Respiration

Êtes-vous sûre de savoir... bien respirer ?

Publié le 20 juillet 2019
Jean-Marie Defossez est docteur en biologie spécialisé dans la gestion des stress. Il est le créateur du site coach-respiration.com et organise des stages de respiration.
"Notre corps doit sans cesse réagir pour conserver ces équilibres intérieurs"
"Notre corps doit sans cesse réagir pour conserver ces équilibres intérieurs"
© unsplash / olianayda

Notre respiration s’adapte en permanence aux circonstances d’une façon qui est propre à chacun. Notre manière de respirer constitue ainsi un reflet passionnant de nous-mêmes et de notre relation au monde.

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Parler de respiration implique d’évoquer le diaphragme, ce muscle situé sous les poumons et souvent représenté comme une cloche musculeuse. En se contractant, cette cloche s’aplatit, ce qui accroît le vide dans la cage thoracique. L’appel d’air créé ainsi dans les poumons permet une légère inspiration.

Mais encore ?

Cette image est incomplète:
il est nécessaire d’ajouter deux longs battants à cette cloche. Ces battants sont des muscles qui descendent pour s’accrocher sur les vertèbres lombaires. Leur contraction permet au diaphragme de descendre tout entier et de créer un appel d’air maximal.

Il y a alors inspiration profonde. Normalement, ces muscles se relâchent ensuite, ce qui permet au diaphragme de remonter dans le thorax. L’air est chassé des poumons, c’est l’expiration profonde. Le cycle peut recommencer.
Cependant, cette relaxation disparaît dès que votre corps subit un stress ; votre diaphragme reste bloqué.

Vous ne videz presque plus vos poumons et ils restent remplis d’air vicié ; vous entrez en sous-respiration sans vous en rendre compte. Cette sous-respiration fatigue le corps et réduit nos capacités à nous adapter et à nous guérir. Elle réduit aussi notre confiance inconsciente en la vie.

Le rôle de la respiration

De quelle manière la crispation d’un seul muscle respiratoire peut-elle entraîner autant de conséquences négatives? La respiration n’assure pas seulement notre approvisionnement en oxygène. Elle est indispensable également pour l’élimination du gaz carbonique, pour soulager le cœur, pour la bonne santé de nos intestins, pour le maintien de l’équilibre acide-base du corps, pour le drainage lymphatique (donc l’immunité et l’élimination des toxines). À cet impressionnant palmarès il faut encore ajouter une action sur les tensions dans le corps et sur les capacités naturelles de réparation et d’adaptation du corps tout entier.

Respirer pour pallier les stress

Nous avons donc tout intérêt à éviter de sous-respirer. La solution la plus logique est d’agir sur les stress qui causent le blocage expiratoire. C’est l’objectif de la coach-respiration®. Cette technique intègre le fait que le corps n’est pas soumis uniquement au stress nerveux. En effet, notre corps doit sans cesse réagir pour conserver ces équilibres intérieurs. Or, toute menace de déséquilibre est par définition un stress pour le corps.

Plus le corps peine à conserver ses équilibres et plus il bloque la remontée du diaphragme. Notre respiration spontanée est donc un coach précieux, qui ne ment jamais et qui nous informe à quel point notre corps entier subit des stress.

Comment réduire les stress et respirer ?

Si vous gardez vos poumons remplis en permanence (état de sous-respiration), c’est que votre corps craint pour sa survie. Ne vous jugez pas trop sensible pour autant. Être sensible est un droit et une richesse.
Au lieu de vous endurcir, je vous propose de rendre le monde plus doux. Pour cela réduisez au maximum le nombre et l’intensité d’un maximum de stress.

Entre autres, faites attention à votre alimentation, prenez en compte votre équilibre acide-base, limitez le redoutable stress oxydatif et travaillez votre respiration.

Puisque la source de la sous-respiration est le blocage du diaphragme, dépassons l’approche classique qui consiste à inspirer plus. Inspirer plus, c’est vouloir tout contrôler. C’est contracter encore plus le diaphragme. C’est mettre encore plus de pression, notamment sur nos pauvres intestins, dans l’espoir de mieux décompresser ensuite. Ce pari risqué ne vousferait aucun bien à long terme si vos intestins sont enflammés.

La clé est tout au contraire de réapprendre à votre corps à expirer en profondeur, par la douceur, le lâcher-prise. Ayez confiance et osez redonner du temps à vos expirations. Vous découvrirez alors qu’oser expirer, c’est oser à nouveau la confiance en la vie.

Les étapes pour l'exercice page suivante :

- Souffle bloqué, pieds écartés, laissez le corps mollir et se courber en laissant la tête au-dessus des pieds.

- Le corps bien relâché, inspirez au maximum.

- Expirez aussi profondément que possible en étirant votre dos et votre nuque.Vous faciliterez cette expiration en ouvrant la bouche au point de rendre vos dents très apparentes. La tête ne doit pas être rejetée en arrière, votre visage doit donc rester droit. Placez une main sur votre menton et l’autre main à plat sur le haut de votre dos, pour sentir que c’est cette zone qui entre en mouvement et se redresse lors de votre expiration.

- Enchaînez en douceur, 5 à 10 fois, ces étapes, au minimum matin et soir. Le but n’est pas de redresser votre dos en un jour.

 

 

 

 

 

Le livre deJean-Marie Defossez "Se protéger des stress, inflammations chroniques et maladies chroniques, grâce au nerf vague", aux éditions Jouvence.

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