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Je suis végétarienne : témoignage d'Elisabeth, 24 ans, maman de deux enfants

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Elisabeth, 24 ans et maman de deux enfants, ne regrette pas son choix du végétarisme
Elisabeth Fillon
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Audrey Etner
Audrey Etner
le 07 mars 2013
Elisabeth est végétarienne depuis trois ans, bientôt végétalienne. Pour la jeune femme de 24 ans, maman de deux enfants, le plus dur a été de faire face aux questions et au regard des autres.

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J'ai 24 ans, mariée, je suis mère de deux enfants. Je suis végétarienne depuis bientôt trois ans, en train de devenir végétalienne.

J'aurais pu devenir végétarienne lorsque j'étais enfant ; je l'ai voulu. J'étais dans la voiture avec ma mère lorsque nous sommes passé à côté d'un camion chargé de veaux. Lorsque ma mère m'a dit où ils partaient, et d'où ils ne ressortiraient qu'en morceaux, mon coeur s'est brisé. J'avais 11 ou 12 ans.

A l'époque, pour ma mère, il était hors de question que je cesse de manger de la viande. J'allais inévitablement finir par avoir des carences, tomber malade, aller à l'hôpital. J'ai donc enfoui ma peine et mangé ce qu'on me donnait. Malgré tout, je n'ai jamais trop aimé ça. Il ne fallait pas que ma viande ressemble à un morceau d'animal, qu'elle contienne du nerf, je ne mangeais pas la viande trop près de l'os sur la cuisse du poulet (dont j'adorais le goût, soit dit en passant).

Je suis partie de chez mes parents à l'âge de 18 ans. Mais j'avais mes habitudes, le saucisson, les crêpes au jambon-fromage (mon repas d'étudiante préféré...), tout ça, c'est bon, c'est pratique et c'est pas cher. Je n'ai donc pas cessé de consommer de la viande une fois que j'ai eu la liberté de manger ce qui me plaisait. Il m'a fallu plus de temps.

J'ai rencontré mon mari (grand mangeur de viande à ce moment-là), nous avons eu notre premier enfant. J'étais toujours omnivore, même si je n'ai jamais pu oublier cette "promesse" que je m'étais faite, enfant, de devenir végétarienne un jour. Il n'a finalement pas fallu grand chose pour me décider.

Un reportage sur la vivisection. Il m'avait tellement horrifiée que j'avais décidé de cesser d'utiliser des produits cosmétiques testés sur les animaux.

En parlant avec mon mari, j'ai réalisé ma propre incohérence : refuser les cosmétiques testés sur les animaux alors qu'il en existe des non-testés, mais manger des animaux alors qu'il existe des alternatives ?

Je suis donc devenue végétarienne du jour au lendemain (non, pas de poisson non plus). Je n'ai jamais ni flanché, ni même eu envie de flancher.

Finalement, le plus difficile pour moi n'a pas été de m'alimenter différemment, mais bien de faire face au regard des autres. Les questions sont inlassablement répétitives. 

Parfois naïves : "ah boooon ? Même pas du poisson ? Mais tu trouves où tes protéines / ton fer ?"

Parfois hypocrites et faussement concernées "Et la souffrance des légumes ? T'en soucies-tu ? Et ton ordinateur fabriqué par des petits chinois ?

Parfois carrément agressives : "C'est complètement con, tu demanderais au lion de manger de l'herbe pour plus tuer de gazelles ?"

En passant par "Hitler était végétarien" et diverses insultes.

On a aussi voulu me conseiller, au cours de ma seconde grossesse, de remanger de la viande "au moins pour le bébé, sinon, il va être tout maigre". J'ai accouché d'un bébé de 4,8kg, 54cm, né à terme et en bonne santé.

Mon mari, même s'il m'a fait le coup des canines et du cri de la carotte (phénomène scientifiquement inexpliqué : les omnivores se préoccupent soudainement de la souffrance des végétaux dès qu'ils entendent la phrase "je suis végétarien".), s'est montré compréhensif, tolérant, et prenait même ma défense dans les situations délicates.

Aujourd'hui, il essaie. Il a été végétarien trois mois avant de faire "une rechute" mais la cause lui importe toujours et il considère la situation comme provisoire.

Pas un jour je ne regrette ce choix. Je me sens mieux dans ma tête, plus à l'aise avec ma conscience (pas encore totalement car pas encore totalement végétalienne). Et même si je sais qu'à moi seule je ne changerai pas la face du monde, il m'importe de ne pas contribuer au massacre et de communiquer ce message positif autour de moi (même s'il est mal reçu la plupart du temps).

N'oublions pas ce que disait Schopenhauer : "Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant été une évidence."

Elisabeth, 24 ans, maman de deux enfants. 

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