Féminin sacré

Les déesses de la mythologie égyptienne nous guident pour renaître

Publié le 7 mars 2020
Katia Bougchiche est psychothérapeute, initiée aux traditions chamaniques amazonienne et amérindienne, aux chakras et à l'énergétique. Son nom d’initiée est MiddayWoman qui signifie la femme dont la nature solaire est au zénith. Elle accompagne les femmes sur la voie du féminin sacré par des initiations et des rituels de passage et les aide à révéler leurs dons, les assumer et à rayonner. Elle est l'auteure d'un ouvrage initiatique: l'Éveil des sorcières, Initiation au féminin des origines aux Éditions Leduc.s.
" Avant la renaissance, nous avons à nous libérer de nos émotions, de nos blessures mais aussi de manières de voir le monde et de choses qui sont dépassées ou limitées. "
" Avant la renaissance, nous avons à nous libérer de nos émotions, de nos blessures mais aussi de manières de voir le monde et de choses qui sont dépassées ou limitées. "
© Luz Mendoza/Unsplash

Les civilisations anciennes continuent d'inspirer notre temps par leurs mythes. De la légende d'Isis, déesse funéraire de l'Égypte ancienne, à la terrifiante Kali, déesse hindoue de la destruction, les figures sacrées nous livrent leurs secrets pour dépasser les épreuves et renaître à nous-mêmes. 

Cet article a été publié dans le magazine FemininBio #27 février 2020 - mars 2020

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Dans le mythe d'Isis et d'Osiris, Isis a perdu son mari Osiris qui a été démembré par son frère Seth, un dieu violent et jaloux. Elle part à la recherche des morceaux de son époux et les rassemble puis les momifie. Elle parvient ainsi à redonner vie à Osiris en tant que dieu du Douat, le monde invisible.

À la suite de cet événement, elle s'unit à Osiris sous la forme d'un oiseau rapace.

Cette évocation signifie qu'Isis a réussi les épreuves de la foi et, qu'en partant rassembler les morceaux de son masculin éparpillé, elle trouve son autonomie et le pouvoir de dépasser les limitations de la matière. 

Les ailes de la déesse Isis apparaissent une fois que la mort a eu lieu. Il y a donc une mort symbolique d'une dimension de soi qui doit avoir lieu et qui demande notre acceptation et notre enveloppement (comme une momification de nos douleurs). Cette partie qui meurt peut être l'ego, une identité sacrifiée par les souffrances de la vie qui renvoie à notre enfance ou à notre innocence perdue, ou bien une dimension que nous avons laissée à l'abandon et que d'autres peuvent, de fait, vampiriser à leur guise. Il s'agit donc de voir l'épreuve de la déesse Isis comme un cheminement de la mort à la renaissance intégrale avec l'alliance des énergies féminines et masculines.

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Dépasser la peur du passage

Les mythes sont des histoires qui nous invitent à une autre lecture et à intégrer des enseignements clés à notre croissance. Celui d'Isis et d'Osiris nous apprend qu'il faut d'abord mourir avant de renaître. Il ne s'agit pas d'une mort réelle mais d'une mort symbolique. Or, nous avons un tabou au sujet de la mort : nous n'aimons pas l'évoquer ni vivre sa présence dans les fins de nos expériences. 

Malheureusement, quand nous refusons de passer par l'étape de la mort, nous évitons le passage initiatique qui est une voie incontournable pour aller d'une rive à l'autre et d'un état d'être à un autre.

Ainsi nous refusons d'évoluer et d'exprimer de nouvelles facettes de nous-mêmes : des qualités, de nouvelles relations, des potentiels inexploités, etc. Il est normal et naturel d'avoir peur, car le passage nous donne une sensation d'inconfort et d'insécurité : il ressemble à la traversée d'un couloir les yeux bandés. 

Changer de regard

Dans le panthéon indien, la déesse Kali représente et incarne la mort et les forces de destruction. Son nom provient du mot " kala " qui signifie
" noir ", comme le monde de la nuit. En tant que Déesse de la mort et de la destruction, elle est vénérée et priée. Dans la cosmogonie indienne, il y a aussi une ère que l'on nomme le Kali Yuga, c'est un âge de l'humanité qui est marqué par la chute d'une civilisation jusqu'à son anéantissement. 

La déesse Kali nous aide à accepter les temps de destruction : les activités qui nous pèsent, les relations qui touchent à leur fin ou qui nous deviennent toxiques, un changement de lieu de vie et les étapes de notre vie au cours desquelles nous changeons de peau car nous cessons d'être les mêmes. Avant la renaissance, nous avons à nous libérer de nos émotions, de nos blessures mais aussi de manières de voir le monde et de choses qui sont dépassées ou limitées. C'est là que réside la beauté de la mort : voir disparaître des dimensions de soi au profit d'autres qui émergent. 

Rituel pour se faire accompagner par Kali 

  • Choisissez une bougie bleue nuit et une bougie rouge.
  • Dressez un autel avec un symbole de la mort : des fleurs séchées et/ou un crâne. 
  • Écrivez sur un papier les transformations que vous souhaitez opérer dans votre quotidien et les peurs que vous ressentez à traverser ces transformations.
  • Allumez vos bougies et invoquez ou priez la déesse Kali pendant une semaine. Observez au quotidien la manière dont vous êtes guidées pour tourner des pages et dire au revoir à des parties de vous-mêmes, à des projets ou à des relations qui ne vous conviennent plus.
  • Soyez attentives à la tristesse qui remonte chaque jour. Elle est notre baromètre pour sentir quelle porte nous avons besoin de fermer lorsque nous sommes lasses de situations qui nous usent.

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D'autres rituels de renaissance

Nous pouvons réaliser un rituel de mort symbolique et mettre au feu sur un papier les choses que nous souhaitons voir disparaître : nos mauvaises habitudes, un travail dont nous ne voulons plus, les schémas relationnels dont nous souhaitons nous défaire.

Nous pouvons aussi brûler et jeter au feu les comportements, les habitudes et les dépendances liés à notre manque de maturité et nous engager à vivre notre vie comme une déesse. Cela veut dire s'engager à prendre sa vie en mains et toutes nos responsabilités. 

" Avant la renaissance, nous avons à nous libérer de nos émotions, de nos blessures. "

Nous pouvons choisir une tenue qui représente notre renaissance et la porter dans la conscience qu'elle renforce, après chaque passage fort de notre vie, notre nouvelle peau, notre autorité et notre souveraineté. Nous pouvons enfin danser notre renaissance, en choisissant une playlist dédiée et en posant l'intention d'incorporer la nouvelle femme que nous sommes et de l'exprimer par la danse.

Accueillir l'inconnu en confiance 

Renaître signifie que nous sommes capables de dire " Oui ! " à l'inconnu, à une nouvelle peau, à une nouvelle vision de la vie et que nous sommes prêtes à nous laisser surprendre. Nous décidons de faire confiance à ce que la vie met sur notre chemin, quand bien même cela ne revêt pas la forme que nous avions imaginée. 

Pour renaître, il est nécessaire de repenser notre quotidien (nouvelles activités, nouvelles habitudes) mais surtout de changer notre manière de nous exprimer et de nous réaliser. Tout ce qui nous permet d'innover, de marquer un changement radical est le bienvenu. Ne sous-estimons pas la puissance de ce renouveau et cultivons la joie de découvrir notre vie sous un nouvel angle, comme si nous venions véritablement de naître au monde, le cœur ouvert et curieux.

Notre experte 

Katia Bougchiche est psychothérapeute, initiée aux traditions chamaniques, aux chakras et à l'énergétique. Elle est l'auteure de L'Éveil des sorcières, paru aux Éditions Leduc.s.

Retrouvez Katia Bougchiche sur son site middaywoman.com et deux fois par mois dans le podcast Apprenties sorcières.

 

 

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