Voyage

Cet été, je voyage sans peur ni stress !

Publié le 7 août 2019
Après des années passées à traquer criminels et terroristes, Christian Aghroum a troqué son blouson de commissaire divisionnaire contre les habits de coach. Une façon de mener une autre enquête, celle du développement personnel.
"La meilleure manière de dépasser une crainte est avant tout de l’affronter"
"La meilleure manière de dépasser une crainte est avant tout de l’affronter"
© Stil/Unsplash

L'été bat son plein. L’heure est aux voyages. Cependant, une grande partie d’entre nous stresse à l’idée de ces exodes. Beaucoup y voient de nouvelles contraintes mais aussi des risques inconnus qu’il faudra surmonter. Alors, que faire ? Ai-je assez confiance en moi pour partir à l’aventure ?

Retrouvez cet article dans le magazine FemininBio #23 juin-juillet 2019

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L’aventure est au coin de la rue. Il ne s’agit pas nécessairement de découvrir des terres inhospitalières et inconnues, l’aventure est un rendez-vous dont chacun fixe le degré de difficulté à l’aune de ses angoisses, de son vécu. "L’aventure, c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin", chantait Jacques Brel.

Si la majorité des déplacements peut se faire sans heurts, il n’en reste pas moins nécessaire de veiller au grain ; 17% de la population française renonce à sortir seule de chez elle en 2018 ! Un comportement d’évitement décrit par le très sérieux rapport de l’ONRDP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales).

Objectiver

La meilleure manière de dépasser une crainte est avant tout de l’affronter. Posons-nous la question de savoir ce qui nous angoisse, ce qui minore notre confiance. Analysons nos précédentes expériences ; si cela ne suffit pas, dressons la liste de nos craintes sur une feuille de papier, très rapidement, sans réfléchir, à l’instinct. Acceptons ces craintes et cherchons à mettre en face une contre-option. Nos craintes relèvent majoritairement d’une méconnaissance des situations à venir ou d’un apriori négatif porté par la rumeur, par des analyses purement subjectives.

Dès lors, allons chercher l’information objective et éclairée. Betty, 45 ans, infirmière témoigne : "Avec mon amie d’enfance, nous voulions partir dans un pays d’Afrique. Le rapport qualité-prix du voyage et du séjour y était excellent. Trop de risques depuis les derniers attentats, nous disaient nos proches. C’est la lecture du site de l’Ambassade de France du pays concerné qui nous a convaincues. Une partie du pays demeure à risque mais loin de la région touristique. Nous y avons finalement passé des vacances de rêve."

Anticiper

Un voyage, c’est un projet avant tout. Comme l’aventurier prépare sa mission, chacun veillera à préparer son voyage. Une étape importante : celle de la rédaction d’un rétroplanning pour s’assurer que rien n’aura été oublié. Il est bien tard sinon, une semaine avant le départ, pour se rendre compte que le passeport est périmé, qu’il manque un visa, qu’une vaccination est obligatoire, que la voiture n’a pas été révisée...

"J’ai gagné en confiance depuis que je visualise mes prochains déplacements, nous dit Émilie, 42 ans, cadre, divorcée, mère de deux enfants de 15 et 13 ans. J’anticipe ainsi chaque étape et leur donne une couleur : taupe pour les trajets sur autoroute, bleu pour les formalités de police et de douane, orange pour l’arrivée sur les lieux de notre destination."

Cette technique s’inspire de la PNL (programmation neurolinguistique) ; elle aide à séquencer son projet et à mieux s’y projeter, à réduire le stress. Je prévois la situation à vivre et la vivrai ainsi plus facilement.

S’adapter

Qu’il soit distant de quelques kilomètres ou à l’autre bout de la planète, le voyage est avant tout un prétexte pour bousculer ses habitudes, remettre en question ses certitudes, s’interroger sur ses différences. On vivra le décalage horaire et des troubles du sommeil qu’il peut occasionner sans s’en inquiéter ; se mettre immédiatement à l’heure locale et optimiser la prochaine nuit de sommeil suffit la plupart du temps à se recaler.

L’adaptation est indispensable et permet une meilleure assimilation. Les rites et coutumes différents, les goûts et les couleurs varient, même les horaires et les habitudes alimentaires peuvent surprendre. Difficile de déjeuner et dîner en Espagne à midi ou 19 heures. S’il convient de se déchausser en entrant dans certains lieux saints, il faudrase couvrir les épaules dans la plupart, même en Italie par exemple. Sous les tropiques ou à la montagne, on se lèvera tôt pour profiter d'une entière journée.

Aller vers l’autre

Quelle magnifique leçon de vie que de découvrir l’autre aux hasards des voyages ! Il suffit souvent d’aborder cet autre simplement, avec humilité, en respectant ses propres traditions. On prendra la peine de s’enquérir des différences culturelles : dans certains pays, regarder l’autre dans les yeux est une marque de défi, dans d’autres, une carte de visite se remet à deux mains et se range avec autant de cérémonial, car elle est considérée comme une extension de soi.

Ne pas parler la langue locale est souvent un handicap. On peut aisément le contourner à condition de respecter quelques principes. Français, anglais et espagnol permettent de parcourir pratiquement tous les pays du monde. Et, surtout, une formule de politesse en langue locale, quelques phrases extraites d'un lexique et le langage des mains suffisent à se débrouiller utilement.

Petit conseil utile : se doter en arrivant dans un pays étranger de monnaie locale, d’une carte téléphonique du pays et conserver les coordonnées de son ambassade et de son consulat.

En tirer profit

"J’ai pris l’habitude de remplir un petit carnet lors de chacun de mes voyages, nous dit Sophie, la cinquantaine dynamique. Je relis mes carnets régulièrement. Ça m’évite à coup sûr de reproduire les mêmes erreurs."

Débriefer son voyage avec ceux qui l’ont partagé est une belle approche ; confronter ensuite ce retour d’expérience avec la liste de ses craintes permet de réajuster le seuil de ses angoisses et d'acquérir de nouveau cette confiance en soi malencontreusement perdue.

Mieux se connaître

Le sentiment d’insécurité est un des facteurs qui sapent la confiance en soi. S’affranchir de son stress, de ses craintes, sans devenir téméraire, apporte une quiétude propre au voyage, à ce déplacement d’un point vers un suivant. Nul besoin que les deux points soient très éloignés. Chacun voyage à sa façon ! Lorsque le dalaï-lama dit : "Une fois par an, visitez un lieu où vous n’êtes jamais allé auparavant", il ne s’agit pas pour autant de partir au bout du monde.
Le coin de la rue, la sortie du village suffisent souvent, à moins qu’il ne s’agisse là d’un voyage plus intérieur... et c’est aussi ce travail sur soi qui renforce la confiance en soi!

 

Le livre "Se déplacer et voyager sans stress", par Christian Aghroum, aux éditions Jouvence

 

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