Pollution

Lutter contre la pollution atmosphérique: une urgence sanitaire

Publié le 11 janvier 2017
En France, 48 000 décès par an sont dus à la pollution
En France, 48 000 décès par an sont dus à la pollution
© Pixabay

Face aux pics de pollution à répétition, les pouvoirs publics se mobilisent enfin. Ainsi, à compter du 16 janvier 2017, toutes les voitures devront afficher une vignette indiquant leur degré de pollution pour pouvoir circuler dans Paris.

Les pouvoirs publics cherchent à agir pour lutter contre la pollution de l'air. Dans le collimateur, les voitures, camions, motos et autres véhicules... Les associations et les médecins tirent la sonnette d'alarme.

Lutter contre la pollution,une urgence sanitaire
On estime qu'en France, 48 000 décès sont imputés aux particules fines. Ces particules causent des maladies cardiovasculaires, respiratoires, métaboliques, neurodégénaratives (Parkinson, Alzheimer), et des cancers. Les pics de pollution ne sont pas seulement en cause même si l'étude Assening the link between air pollution and heart failure assure que le risque d'infarctus augmente de 40% lors des pics de pollution. Encore plus alarmant, un AVC sur dix serait lié à la pollution de l'air dans les pays riches selon une étude menée par le Professeur Feigin de l'Université de technologie d'Auckland

Jocelyne Just, pneumopédiatre, chef su service d'allergologie pédiatrique à l'hôpital  Armand-Trousseau et présidente de la Société Française d'Allergologie le confirme : « on est tous affectés par la pollution de fond qui a un impact sur notre appareil respiratoire et lors des pics de pollution on constate une augmentation des consultations en urgence avec une hausse de la consommation des médicaments chez les asthmatiques. De plus, le enfants ( de même que les femmes enceintes) sont plus sujets à développer des maladies liées à la pollution du fait que leurs poumons sont immatures et qu'ils respirent plus vite.  Sans oublier, les bébés dans les poussettes qui sont justes à côté des sources de pollution comme les pots d'échappement ». 

A raison de 15 000 litres d'air en moyenne inspirés par jour, la pollution devient un facteur à risque mais aussi d'aggravation de certaines maladies avec une hausse significative des jeunes patients asthmatiques. Le professeur Isabella Annesi-Maesano, chercheuse et directrice de l'équipe « Epidémiologie des maladies allergiques et respiratoires » démontre le caractère néfaste de la pollution sur le fonctionnement des organes : « la pollution a plusieurs voies de pénétration comme la peau ce qui provoque des dermatites. Il ne faut pas oublier que nous respirons mais aussi que nous avalons la pollution. Les nanoparticules se retrouvent alors dans le sang. Il existe aussi des effets indirects avec le pollen qui émet plus d'allergènes au contact de la pollution ». Réduire la pollution permettrait de sauver 34 000 vies par an en France selon un rapport de France Santé Publique 2016.

Les solutions alternatives pour limiter la pollution
La France est mauvaise élève en terme de mise en place de solutions contre la pollution pourtant ces solutions existent. « La politique de stationnement qui vise à créer des stationnements gratuits invite à utiliser sa voiture. 83 % des marchandises en France se font en camion alors que l'on sait que la pollution dans les villes est provoquée par les émissions de diesel et d'essence » relève Benoît Hartmann, porte-parole de l'association France Nature Environnement. Plus étonnant encore, la moitié des trajets automobiles font moins de 3km et 20 % d'entre eux font moins de 800m.  

Le Réseau Action Climat France préconise de revoir l'aménagement du territoire pour privilégier les infrastructures de transports en commun en sites propres et les transports ferroviaires, réformer les fiscalités qui sont favorables aux énergies fossiles (le diesel en 2017 est moins taxé que l'essence) , lutter contre l'étalement urbain, soutenir les populations en difficulté de mobilité et mettre en place des mesures favorables aux mobilités actives comme la marche à pied ou le vélo avec une généralisation de l'indemnité kilométrique vélo. 

Le Président de la fédération française des associations d'Usagers de la Bicyclette (FUB) encourage les initiatives comme le bonus au vélo d'assistance électrique (VAE) : « On ne souhaite pas abolir l'utilisation de la voiture mais avoir une utilisation pertinente comme le covoiturage. Ce n'est pas une punition de privilégier les alternatives propres. Le vélo c'est bon marché, cela favorise l'emploi local et l'assistance électrique sur les vélos rallonge les distances parcourues tout en diminuant l'hyperventilation. Il ne faut pas oublier que 80 % des usagers de vélos électriques sont aussi des automobilistes ».

Les collectivités sollicitées
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte invite à partir du 15 janvier les collectivités qui le souhaitent de mettre en place des zones à circulation restreinte (ZCR) pour les véhicules les plus polluants. L'objectif est de protéger la santé de la population aux risques engendrés par la pollution atmosphérique. Il existe en Europe près de 212 zones à circulation restreinte. Le trafic routier reste la première cause de pollution de l'air et il faut modérer le trafic pour endiguer le phénomène de pollution en pleine expansion. Ces mesures à court et long termes visent à s'inscrire dans les Accords de Paris et vont définir les grandes lignes du plan climat air de chaque collectivité prévu en 2018.  

Ainsi Paris devient dès le 16 janvier prochain une zone à basses émissions avec l'obligation pour les véhicules circulant sur son territoire d'arborer un autocollant Crit'air : tous les poids-lourds, voitures et deux-roues motorisés qui circuleront dans la capitale (hors périphérique) devront présenter le certificat qualité de l'air d'un montant de 4,18 € et disponible sur le site certificat-air.gouv.fr.

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