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Le bio trop cher ? Interview vérité du docteur Lylian Le Goff

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le 12 février 2010
"Les produits bio coûtent chers", c'est ce que martèle une certaine presse. La rédaction de FemininBio a décidé de répondre en interviewant un spécialiste en santé environnementale, le docteur Lylian Le Goff.

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"Produits bio beaucoup trop chers" titre le magazine Que Choisir (n°478 - février 2010), la presse quotidienne reprend également le sujet : pourquoi cette polémique revient-elle aussi souvent ? Le bio est-il vraiment plus cher ?

Au vu des étiquettes, les produits bio apparaissent plus chers … sans l’être réellement, à condition de se considérer à la fois comme consommateur et contribuable.
En effet, en politique agricole, on pratique un tour de passe-passe appelé « l’externalisation des coûts », selon lequel nombre de dépenses (aides de toutes sortes à la production intensive, dépollutions, crises sanitaires et économiques …) ne sont pas intégrées dans les prix affichés mais prélevées sur les deniers publics, c'est-à-dire nos impôts.
Ainsi, l’agriculture biologique, plus autonome et économe, joue davantage la transparence et apparaîtrait plus économique si l’on affichait le juste prix des produits.

Paradoxe : les produits bio ne connaissent pas – ou moins – la crise comme en témoignent les progressions de leur consommation depuis des années (ce n’est certes pas un « effet de mode » !) et, plus récemment, de leur production (300 agriculteurs chaque mois se sont convertis à la bio en 2009). Certains consommateurs ne sont donc pas dupes, conscients des enjeux liés à une saine alimentation.

Cependant … des gros titres en première page de journaux de référence se scandalisent : «Manger bio coûte vraiment plus cher » (Ouest-France du 11 11 2009) ; « Produits bio : beaucoup trop chers ! » (Que choisir de février 2010).

Une fois de plus, l’agriculture biologique fait l’objet d’une offensive qui ne peut que favoriser la rente de situation des marchands d’engrais chimiques et de pesticides ; comme si l’on voulait que notre « pauv’ bio » – de pionnière durant la décennie 1980, elle est maintenant eu queue du peloton européen – subsiste dans son ghetto de l’ordre de 2 % de la production nationale française (contre une bio à près, ou à plus, de 10% chez certains de nos voisins européens) et dans sa niche commerciale.

En réalité, ces gros titres – qui sont bien l’expression d’une politique éditoriale – ne reflètent pas le contenu des articles traitant du prix de produits pratiqués par la grande distribution qui, selon Que choisir, « entend tirer profit du bio » du fait des marges pratiquées sur ces produits. Voilà où réside en partie le scandale car, faute de titrer : « La grande distribution se fait du gras avec le bio », ce constat se retourne contre les produits bio !

 

D'après l'enquête réalisée par le magazine Que choisir(n°478 - février 2010), "un panier comprenant des marques de distributeurs bio coûte 22 % plus cher que le même panier rempli de produits de grandes marques nationales (non bio) et 57 % plus cher qu'un autre panier rempli de marques de distributeurs non bio". Comment le consommateur peut-il réussir à manger sainement sans exploser son budget ?

Il s’agit de ne pas en rester au facteur prix apparent, pour surtout changer de comportement, en l’occurrence bien manger, c'est-à-dire équilibré, avec des produits variés, frais et si possible de proximité :

  • équilibrer ses menus avec des aliments variés en faisant la part belle aux végétaux, particulièrement pour les protéines ; on mange trop carné (donc trop de graisses saturées, ce qui facilite les surcharges et le cancer), et pas assez de produits céréaliers non raffinés et de légumineuses (lentilles, haricots secs …) riches en protéines et en nutriments protecteurs ; réduire les premières qui sont onéreuses, au profit des secondes très économiques, permet de manger bio régulièrement (même avec un revenu modeste : je connais nombre de « RMIstes » bio !) et de préserver à la fois sa santé et son budget.
  • manger frais : réserver les produits transformés, de marque (précisément ceux qui ont fait l’objet des enquêtes de prix !), en conserve, les plats traiteurs … , au dépannage ; par contre, des produits frais, cuisinés « maison », sont beaucoup plus économiques pour un rapport qualité nutritionnelle/prix incomparable … sans compter le plaisir des vrais saveurs et de (re)faire les choses par soi-même.
  • La proximité des produits – mais aussi conditionnés en vrac et non sous emballage – réduit de beaucoup les coûts – et la pollution !
  • Sur le plan individuel, les produits bio sont sains pour ne pas générer à la production de facteurs de risques (nitrates, pesticides, additifs de synthèse …), mais surtout pour leur richesse en nutriments protecteurs (antioxydants, fibres, oméga 3, etc …), prouvée scientifiquement ; cette densité nutritionnelle allant de paire avec de bien meilleures qualités organoleptiques.
  • Sur le plan de l’intérêt général, utiliser son pouvoir d’achat pour promouvoir des produits dont la production respecte les équilibres naturels, c’est donner du sens à un développement soutenable par le contenu de son assiette : préserver l’environnement et la biodiversité, la santé publique, l’aménagement du territoire, l’emploi agricole de proximité, une meilleure gestion des ressources alimentaires et énergétiques.
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