Grossesse

L'allaitement est-il un bon moyen de contraception ?

Publié le 5 mars 2020
Rédactrice et auteure de guides pratiques. Maman de trois enfants, elle s'est spécialisée dans le domaine du médical et de la maternité. Blogueuse sur www.marjoliemaman.com.
L'allaitement comme contraceptif est ce que l’on appelle la méthode MAMA, Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée.
L'allaitement comme contraceptif est ce que l’on appelle la méthode MAMA, Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée.
© kevin liang

Après une grossesse, il est difficile de savoir sur quelle contraception s'orienter, surtout si la jeune maman souhaite allaiter. La méthode de contraception naturelle appelée MAMA est connue comme étant la meilleure solution, mais est-elle adaptée à toutes les mères ?

Une femme qui n’allaite pas peut avoir son retour de couches six à huit semaines après la naissance du bébé. Dans le cas de l’allaitement, le retour de couches est différé en raison des hormones de l’allaitement (prolactine) qui bloquent le travail des hormones chargées de l’ovulation (progestérone, œstrogène et FSH).

Cependant, 1 femme sur 10 va ovuler avant d’avoir son retour de couches, il est donc impératif de vous occuper de votre contraception si vous ne voulez pas avoir ce que l’on appelle des Irish twins – jumeaux irlandais ou bébés qui ont un an d’écart (ou moins).

Contrairement à ce que l’on entend parfois, l’allaitement n’est pas contraceptif, ou si, sous certaines conditions. C’est ce que l’on appelle la méthode MAMA, Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée.

Pour que cette méthode contraceptive fonctionne, il faut cumuler ces quatre critères :

  • Ne pas avoir eu de retour de couches (premier retour des règles après l’accouchement).
     
  • Allaiter exclusivement à la demande sans JAMAIS laisser s’écouler plus de six heures entre deux tétées la nuit et quatre heures le jour.
     
  • Ne remplacer une tétée par un biberon que de manière exceptionnelle.
     
  • Avoir accouché il y a moins de six mois.

>> A lire sur FemininBio Contraception naturelle : j'ai testé l'auto-observation du cycle
 

Dès lors qu’un de ces quatre points n’est pas scrupuleusement respecté, une contraception supplémentaire est nécessaire. Vous pouvez alors vous tourner vers :

  • Le préservatif qui vous évite une contraception hormonale et permet une contraception « à la demande ».
     
  • La pilule contraceptive microdosée qui doit être prise à heure fixe, au risque de ne plus être efficace. À commencer quatre à six semaines après la naissance ou sept jours avant la reprise des rapports sexuels (délai minimum pour que cette micropi- lule soit efficace), le temps que l’allaitement soit bien lancé. Pensez à programmer votre réveil ou votre téléphone pour sonner l’heure de la prise. On peut commencer la micropilule dès le 21e jour après l’accouchement. En revanche, sachez qu’elle diminue légèrement la lactation.
     
  • Le stérilet aux hormones (durée d’action : 5 ans) ou au cuivre (durée : 4 à 10 ans) qui peut être posé un mois après l’accouchement.
     
  • L’implant contraceptif (durée : trois ans).
     
  • Les gels spermicides, dont il faut vérifier la compatibilité avec l’allaitement.

L’implant et les stérilets ont l’avantage qu’on n’a plus à penser à sa contraception une fois posée.

Les dispositifs impliquant des hormones peuvent éventuellement entraîner une baisse de la lactation ou de la libido. Écoutez votre corps et cherchez la contraception qui vous conviendra le mieux.

Notre experte 

Marjolaine Solaro est l'auteure du Guide de l'allaitement paru chez Éditions First. 

Son blog : www.marjoliemaman.com

 

 

 

 

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