Livre

Extrait de "Siècle bleu" de Jean-Pierre Goux, le roman qui mêle écologie et chamanisme

Publié le 29 novembre 2018 - Mis à jour le 30 novembre 2018
Co-initiateur du projet Blueturn, mathématicien passionné d’astronomie, d’espionnage et d’écologie, Jean-Pierre Goux imagine comment des citoyens peuvent se mobiliser pour contrer des politiques court-termistes et des lobbys financiers flirtant avec le monde mafieux.
Siècle Bleu, le nouveau roman de Jean-Pierre Goux, aux éditions La mer salée
Siècle Bleu, le nouveau roman de Jean-Pierre Goux, aux éditions La mer salée
© editions la mer salée

Le livre "Siècle bleu" de Jean-Pierre Goux est réédité. Best-seller, il a déjà séduit des milliers de lecteurs et lectrices. A offrir à Noël pour ouvrir et enchanter les consciences.

Thriller écologique Siècle Bleu est une fiction pleine d’espoir, une saga à succès en 2 tomes. Un polar suspendu entre activisme écologique et tractations politico-industrielles, entre spirituel et science, entre la Terre et la Lune, avec des personnages inspirants.

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Découvrez un extrait du livre "Siècle bleu"

"Chicago, Illinois, États-Unis.
–La planète se meurt, lâcha João Amado en avalant les dernières gouttes de sa caïpirinha. On ne peut plus attendre, Abel. On doit faire quelque chose. Abel Valdés Villazón observa son ami. João venait de prononcer la phrase qu’il attendait depuis longtemps. Il avait atteint le stade où il était prêt à s’engager. Abel choisit de le laisser mariner encore un peu.
– C’est clair, nous devons agir, convint Abel. On reprend un verre ?
– La même chose pour moi, dit João en contemplant son verre vide.
Bercés par les notes feutrées de Kind of Blue de Miles Davis, ils étaient confortablement installés au Signature Lounge, un bar huppé qui dominait la ville de Chicago, perché au 96e étage de la
tour John Hancock. Cela faisait une bonne heure qu’ils enchaînaient les cocktails. Abel et João étaient jeunes et sportifs ; pour l’instant ils encaissaient bien. Abel interpella la charmante serveuse qui passait à côté d’eux.
– Une autre caïpirinha pour mon ami et pour moi ce sera unverre de Don Julio Añejo, on the rocks, s’il vous plaît, dit Abel en ladévisageant. La serveuse s’éloigna, perturbée et émoustillée par les yeux verts perçants d’Abel. S’ils avaient été jaunes, ils auraient pu être ceux d’un grand fauve. Le court pelage noir sur sa tête aurait alors été terrifiant. Abel racontait, à ceux qui le connaissaient bien, que dans une précédente incarnation, il avait été un jaguar noir, animal que l’on trouvait notamment dans le nord du Mexique. Ce félin luttait pour la survie de son espèce, tout comme Abel.
Ils trinquèrent à leurs amours, à leur amitié et à la planète. C’est le moment que choisit Abel pour revenir à la charge.
– Tout à l’heure, tu me disais que la planète se mourrait et que nous devions réagir. À quoi pensais-tu ?
– Oui, il faut vraiment faire quelque chose, répondit João. Cette conférence m’a déprimé. La nature se dégrade inexorablement et les derniers liens qui unissaient les humains se défont. L’humanité est engagée dans une course folle, elle ne sait ni où elle va ni pourquoi elle y va. Face à ça, personne n’a vraiment les leviers, les idées ou le courage de se dresser. On vit dans le déni, c’est dramatique.
– Effectivement, acquiesça Abel en regardant de façon distraite la télévision derrière le bar.
L’écran montrait Robert Carlson, élu la veille à la Maison Blanche, en train de célébrer sa victoire.
– Le nouveau président américain changera peut-être les choses, ajouta João. Tu penses quoi de lui, au fait ?
– Carlson ne pourra pas être pire que son prédécesseur, ironisa Abel. Je le trouve plutôt sympathique, mais ce ne sont que des apparences. Il sert, comme les autres, des intérêts supérieurs qui se fichent de la planète et des hommes. De plus, les rois ne déclenchent jamais les révolutions. Il faudra compter sur d’autres pour s’en sortir.
– À qui penses-tu ? Les ONG ? le questionna João en avalant une autre gorgée de tequila.
Abel se réjouissait de voir son ami avancer peu à peu vers le secret qu’il comptait lui révéler.
– Les ONG et les mouvements activistes écologistes sont dépassés par les événements, répondit Abel. Le WWF, Greenpeace ou Sea Shepherd sont démunis face aux rouleaux compresseurs du système. Ces mouvements datent de la fin des années soixante, le temps des grandes utopies. Ils étaient dimensionnés pour la crise écologique et humaine naissante de l’époque…
– Et depuis les adversaires et l’ampleur des menaces ont changé, compléta João. Les moyens pour lutter doivent donc évoluer aussi ! Abel attira l’attention de son ami vers leurs verres. Ils constatèrent, amusés, qu’ils étaient à nouveau vides. Les quesadillas s’étaient également évanouies. Ils commandèrent d’autres tequilas.
– C’est quand même fou, reprit Abel. On a l’impression que depuis les années soixante, aucune nouvelle utopie n’a émergé, que l’humanité s’est essoufflée, qu’elle a renoncé.
– Le ras-le-bol et l’envie de changer sont pourtant là, partout. Il manque juste un catalyseur, un détonateur. Si quelques visionnaires montaient une organisation activiste radicalement nouvelle, beaucoup de monde les suivrait. Radicalement nouvelle et clandestine.
– Clandestine… Pourquoi ? feignit Abel.
Il voyait son ami avancer exactement dans la direction souhaitée."
 

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Retrouvez "Siècle bleu" de Jean-Pierre Goux aux éditions La mer salée

 

 

 

 

 

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