Solidarité féminine

La force du féminin au service de l'entreprenariat

Publié le 11 février 2020
"La réalisation et l’accomplissement de la femme se traduit par une volonté d’être en accord avec elle-même."
"La réalisation et l’accomplissement de la femme se traduit par une volonté d’être en accord avec elle-même."
© FotografieLink

Témoins d'un écart salarial, les femmes actives aux idées débordantes ne cessent de s'adapter aux modèles économiques pour en proposer des nouveaux, dont l'entreprenariat au féminin. Collectifs, réseautage, et autres systèmes solidaires deviennent la clé d'un nouveau paradigme paritaire, voire féministe.

Avec un impact médiatique fort depuis ces derniers mois concernant l’information autour de la montée en puissance des actes de féminicides et de violences conjugales, les réflexions concernant la place de la femme au cœur de notre société plus largement font plus que jamais débat. D’après l’INSEE, la discrimination pure au travail serait d’environ 10 %.

Pour un même emploi en temps plein, les femmes perçoivent une rémunération inférieure à 18,5  % par rapport à un homme. Comment expliquer de telles différences ? Comment les femmes trouvent-elles leur place dans le monde du travail ? Par quels moyens s’épanouissent-elles professionnellement ?

Les problématiques rencontrées par les femmes dans la vie professionnelle

Les inégalités au sein de l’entreprise : poste et salaire

Pour un poste équivalent à temps plein, le constat est sans appel : un homme percevra en moyenne 2438 € net contre 1986 € pour une femme. Les écarts dépendent aussi de la catégorie sociale. En effet, on constate une inégalité plus forte chez les cadres supérieurs donc parmi les salaires les plus élevés avec, pour les femmes, une rémunération inférieure de 21% par rapport aux hommes. A contrario, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (- 8 %) avec une majorité de femmes.

A temps égal, pour un poste similaire, au sein des mêmes types de structure, on constate une différence de salaire que les enquêtes INSEE expliquent par la discrimination ou d’autres facteurs non mesurables…

Dilemme cornélien entre la vie professionnelle et personnelle

Difficile d’expliquer cet écart par la venue d’un enfant dans la vie d’une femme impliquant un congé maternité. En effet, en France, les femmes cadres ont moins d’enfants que les employés. Les employées ont en moyenne 1,91 enfant, les ouvrières en ont 1,76 tandis que les cadres 1,64. Chez les femmes cadres, l’âge moyen de l’arrivée d’un enfant est de 33 ans tandis qu’il est de 30,5 ans pour les autres catégories professionnelles. Cette différence peut s’expliquer par la prise de poste plus tardive pour les cadres ayant eu un cursus scolaire plus long par rapport aux autres catégories professionnelles.

Concilier vie professionnelle et vie personnelle avec l’arrivée d’un enfant est un dilemme cornélien dans la vie des femmes. Vais-je parvenir à mener de front ma vie de maman avec ma carrière ? Serai-je «une bonne maman» malgré le fait que je ne sois pas toujours aussi disponible que ce que peut avoir besoin un enfant ? Ne vais-je pas être mal vue ou mal considérée dans mon entreprise après un congé maternité et en débutant un nouveau rôle qu’est celui d’être maman à temps complet ? C’est autant de questions que se posent les femmes lors de leur vie professionnelle.

La progression professionnelle en échelon supérieur au sein de l’entreprise est rude pour la femme à qui on ne pardonne pas toujours d’avoir été absente même seulement quelques mois pour donner la vie. Oublieraient-ont que ce sont elles qui donnent naissance et qui élèvent les futures générations de travailleurs ? Que serait une entreprise sans salariés ? Et si justement on réinventait la manière de travailler ensemble vers la performance économique d’une activité ?

La gestion du temps : une course contre la montre

Pour toutes, une même course se joue s’ajoutant à la compétition interne en entreprises visant au minimum à conserver sa place et au mieux à évoluer : le temps. Plusieurs dispositions existent pour répondre à ces problématiques : temps partiel, télétravail… Selon une étude du centre d’observation de la société, en 2018, 60 000 femmes cadres, 120 000 ouvrières et 680 000 employées ont opté pour le temps partiel.

Dans une autre étude réalisée par l’IFOP en fin d’année 2019, 51% des travailleurs sont cadres et 45% ont entre 35 et 49 ans. En France, le télétravail progresse et comptabilise désormais 5,2 millions de salariés le pratiquant. Ces deux exemples que sont le temps partiel et le télétravail sont des dispositions qui peuvent permettre aux femmes de gérer leur temps et d’organiser leur vie tant professionnelle que personnelle.

Monétiser son travail : les femmes et leur rapport à l’argent

Tout commencerait avec l’argent de poche d’après l’étude menée par Santander parue en Mai 2018. Selon cette dernière, les garçons comprendraient vite que gagner de l’argent dépendrait d’eux-mêmes alors que les filles sont dans l’acceptation qu’autrui décide de la somme qu’il lui revient. La femme aurait un rapport différent à l’argent par rapport à l’homme en développant l’idée qu’il permet d’avoir un pouvoir d’achat plus que d’être un pouvoir d’agir.

Par ailleurs, on constate que la femme souscrit à un crédit pour se former ou subvenir à ses besoins tandis que l’homme emprunte à crédit pour se constituer un capital. Les priorités et les comportements de la femme face à l’argent ne seraient donc pas les mêmes que l’homme.

Entreprendre est donc un véritable challenge pour les femmes se manifestant par :

  • la volonté de s’épanouir professionnellement dans un cadre plus libre favorisant le développement des compétences,
  • l’envie de mieux gérer son temps et sa disponibilité pour concilier sa vie personnelle, familiale et professionnelle,
  • la recherche de l’affirmation de soi dans la réussite de la monétisation de son expertise et la reconnaissance de son travail à égalité avec toute autre personne du même sexe ou du sexe opposé évoluant dans le même secteur d’activité,
  • l’enthousiasme de pouvoir évoluer et progresser en ayant le temps de gérer son emploi du temps alternant missions, formations, réseautage, vie familiale, exercice des passions temps consacrés aux loisirs et au sport…

La femme d’aujourd’hui cherche avant tout l’accomplissement et l’épanouissement de soi en conciliant toutes les facettes de sa vie sans en opposer une par rapport à l’autre. L’être est total, entier et plein et ne peut pas correspondre à un formatage manichéen.

Entreprendre au féminin

L’émergence du réseautage féminin

Dans de nombreuses villes de France, nous assistons au fleurissement de clubs ou associations réseautage dédiés aux entrepreneuses, cheffes d’entreprises et cadres supérieurs. Chacun de ces groupes promeut l’entrepreneuriat au féminin avec des matinées ou des afterworks organisés à fréquence régulière : soit une fois par mois, soit plusieurs fois dans le mois.

Le but étant à chaque fois de rassembler les inscrites issues de divers secteurs d’activités dans un lieu. Sous forme de réunions animées autour d’une thématique à chaque fois, des intervenantes du groupe prennent la parole dans le but d’échanger, donner leurs trucs et astuces qui peuvent contribuer au développement de l’activité de toutes. Ces échanges conviviaux sont aussi un moyen d’apprendre à se connaître et à se recommander dès que l’opportunité se présentera.

>> A lire sur FemininBio Le réseau business féminin "Bouge ta boîte" organise son tour de France

Voici quelques exemples non exhaustifs des réseaux au féminin existants : Talents au Féminin, Club des entrepreneuses, Bouge ta Boîte

Le nouveau concept porté par les entrepreneuses : les collectifs d'indépendantes

En quête de réussite professionnelle, les femmes ont parfois plus de difficultés à monétiser leurs services, à faire face aux discriminations, parfois même aux remarques machistes ou misogynes, aux sollicitations masculines via des réseaux sociaux d’une autre nature que pour acheter leurs compétences professionnelles. Les clubs et réseaux d’affaires au féminin ont donné progressivement naissance à des collectif d’indépendantes.

En cultivant l’harmonie, la bienveillance, le soutien et l’entraide dans une volonté de mutualisation des compétences, ces microcosmes permettent de proposer ensemble des expertises diverses au service des entreprises ou des particuliers. L’alliance des compétences et des expertises favorisent la crédibilité de la structure. Elles l’ont compris : «tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin» (proverbe africain).

La femme en harmonie avec elle-même

La réalisation et l’accomplissement de la femme se traduit par une volonté d’être en accord avec elle-même. Nombreuses sont ces femmes qui expliquent avoir choisi de quitter le monde du salariat pour se lancer à son compte comme auto-entrepreneuse ou en créant sa société pour exploiter cette passion qui les anime tout en développant d’autres activités.

Par exemple, certaines écrivent des romans tout en pratiquant une activité de rédactrice web et print. D’autres ont un goût prononcé pour la BD et en plus d’être illustratrice développent une activité en tant que graphiste. La compatibilité entre la passion, l’emploi et la vie personnelle et familiale est mieux gérée par ces femmes qui ne s’empêchent plus d’être elles-mêmes complètement.

Justine est la fondatrice de Cultivons votre entreprise, qui accompagne les TPE et PME dans leurs stratégies et développement commercial, marketing et communication.

Abonnez-vous à FemininBio en version papier/pdf ou achetez notre dernier numéro en kiosque ou en magasin bio !

Articles du thème Solidarité
Envie de réagir ? Je prends la parole
Déjà membre? Je me connecte ou Créer mon compte