Grande Interview

Virée en eaux profondes avec Guillaume Néry, "l'homme qui marche sous l'eau" - EXTRAIT

Publié le 6 juin 2019
"Ce parcours d'apnéiste m'a été offert comme une initiation pour apprendre à dépasser mes peurs."
"Ce parcours d'apnéiste m'a été offert comme une initiation pour apprendre à dépasser mes peurs."
© NeryBlue

Tout en sourire et simplicité, Guillaume Néry est double champion du monde d'apnée et détenteur de multiples records dans sa discipline austère et exigeante qu'est le "poids constant". Celui que l'on appelle désormais "l'homme qui marche sous l'eau" est aujourd'hui ultra-médiatisé. Extrait de notre rencontre, à lire en intégralité dans le numéro #23 de FemininBio.

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le magazine FemininBio #23 juin-juillet 2019

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Guillaume Néry était au Grand Rex dans "Les mystérieux pouvoirs de l'esprit humain" le 6 avril 2019. Merci à nos partenaires pour la mise en lien. 

C'est à l'occasion de la sortie de son court-métrage, "One Breath Around The World", et de son sublime livre qui en retrace l'expérience, que Guillaume Néry a répondu à nos questions. 

FemininBio : Comment a démarré votre passion pour l’apnée ?

Guillaume Néry : J’ai un parcours atypique. Si la plupart des apnéistes démarrent par des images d’inspiration, comme celles du Grand Bleu, par un héritage familial de plongeurs, ou l’envisagent dans une quête de bien-être et de calme, j’ai pour ma part commencé hors de l’eau, à 14 ans, par goût du défi.

Avec l’un de mes copains, dans un bus, on s’entraînait à tenir le plus longtemps possible sans respirer. La première fois j’ai été battu. Puis ce défi m’a interpellé et j’ai commencé à m’entraîner dans mon lit, fasciné par cette transgression, par cette capacité du corps à se dépasser. J’ai aussi découvert que j’avais des capacités, car en m'entraînant un peu j’ai très vite tenu 4 minutes sans reprendre mon souffle.

Ensuite, j’ai grandi à Nice, proche de l’eau et j’ai voulu aller voir derrière la surface. Ce fut le coup de foudre, la fascination. Depuis, si j’ai appris les techniques grâce à mon mentor, je fonctionne toujours à l’intuition.

À lire sur FemininBio : Under the Pole 2 : plongée sous la glace

Vous avez choisi le "poids constant"(1). Pourquoi cette discipline particulière ?

Ce qui me plait le plus dans toutes mes activités physiques, ce sont les éléments bruts. J’ai dû travailler ma technique en piscine, mais ce n’est pas une fin en soi. La profondeur, le poids constant, ce fut une évidence, car je suis en quête de simplicité et de pureté. Dans tout ce que j’entreprends, j’adopte l’approche la plus minimaliste qui soit : des palmes, un masque, et descendre. J’aime cette idée de me débrouiller par mes propres moyens.

Plus jeune, j’ai fait beaucoup de montagne, et je ne pouvais pas descendre une piste si je n’avais pas effectuéla montée avant, sans aide extérieure, Alors, pour l’apnée, je choisis de descendre de manière autonome, juste avec mon corps, tel que la nature m’a équipé.

Dans votre livre, À plein souffle, vous évoquez votre rapport à l’élément eau en parlant d’intuition voire d’instinct. Que pouvez-vous nous en dire ?

Le fait de pratiquer une activité au plus proche des éléments naturels développe cette intuition du corps dans son rapport à l’eau. Dans nos vies quotidiennes, on est souvent très guidés par la raison et la logique. Notre société étant basée sur le progrès et les sciences, tout doit pouvoir s’expliquer.

Lorsqu’on retrouve un rapport épuré avec l’élément, sans technologie, sans instrument, quelque chose remonte, revient, comme pour les animaux sauvages. On redécouvre, en quelque sorte, nos capacités enfouies. Je ne vois pas du tout cela sur un plan ésotérique, mais c'est plutôt l’idée de ressentir et pressentir de façon très naturelle.

Quand avec Julie (Gautier, sa compagne, ndlr), on filme en pleine nature, nous avons cet instinct de perception du courant, de la lumière. Et surtout nous nous connaissons très bien. C’est parce que nous sommes aussi partenaires dans la vie que nous pouvons composer quelque chose de fluide en anticipant le comportement de l’autre.

(1) Cette forme d'apnée consiste à plonger et remonter vers la surface sans avoir le droit de toucher le filin guide et en conservant le même lest. Cette épreuve peut se faire avec ou sans palmes.

 

La suite de cette interview est à retrouver dans notre dernier numéro !  

 

Le livre de Guillaume Néry "À bout de souffle", disponible aux éditions glénat. 

 

 

 

 

 

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