Rencontre

Anita Moorjani "Plus vous vous aimez, moins vous avez peur"

Publié le 3 juin 2018
Fondatrice de FemininBio, directrice de collection chez Eyrolles, dingue de bio, folle de nature, de running et par dessus tout de l'évolution de la conscience de l'être humain ;-)
"La vie elle-même est un plaisir, notre chemin de vie est source de joie" Anita Moorjani
"La vie elle-même est un plaisir, notre chemin de vie est source de joie" Anita Moorjani
© Olivier Seignette

Une expérience de mort imminente a permis à Anita Moorjani de toucher du doigt le sens profond de son existence. Désormais, elle se consacre à partager son message d’amour et invite chacun à être pleinement soi, sans artifice.

Cet article a été publié dans le magazine Fémininbio #16 Avril-Mai 2018

Vous avez vécu une expérience de mort imminente (EMI), pourriez-vous revenir sur cet événement?
Le 2 février 2006 aurait dû être le dernier jour de ma vie. J’étais en phase terminale d’un cancer, mon corps s’éteignait peu à peu. Je suis tombée dans le coma alors que mes fonctions vitales cessaient les unes après les autres. Les médecins avaient prévenu ma famille que je vivais mes dernières heures. Cependant, même dans cet état, je pouvais entendre et ressentir tout ce qui se passait autour de moi. Les yeux fermés, j’avais une vision à 360° de ma chambre et était totalement consciente de mon environnement. Mais le principal, c’est que je n’étais plus connectée à mon corps physique: je me sentais merveilleusement bien. C’était comme si toute la peur, la douleur et la souffrance liées à mon cancer avaient disparu. J’étais plus libre et plus légère que je ne l’avais jamais été.
Je me souviens aussi avoir vécu un état d’amour inconditionnel : comme je n’avais plus peur, j’ai senti que je me remplissais d’amour, que je plongeais pleinement dedans. C’était incroyable !
Et puis, à un certain moment, j’ai senti la présence de mon père à mes côtés, lui qui nous avait quittés dix ans auparavant. Il me guidait dans cette expérience extraordinaire. C’était très émouvant de le retrouver. J’ai compris qu’il avait toujours été à nos côtés, car je voyais ma famille réunie autour de mon corps et je voulais leur dire que j’allais bien. Mais je ne pouvais pas communiquer avec mes proches, comme lui n’avait pas pu communiquer avec nous depuis sa mort.
Enfin, j’ai compris pourquoi j’avais eu un cancer. J’avais passé ma vie à me faire petite, à répondre aux attentes des autres. Je vivais dans la peur au lieu de vivre dans l’amour, la passion, la joie. Je réagissais aux circonstances au lieu de les créer.
Finalement, après être passée par toutes ces étapes, j’ai réalisé que j’avais le choix entre retourner dans mon corps physique ou mourir. Je n’étais pas sûre de vouloir revenir, car j’étais dans un état merveilleux. Mais j’ai senti que mon père me disait : "Maintenant que tu sais la vérité sur ton cancer, sur qui tu es réellement, si tu y retournes, tu vas guérir car ton destin sur Terre n’est pas encore achevé."
Je suis sortie du coma. En trois semaines à peine, toute trace de cancer avait disparu et au bout de cinq semaines je sortais de l’hôpital. Les médecins n’ont pas su quoi écrire dans mon dossier médical!

Quel était votre état d’esprit en quittant l’hôpital?
J’avais assez souffert, il était temps de révéler mes talents et de vivre sans peur. Cela ne signifie pas que je voulais me lancer dans des activités dangereuses. Non, je voulais vivre sans peur d’être qui je suis vraiment, sans chercher à me conformer aux attentes des autres.

A-t-on besoin d’avoir un choc pour commencer à vivre?
Nous venons sur Terre avec la mission de participer à rendre le monde meilleur. Mais, dès l’école, nous entrons dans un monde de compétition et de méfiance au lieu de maintenir et d’entretenir une connexion les uns aux autres. Notre éducation, la société dans laquelle nous vivons, notre environnement, nous conditionnent très tôt et nous déconnectent de nos sentiments profonds.
Aujourd’hui, si je partage mon histoire, c’est pour dire aux gens de vivre leur vie comme ils sont, de ne pas attendre de croiser la mort pour se révéler tels qu’ils sont vraiment.

Ressentez-vous encore l’état d’amour inconditionnel que vous avez vécu pendant l’EMI?
En fait, l’EMI m’a permis de me reconnecter à mon vrai état d’être, à qui je suis réellement.
Aujourd’hui, pour conserver cette qualité d’être, je limite mon exposition à tout ce qui n’est pas naturel dans le monde. Cela inclut de me couper de l’information, trop souvent négative. Sur Internet, les gens déversent leur haine et leur peur. Or, si vous vivez dans la peur et la colère, consciemment ou pas, vous transmettez autour de vous ces sentiments et ces énergies négatives. Mais si vous êtes dans l’amour, la passion, l’amour de la vie et la santé, vous transmettez spontanément ces valeurs.
Personnellement, je veux être sûre que la seule chose que je partage c'est l’amour.

Comment ne plus ressentir de colère dans notre cœur?
Cela ne vous quittera pas en un jour, c’est un processus qui se fait petit à petit. Pour ma part, je me concentre sur ce que je peux créer au quotidien. Je ne partage que des messages positifs à travers mes vidéos, mes podcasts, ma newsletter… J’invite les gens à s’aimer davantage, car plus vous vous aimez, moins vous avez peur. La peur et l’amour sont comme les ténèbres et la lumière. Pour faire disparaître les ténèbres, vous allumez la lumière, vous ne vous concentrez pas sur l’obscurité. La seule façon de faire disparaître la peur, c’est d’accroître l’amour.

Comment entretenir la flamme de l’amour?
D’une part, en se déconnectant de tout ce qui nous fait peur, que ce soit des informations, des situations, des personnes. Peu importe ce que les gens pourraient en penser. D’autre part, connectez-vous à ce qui vous plaît : écouter de la musique, marcher en forêt, écrire, jouer avec des enfants… Bien sûr, il y a des situations où vous ne pouvez pas vous détacher de personnes qui pompent votre énergie, par exemple une personne dépendante ou un jeune enfant. Ne les abandonnez pas ! Mais pensez à prendre du temps pour vous, pour vous recharger, afin de pouvoir vous occuper bien d’eux.

Comment savoir que c’est notre âme qui parle et non notre ego ?
Je pense qu’il faut laisser parler son ego, car s’il ne peut pas s’exprimer, il étouffera nos vrais désirs. Si nous avons trop peur de notre ego, nous ne nous permettrons pas d’être réellement nous-mêmes. Être authentique est notre mission de vie, mais elle peut s’exprimer de manières différentes: en écrivant, en chantant, en dansant…

Vous ne parlez que de réalisations très créatives… Peut-on par exemple se réaliser en étant businesswoman ?
On peut être très créatif en étant dans les affaires! Si la créativité est plus consciente, l’activité sera plus consciente, donc elle aura un impact positif.

Rencontrez-vous souvent des personnes qui se sont guéries après avoir eu connaissance de votre message ?
Oui, très souvent. Je rencontre tous les jours des personnes qui ont compris qu’elles devaient s’aimer et agir pour elles-mêmes pour avoir de l’énergie, de la passion et un vrai désir de vivre. Si une personne qui est au plus mal ne s’imagine pas qu’une fois guérie elle pourra vivre totalement autre chose que sa vie passée, alors ce sera forcément difficile d’envisager une guérison. Cependant, je tiens à souligner que lorsqu’il est temps pour une personne de mourir, alors c’est son heure. Il ne faut pas voir une mort suite à une maladie comme une défaite. De l’autre côté, c’est très beau. Les personnes qui partent sont au fond peut-être plus chanceuses que celles qui, comme moi, restent.

Quelle serait votre définition du plaisir ?
Ce sont ces petites choses du quotidien dont j’aime profiter: écouter de la musique, rire, regarder l’océan, manger du chocolat… Après mon EMI, j’ai décidé de m’immerger pleinement dans les plaisirs de la vie.

Quelle est la différence entre le plaisir de vivre et vivre pour le plaisir ?
Elle est énorme ! La vie elle-même est un plaisir, notre chemin de vie est source de joie. Ceux qui vivent à la recherche du plaisir passent à côté de leur vie. Ils devraient s’interroger sur ce qu’ils cherchent à fuir. Ne vaut-il mieux pas chercher à construire une vie qui se suffise à elle-même ?

Peut-on avoir besoin d’aide, comme celle d'un psy ou d'un coach, pour faire ce travail ?
Certaines personnes peuvent en avoir besoin, mais in fine tout est une question de travail intérieur. Le chemin peut être long, cela dépend de notre degré de conscience et de notre capacité à nous poser les bonnes questions… en leur apportant des réponses honnêtes!

Êtes-vous toujours reliée à votre père ?
Oui, je me sens toujours reliée à lui. Je pense que nous sommes tous connectés en permanence aux êtres qui nous sont chers et qui ne sont plus de ce monde. Seulement, nous n’en avons pas forcément conscience. Pourtant, ils essaient de communiquer avec nous continuellement.

Quel sera le message que vous allez porter au public français lors de votre venue en mai prochain ?
Les gens sont trop sérieux, j’aimerais leur dire : "Ne prenez pas la vie trop sérieusement, détendez-vous et riez! Vivez dans la joie, amusez-vous!" Je pense que c’est le message dont nous avons besoin aujourd’hui.

Retrouvez Anita Moorjani le 24 mai 2018 à la cigale à Paris pour la conférence "Trois femmes pour l'avenir de l'Homme", accompagnée de Marianne Williamson et Karen Berg. Billets en vente sur Caramba.

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