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Slow life

Pourquoi la lenteur et le slow power sont essentiels pour l'épanouissement personnel et professionnel

Slow Power, le pouvoir de la lenteur

Les avantages du Slow Power sont nombreux : clarté d’esprit et lucidité augmentées, intuitivité et créativité renforcées, capacités de discernement et de décision améliorées, et une plus grande capacité à s’aligner sur l’essentiel et à accomplir sa vocation profonde.

Andrey Shpak/Pexels
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Pierre Moniz-Barreto
Par Pierre Moniz-Barreto
le 03 septembre 2021

Notre société occidentale a fait de la rapidité et de la réactivité immédiate les conditions de la réussite. Et si nous découvrions que la lenteur, loin d'être une faiblesse, est une formidable source de puissance et d'accomplissement ? Pierre Moniz-Barreto lève le voile sur la puissance méconnue de la lenteur et en expose les mécanismes ainsi que les bienfaits dans nos vies quotidiennes.


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Pour ne pas se perdre au milieu de ces crises sanitaires, climatiques, alimentaires, technologiques, énergétiques, ou politiques, il convient de se réaligner avec l’une des forces les plus puissantes au monde : le temps. Pour commencer, il conviendrait de cesser d’associer systématiquement rapidité et puissance : une habitude qui a la vie dure mais qui montre ses limites car nous expérimentons de plus en plus que, dans bien des situations mouvantes et incertaines, il s’agit d’une croyance illusoire, qui peut se révéler inadaptée voire contre-productive ou même dangereuse.

Déconstruire les associations vitesse-puissance et lenteur-faiblesse

Du coup, il faut aussi cesser d’associer la notion de lenteur à celles de nonchalance, de mollesse, d’inaction, ou de farniente. Ces vieilles habitudes mentales nous font passer à côté d’une vérité essentielle : il existe une puissance dans la lenteur, qui peut se révéler très pertinente et bénéfique, à condition d’en avoir bien compris les ressorts et les mécanismes profonds. Les remous et l’incertitude de notre époque nous invitent donc à entrer dans une véritable rééducation temporelle. Comme le dit si bien Christine Cayol, l’une de nos plus grandes sinophiles : «Il s’agit d’entrer dans un autre temps que celui de la course, un temps qui n’assigne pas au bruit de fond continu des informations à traiter, mais qui engendre de l’intensitéHabiter le temps plutôt que l’occuper. »(1)

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Pour cela, il nous faut comprendre et expérimenter que la rapidité et la lenteur possèdent chacune leur propre puissance, unique et complémentaire à l’autre, et que bien manier les deux nous assure d’un équilibre temporel (fast & slow) qui joue un rôle clef dans le déroulement d’une vie plus alignée et mieux ajustée.

(Re)découvrir la puissance de la lenteur (slow power)

L’un des plus grands génies du XXe siècle, Albert Einstein, était l’antithèse du workaholic tendu et speedé. «D’abord lent à parler (3 ans), il fut ensuite rebelle à l’apprentissage par cœur (mémorisation) et favorable à la visualisation créatrice (rêve éveillé) ; il dormait environ dix heures par nuit (versus une moyenne de 6,8 heures pour les Américains des années 1920) ; il s’accordait des siestes régulières (souvent dans son rocking-chair, y compris pour des micro-siestes, et jusqu’à plusieurs fois par jour) ; il pratiquait de longues marches contemplatives (il accordait une grande importance à ses déambulations quasi quotidiennes d’environ une heure et demie, le long de la plage ou en forêt) ; et il pouvait passer de longues heures dans son bain (jusqu’à cinq ou six heures selon sa seconde femme Mileva), y compris lorsqu’il avait fixé rendez-vous à des invités (plusieurs ont été amenés à patienter pendant plusieurs heures car il avait donné pour instruction de n’interrompre ses bains sous aucun prétexte).»(2)

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Einstein croyait à l’importance des processus sereins dans la durée ; à la créativité décélérée ; au rôle essentiel du temps lent et long dans l’exercice de nos capacités intuitives ; à la puissance du temps imaginatif non-contraint. Il en connaissait les nombreux et surprenants bénéfices. Il fut une remarquable incarnation du slow power.

Le cheminement bénéfique du slow power

On peut avoir une compréhension intellectuelle de la puissance de la lenteur : de nombreuses traditions de pensée et de sagesse, philosophiques ou spirituelles, nous y aident depuis des siècles. Néanmoins, entrer véritablement dans la puissance de la lenteur est le résultat d’un cheminement, d’une somme d’expériences vécues. Sur ce chemin, de nombreuses possibilités nous sont offertes d’entrer dans cette extraordinaire dimension temporelle à la fois apaisée et densifiée : les nombreuses formes de méditation s’y prêtent bien sûr, mais aussi l’art de la déambulation, de la contemplation, de l’observation, de l’écoute. Sur ce chemin, notre capacité à réformer nos habitudes, à accueillir l’inattendu, à discerner les signes, est essentielle. Il faut savoir se créer des oasis de décélération, s’accorder de moments de pause existentielle (mêmes brefs), identifier et déconstruire les fausses urgences, mettre à profit les moment d’entrée ou de sortie du sommeil, pour se brancher sur d’autres dimensions, bénéficier d’autres sources.

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Lorsque l’on a commencé à y goûter concrètement, même très ponctuellement, on s’aperçoit que les bénéfices sont immenses : désencombrement et légèreté retrouvée, clarté d’esprit et lucidité augmentées, intuitivité et créativité renforcées, capacités de discernement et de décision améliorées, et surtout : plus grande capacité à s’aligner sur l’essentiel et à accomplir sa vocation profonde. Mais ne nous y trompons pas : il n’y a pas de recette miracle, pas de baguette magique ; ces gains sont comme des fruits qui mûrissent le long des saisons. Si nous accordons un peu de notre attention à la dimension profonde (spirituelle) du temps, si nous nous y exerçons avec constance, si nous laissons sa juste place à la lenteur bien comprise, alors se développera en nous, peu à peu, la fleur vivante du slow power, une puissance paradoxale qui n’a pas d’équivalent, et qui nous permettra de retrouver notre assise, lentement mais sûrement, hors des sentiers trop fréquentés qui mènent à l’épuisement.

(1) Christine Cayol, Pourquoi les Chinois ont-ils le temps ? (Tallandier 2017) p. 44 et 222

(2) Pierre Moniz-Barreto, Slow Power (Mardaga 2021) p. 77

L'auteur

Slow Power, Pierre Moniz-Barreto, éditions Mardaga

Pierre Moniz-Barreto est entrepreneur, expert et formateur en Intelligence Spirituelle, auteur et conférencier. Il est diplômé d’études supérieures de commerce (ISG), de théologie, de philosophie, et de théologie appliquée (Facultés Jésuites de Paris et de Bruxelles). Il est l'auteur du livre Slow Power, le super-pouvoir de la lenteur, paru aux éditions Mardaga.

Ses sites : pierre-moniz-barreto.net
slow-planet.fr
academie-intelligences-humaines.com

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