites, elle est capable de demander de l’aide si elle ne peut y arriver seule. Contrairement à une personne dépendante, sa demande n’est pas basée sur la recherche d'une preuve d’amour.

Après un processus de réconciliation avec sa mère et s'être pardonnée à elle-même de l’avoir rejetée, elle pourra facilement prendre la décision d’être autonome. En partageant avec son mari et ses enfants ce qu’elle a découvert sur elle-même, les circonstances changeront. Elle continuera d'aimer aider sa famille, mais bien par choix et non en réaction à sa mère. Les fois où elle aura besoin d’aide, elle sera capable de demander et d’accepter qu'on lui dise non sans croire qu’on ne l’aime pas.

Une personne autonome sait que si une personne ne peut pas l'aider, elle peut demander à une autre, par exemple à une femme de ménage. Elle sait surtout écouter ses besoins et respecter les besoins des autres.

En conclusion, si vous vous voyez comme une personne indépendante, sachez que ce n’est que pour cacher votre dépendance. Visez donc à être autonome plutôt qu’indépendante.

Lise Bourbeau

Lise Bourbeau est fondatrice de l’école Écoute Ton Corps et auteure de 25 livres dont son tout nouveau "Écoute Ton Corps-version homme".
Découvrez son site Web à www.lisebourbeau.com et consultez le site www.ecoutetoncorps.com pour plus d’information sur les ateliers de l’école qu’elle a fondée.

Articles du thème Développement personnel
Envie de réagir ? Je prends la parole
Réaction à l'article
Par Diatrima le 12 avril 2018 à 15h54
Article problématique

Bonjour,
Je trouve cet article problématique, car il présente une situation sexiste discriminatoire comme simplement de l'ordre de "l'indépendance et de la fierté mal placée d'une femme"... Comme si la femme citée en exemple était responsable entièrement de ce qu'elle subit (abus, esclavagisme), alors qu'elle porte déjà son travail, sa personne, le ménage de la maison SEULE, et toute la charge mentale en plus (qui est un fait reconnu et dénoncé comme sexiste et inadmissible).
Ce qu'elle vit c'est purement et simplement de l'esclavagisme à domicile. Cela n'a rien à voir avec de la "dépendance/indépendance affective", l'exemple est très mal trouvé. Il aurait plutôt été judicieux de parler des femmes dépendantes affectivement qui sont des proies idéales pour les abuseurs et les pervers narcissiques.
Ici, personne n'aide la femme de l'article: ni son mari, ni aucun de ses deux enfants (mâles aussi). Ce n'est pas normal, c'est discriminatoire, c'est de l'abus pur et simple. En quoi est-ce de "sa faute à elle"? (c'est présenté ainsi en substance dans l'article)
Non, C'est de la faute des trois autres qui acceptent cela comme allant de soit, sans bouger un doigt pour l'aider (alors que la situation la détruit!), et qui reproduiront ce schéma avec leurs propres enfants, filles et garçons, et leur propre futur épouse! Et certainement au travail aussi avec leurs collègues/patronnes/employées, à l'école, dans la rue (harcèlement?!), etc. C'est un cercle vicieux très corrosif!
C'est terrible de lire qu'elle est tellement arasée par la situation, qu'elle est résolue à attendre vainement de l'aide en espérant faire assez pitié, c'est auto-destructeur!
Elle n'a pas a subir cela. Pourquoi faire le ménage si elle n'est pas aidée équitablement? Dans ce cas, qu'elle cesse purement de le faire, et qu'elle demande aux trois autres de sa famille de le faire à sa place. Elle a une vie elle aussi! Voilà une preuve d'indépendance! c'est aussi simple de cela. Et certainement pas d'engager une femme de ménage à la place, comme conseillé dans l'article! >_< C'est encore une fois perpétuer le système sexiste de la "bonne à tout faire"!
La sphère domestique n'est pas réservée exclusivement au travail des femmes. Si vous voulez prendre votre indépendance, partageons les tâches à la maison équitablement, et pas selon le genre biologique.
Le sexisme, c'est comme le racisme, la xénophobie, le spécisme, etc: cela génère des souffrances extrêmes et des inégalités qui coûtent des vies. Il faut les combattre et changer les mentalités.

Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte