Communication

Dans notre société, tout est communication. Rester dans le silence, est-ce se couper des autres ?

Publié le 2 décembre 2016
Psychologue diplômée d'un master de psychologie clinique (option psychothérapies familiales et interculturalité), art-thérapeuthe, Caroline Escartefigues s'est également formée à la pratique de la relaxation et de la visualisation, à la pleine conscience thérapeutique ainsi qu'à la pratique de l'EMDR. Ces multiples cordes l'aident à accompagner l'autre sur son propre chemin.
Notre rapport aux autres passe aussi par le silence.
Notre rapport aux autres passe aussi par le silence.
© Pixabay

Nous avons rencontré Caroline Escartefigues, psychologue clinicienne, sur la question du silence. Plongez au fil de nos rendez-vous au coeur de cette notion passionnante. Aujourd'hui, on s'interroge sur la relation entre le silence et notre rapport aux autres.

A priori, le silence compris comme recueillement est tout sauf une coupure au monde. Mais le grand mal du siècle c’est que la plupart de nous sommes dissociés, dissociés de nos émotions, de notre état d’humains profondément physiques mais aussi énergétiques et spirituels.

Dans ma pratique, je réalise que la plupart des gens ne sont pas en contact avec ce qu’ils ressentent vraiment, avec ce qu’ils sont dans leur essence. Dans leurs interactions au quotidien le silence peut être une fuite, un moyen de protéger les blessures, un barrage contre le flot des émotions. Alors par la pratique de la psychothérapie on parle, on creuse, on délie. Peu à peu les blessures, les mémoires erronnées se guérissent et deviennent des tremplins. Puis chaque séance se termine par une assise en silence de minimum 15 minutes. Ce silence permet de rejoindre une  réalité  profonde: l’état naturel de chacun d’entre nous est d’être plein, comblé, satisfait tout  en  étant  vibrant  de  vie.  

Regardez les enfants courir et jouer, qui courent et vivent dans une présence au monde de chaque instant, bien qu’étant relativement inconscient d’être simplement l’émanation de l’Être. Tout est déjà là, au fond de nous, mais nous sommes le plus souvent ignorant de cet aspect de nous-mêmes, prenant le caractère superficiel de nos «qualités» et de nos réactions aux peurs comme étant notre identité. Mais lorsque les peurs tombent, dans un cadre sécurisé, bienveillant et respectueux, cette parenthèse du silence permet d’accueillir enfin la beauté de notre nature profonde et la lumière de ce qui nous entoure. 

Finalement dans le silence, il existe deux postures : la première blesse sans fin, elle met des barrages pour protéger le moi de ses blessures ; la deuxième guérit car elle connecte à ce qui est plus grand. C’est comme s’il y avait un « en de ça du silence » : celui ou le sujet se coupe faute de savoir ce qu’il ressent et un « au delà du silence » : celui ou le sujet se relie. 

Caroline Escartefigues est psychologue clinicienne. Son site internet, psychologieenpleineconscience.fr

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